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« Restauration de l’ordre urbain » à Libreville : une énième opération de communication ou le début d’un véritable changement ?

À Libreville, les campagnes de déguerpissement et d’assainissement urbain se suivent avec une régularité presque immuable. Les équipes municipales changent, les appellations évoluent, les dispositifs se modernisent, mais le scénario reste sensiblement le même : une vaste opération annoncée avec fermeté, quelques semaines d’interventions spectaculaires, puis un retour progressif des occupations anarchiques des trottoirs, des épaves de véhicules et du désordre urbain. À la veille du lancement de l’opération « Restauration de l’ordre urbain », prévue ce mercredi 15 juillet, une question s’impose : cette nouvelle initiative échappera-t-elle au sort réservé à toutes les précédentes ? Le maire de Libreville, Eugène M’ba, assure vouloir engager une campagne d’envergure qui s’étendra durant cinq mois dans les six arrondissements de la capitale. L’objectif affiché est ambitieux : débarrasser les voies publiques des véhicules abandonnés, libérer les trottoirs, restaurer la salubrité et améliorer durablement le cadre de vie des habitants. Sur le papier, l’intention répond à une attente largement partagée par les Librevillois, confrontés depuis des années à une dégradation visible de l’espace public. Pourtant, cette ambition se heurte à une réalité que la mémoire collective n’a pas oubliée. Bien avant l’équipe municipale actuelle, plusieurs maires avaient déjà lancé des opérations similaires, parfois sous d’autres appellations, avec la même volonté proclamée de rétablir l’ordre urbain. Chaque fois, les premiers jours donnaient lieu à d’importants déploiements des services municipaux et des forces de sécurité. Chaque fois également, les résultats finissaient par s’effriter avec le temps, jusqu’à voir les trottoirs se repeupler, les commerces informels reprendre possession des espaces publics et les carcasses de véhicules réapparaître. Cette répétition nourrit aujourd’hui un scepticisme difficile à ignorer. Plus qu’une absence de volonté politique, c’est la capacité de la municipalité à inscrire cette opération dans la durée qui est interrogée. Car restaurer l’ordre urbain ne relève pas seulement d’une démonstration d’autorité ponctuelle ; cela suppose une stratégie permanente, des moyens humains conséquents, un suivi administratif rigoureux et une continuité de l’action publique bien au-delà de l’effet d’annonce. L’autre faiblesse, régulièrement pointée lors des opérations précédentes, réside dans l’absence de réponses structurelles. Déguerpir des commerçants installés sur les trottoirs sans proposer de marchés modernes, accessibles et fonctionnels revient souvent à déplacer le problème plutôt qu’à le résoudre. Faute d’alternatives viables, les vendeurs finissent généralement par réoccuper les espaces publics, transformant chaque campagne de déguerpissement en simple parenthèse. Les préoccupations exprimées par le Syndicat des débrouillards du Gabon et l’ONG Solidarité pour le Développement du Gabon illustrent cette réalité. Ces organisations ne contestent pas la nécessité d’assainir la capitale. Elles rappellent simplement que plusieurs milliers de familles vivent aujourd’hui de ces activités informelles et qu’aucune politique durable ne peut faire l’économie d’un véritable accompagnement économique. La création ou la réhabilitation de marchés, l’aménagement de zones commerciales adaptées et un dispositif crédible de relocalisation apparaissent comme des préalables indispensables à toute transformation durable. La question des épaves de véhicules pose également un défi de long terme. Leur enlèvement constitue une première étape. Mais sans un mécanisme permanent d’identification, de mise en fourrière, de contrôle et de sanction, les véhicules abandonnés risquent, eux aussi, de refaire leur apparition au fil des mois. L’expérience des précédentes campagnes montre que le succès d’une opération de ce type se mesure moins au nombre de carcasses évacuées durant les premières semaines qu’à la capacité des autorités à empêcher leur retour. C’est précisément là que se situe le principal défi de la nouvelle équipe municipale. Au-delà des images de camions, de grues et de forces de sécurité qui accompagneront inévitablement le lancement de l’opération, les Librevillois attendent désormais des résultats mesurables dans le temps. Ils jugeront moins les annonces que la capacité de la mairie à maintenir l’ordre urbain six mois, un an ou deux ans après la fin de la campagne. À cet égard, certains observateurs s’interrogent sur le risque de voir cette opération s’inscrire davantage dans une logique de visibilité immédiate que dans une véritable politique publique de transformation urbaine. Dans un contexte où les annonces fortes occupent rapidement l’espace médiatique, le véritable défi consiste moins à créer le buzz qu’à bâtir des solutions pérennes capables de résister à l’épreuve du temps. L’opération « Restauration de l’ordre urbain » pourrait constituer un tournant pour Libreville si elle parvient à rompre avec les limites des campagnes qui l’ont précédée. À défaut, elle risque de rejoindre la longue liste des opérations ponctuelles dont l’impact, spectaculaire au départ, s’est progressivement dissipé faute d’avoir traité les causes profondes du désordre urbain. Pour une capitale qui aspire à changer durablement de visage, le temps des démonstrations est peut-être révolu. Celui des réformes structurelles est désormais attendu.

Circoncisions, chirurgie de la cataracte, consultations… le Samu social gabonais déploie une vaste caravane médicale gratuite

Libreville. Pendant deux jours, le siège du Samu social gabonais se transformera en un véritable hôpital de proximité. Les 15 et 16 juillet 2026, des centaines de patients sont attendus dans le cadre d’une grande caravane médicale et humanitaire offrant gratuitement des consultations, des examens spécialisés et des interventions chirurgicales. Une initiative qui témoigne de la volonté de rapprocher les soins des populations les plus exposées aux difficultés d’accès au système de santé. Face aux inégalités persistantes en matière d’accès aux soins, le Samu social gabonais renforce son engagement sur le terrain. Fidèle à sa mission d’assistance aux personnes vulnérables, l’institution organise une opération sanitaire d’envergure destinée à permettre aux habitants de Libreville et de ses environs de bénéficier, sans aucun frais, de prestations médicales habituellement coûteuses ou difficilement accessibles. Au programme de cette caravane figurent plusieurs spécialités médicales. En ophtalmologie, les patients pourront consulter des spécialistes, recevoir des lunettes correctrices et, pour les cas nécessitant une intervention, bénéficier d’une chirurgie de la cataracte. Cette prise en charge vise à lutter contre l’une des principales causes de cécité évitable, tout en améliorant durablement la qualité de vie des personnes concernées. La santé de la femme occupera également une place importante durant ces deux journées. Des consultations gynécologiques, des échographies ainsi que des hystérosalpingographies seront proposées afin de favoriser le dépistage précoce et le suivi des pathologies gynécologiques, dans une logique de prévention et d’accompagnement médical. Les soins bucco-dentaires ne seront pas en reste. Les équipes médicales réaliseront des extractions dentaires, des séances de détartrage ainsi que, lorsque les indications médicales le permettront, des blanchiments dentaires. En parallèle, les patients pourront accéder à des consultations de médecine générale comprenant notamment des radiographies, des examens biologiques et des électrocardiogrammes, indispensables au diagnostic de nombreuses pathologies. Comme lors des précédentes campagnes, les opérations de circoncision devraient susciter une forte affluence. Pour répondre à cette demande et garantir une meilleure organisation, le Samu social gabonais a choisi de répartir exceptionnellement ces interventions sur les deux journées de la caravane. Une décision destinée à fluidifier l’accueil des familles et à assurer une prise en charge optimale dans le respect des conditions de sécurité médicale. Au-delà des prestations offertes, cette caravane traduit une conception de la santé fondée sur la proximité et la solidarité. Elle s’inscrit dans la continuité des actions menées tout au long de l’année par le Samu social gabonais, dont les équipes interviennent quotidiennement auprès des personnes en situation de précarité, y compris à domicile, grâce à son service d’urgence accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 via le numéro 1488. En multipliant ces opérations gratuites, l’institution entend renforcer la prévention, encourager le dépistage précoce et réduire les obstacles financiers qui empêchent encore de nombreux citoyens de consulter un professionnel de santé. La caravane médicale se tiendra les 15 et 16 juillet 2026 à partir de 8 heures, au siège du Samu social gabonais à Libreville. Les organisateurs invitent l’ensemble des populations à venir profiter de cette mobilisation exceptionnelle placée sous le signe de la solidarité et de l’accès universel aux soins.

Pendant trois jours, la santé sera gratuite : la Polyclinique EL-RAPHA ouvre ses portes à tous

À l’heure où le coût des soins demeure un frein pour de nombreuses familles, la Polyclinique EL-RAPHA lance une initiative de solidarité d’envergure. Du jeudi 16 au samedi 18 juillet 2026, l’établissement médical mettra gratuitement à la disposition des populations des consultations spécialisées, des examens médicaux ainsi que des médicaments, dans le cadre d’une vaste opération destinée à élargir l’accès aux soins. Cette campagne de solidarité médicale s’inscrit dans la volonté de la clinique de renforcer son engagement en faveur de la santé publique. Pendant trois jours, dès 8h30, des médecins expérimentés accueilleront les patients sans distinction, offrant une prise en charge dans de nombreuses spécialités médicales. Les bénéficiaires pourront consulter des spécialistes en cardiologie, chirurgie générale, odontologie, dermatologie, gynécologie-obstétrique, hépato-gastroentérologie, neurologie, neurochirurgie, ophtalmologie, oto-rhino-laryngologie (ORL), pédiatrie, rhumatologie, réanimation, traumatologie et urologie. Au-delà des consultations, les examens prescrits et les médicaments nécessaires seront également fournis gratuitement, une mesure susceptible de soulager des centaines de patients qui renoncent souvent à se faire soigner faute de moyens. Dans un contexte où les besoins en santé ne cessent de croître, cette opération illustre le rôle que peuvent jouer les établissements privés dans le renforcement de l’accès aux soins. En mobilisant ses équipes et ses ressources, la Polyclinique EL-RAPHA entend rapprocher les populations d’une médecine spécialisée de qualité tout en répondant à une exigence de solidarité. L’établissement précise que les modalités pratiques de participation sont disponibles sur ses plateformes digitales officielles afin de garantir une organisation fluide et un accueil optimal des patients. À travers cette initiative, la Polyclinique EL-RAPHA réaffirme sa vocation de placer l’excellence médicale au service du plus grand nombre, en offrant, le temps de trois journées, une opportunité concrète d’accéder gratuitement à des soins spécialisés. Une action qui pourrait représenter, pour de nombreux patients, bien plus qu’une simple consultation : un véritable accès à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge médicale.

Transition politique : le modèle gabonais inspire désormais l’Union africaine et l’ONU

En recevant une mission conjointe de l’Union africaine et des Nations unies venue s’inspirer de son parcours de transition, le Gabon franchit une nouvelle étape dans son repositionnement diplomatique. Au-delà de la reconnaissance politique, cette visite souligne l’émergence d’un modèle gabonais de refondation institutionnelle que plusieurs États africains observent désormais avec attention, à commencer par Madagascar, engagé dans son propre processus de réforme. Longtemps observé avec prudence après les événements du 30 août 2023, le Gabon se retrouve aujourd’hui dans une position inédite : celle d’un pays dont l’expérience de transition sert désormais de référence sur le continent. C’est dans cette perspective que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu une délégation conjointe de l’Union africaine (UA) et des Nations unies conduite par Mohamed Idrissa Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine. Cette mission s’inscrit dans le cadre du processus de refondation engagé par Madagascar. Son objectif est clair : comprendre les mécanismes qui ont permis au Gabon de conduire sa transition politique jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel et identifier les enseignements susceptibles d’être adaptés au contexte malgache. Au cours des échanges, le chef de l’État gabonais a détaillé les principaux piliers qui ont structuré la transition nationale. Il a notamment insisté sur le respect du calendrier annoncé dès le début du processus, l’organisation d’un dialogue national inclusif associant les différentes composantes de la société, ainsi que le maintien de la paix, de la cohésion sociale et de l’unité nationale tout au long de cette période particulièrement sensible. Selon la présidence, ces choix ont permis d’aboutir à l’organisation d’élections présentées comme libres, transparentes et crédibles, marquant le retour aux institutions constitutionnelles et l’installation de la Ve République. La transition a également été accompagnée de réformes institutionnelles, d’une modernisation du cadre électoral et d’un renforcement des mécanismes de gouvernance, avec pour ambition de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions publiques. Pour les représentants de l’Union africaine et des Nations unies, cette trajectoire constitue aujourd’hui une source d’inspiration pour les États confrontés à des défis similaires. Les deux organisations ont salué les résultats enregistrés par le Gabon, estimant que cette expérience offre un ensemble de bonnes pratiques pouvant nourrir les processus de transformation institutionnelle sur le continent. Cette reconnaissance dépasse le seul cadre diplomatique. Elle traduit également une évolution du regard porté sur le Gabon par les partenaires internationaux. Après avoir accompagné la transition, les organisations régionales et internationales semblent désormais considérer que certaines des méthodes mises en œuvre à Libreville peuvent contribuer à alimenter la réflexion sur les transitions politiques africaines. Madagascar apparaît comme le premier bénéficiaire de ce partage d’expérience. Sous l’impulsion du président, le colonel Michaël Randrianirina, le pays prépare lui aussi une réforme constitutionnelle, un dialogue national inclusif et de futures échéances électorales destinées à consolider le retour à l’ordre constitutionnel. Lors de son récent déplacement à Libreville, le dirigeant malgache avait déjà exprimé son intérêt pour les acquis de la transition gabonaise, ouvrant la voie à une coopération renforcée entre les deux États. Au-delà du cas malgache, cette visite conjointe de l’Union africaine et des Nations unies illustre une évolution plus large des mécanismes d’accompagnement des transitions politiques en Afrique. Plutôt que de promouvoir des modèles uniformes, les organisations continentales privilégient désormais davantage le partage d’expériences entre pays africains confrontés à des réalités institutionnelles comparables. Pour Libreville, cet échange constitue un signal diplomatique fort. Il conforte la volonté des autorités de faire du Gabon un acteur crédible des débats sur la gouvernance, la stabilité institutionnelle et la consolidation démocratique en Afrique. Reste désormais à savoir si cette expérience pourra être transposée avec succès dans d’autres contextes nationaux, où les équilibres politiques, sociaux et historiques demeurent souvent très différents. C’est précisément dans cette capacité d’adaptation que se jouera la portée réelle de ce qui apparaît aujourd’hui comme le « modèle gabonais » de transition.

Oligui Nguema serre la vis des finances publiques : l’État passe à l’offensive contre les exonérations fiscales

La mobilisation des recettes publiques devient désormais un chantier présidentiel suivi au plus haut niveau de l’État. Réuni le 8 juillet à Libreville avec l’ensemble des directeurs généraux des régies financières, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fixé un cap clair : renforcer les capacités financières de l’État afin de soutenir les grands projets de développement tout en mettant un terme aux pertes de recettes jugées injustifiées. Cette réunion, organisée sous la forme d’un Conseil de cabinet, marque une nouvelle étape dans la stratégie de gouvernance impulsée par le chef de l’État. À moins de deux ans du lancement de la Ve République, l’exécutif entend désormais installer une culture de la performance dans l’administration financière, avec un suivi régulier des résultats et une exigence accrue de responsabilité. Au cœur des échanges figure la question sensible des exonérations fiscales et douanières. Longtemps considérées comme des instruments d’attractivité économique, certaines d’entre elles sont aujourd’hui perçues comme des mécanismes qui continuent de priver les finances publiques de ressources importantes, parfois sans justification économique. Face à ce constat, le président de la République a ordonné un audit complet de l’ensemble des exonérations accordées. L’objectif est de distinguer celles qui répondent encore à un intérêt économique avéré de celles qui, arrivées à échéance ou devenues obsolètes, continuent de produire leurs effets au détriment des recettes de l’État. Au-delà de cette revue fiscale, l’exécutif mise également sur la modernisation de l’administration. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation des régies financières et leur interconnexion afin d’améliorer le recouvrement, de limiter les fraudes, de renforcer la traçabilité des opérations et d’accroître la transparence dans la gestion des finances publiques. Une réforme qui s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser l’appareil administratif et d’optimiser les performances de l’État. Autre priorité affichée : la maîtrise de la dette publique. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé la mise en œuvre d’une stratégie rigoureuse de soutenabilité de la dette afin de préserver les équilibres macroéconomiques et de consolider la crédibilité financière du Gabon auprès des partenaires techniques et financiers. Dans un contexte où les besoins de financement demeurent importants, cette orientation vise à rassurer les bailleurs tout en garantissant une gestion prudente des engagements de l’État. Pour l’exécutif, l’amélioration de la collecte des recettes ne constitue pas une fin en soi. Les ressources supplémentaires attendues devront permettre d’accélérer les investissements dans les secteurs jugés prioritaires : l’éducation, la santé, les infrastructures routières, l’accès à l’eau potable, à l’électricité ainsi que l’amélioration des services publics de base. En d’autres termes, la réforme financière est présentée comme un levier destiné à produire des effets tangibles sur le quotidien des populations. Signe de l’importance accordée à cette nouvelle méthode de pilotage, le chef de l’État a décidé que ce Conseil de cabinet consacré aux finances se réunira désormais chaque mois. Ces rendez-vous réguliers permettront d’évaluer la mobilisation des recettes, le niveau d’exécution budgétaire ainsi que l’évolution de la dette publique. Cette approche, fondée sur le suivi des performances, a vocation à être progressivement étendue à d’autres secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation, les travaux publics, l’eau et l’énergie. Par cette initiative, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme sa volonté d’inscrire l’action publique dans une logique de résultats, où chaque franc mobilisé devra être justifié, contrôlé et orienté vers les priorités nationales. Une orientation qui traduit l’ambition d’installer durablement une gouvernance fondée sur la rigueur budgétaire, la transparence et l’efficacité de l’action publique, avec en ligne de mire un développement plus soutenu et une amélioration durable des conditions de vie des Gabonais.

Corruption en Afrique : l’Union africaine veut faire de l’intégrité une révolution du quotidien

Pendant longtemps, la lutte contre la corruption en Afrique s’est traduite par l’adoption de lois, la création d’organes spécialisés et le renforcement des dispositifs répressifs. Mais face à un phénomène qui continue de fragiliser les États, de détourner les ressources publiques et d’éroder la confiance des citoyens envers les institutions, l’Union africaine estime que le temps est venu de changer d’échelle. Pour l’édition 2026 de la Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée le 11 juillet, l’organisation continentale appelle à une véritable mobilisation générale autour d’un mot d’ordre : intensifier la promotion de l’intégrité et des actions anticorruption à travers toute l’Afrique. À travers cette nouvelle orientation, l’ambition dépasse largement le cadre des réformes institutionnelles. L’Union africaine défend désormais une approche qui fait de l’intégrité un principe de vie partagé par l’ensemble de la société. L’objectif n’est plus seulement de sanctionner les actes de corruption, mais de construire une culture où l’honnêteté, la responsabilité, la transparence et la redevabilité deviennent des réflexes collectifs, de la cellule familiale jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Cette évolution s’inscrit dans la continuité de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, adoptée en 2003, qui établit un lien indissociable entre la lutte contre les pratiques illicites, la bonne gouvernance, les droits humains et le développement durable. Plus de vingt ans après son adoption, le constat demeure préoccupant : malgré les progrès enregistrés dans plusieurs pays, la corruption continue de priver les populations de ressources essentielles, d’affaiblir les systèmes judiciaires et de ralentir les perspectives de croissance du continent. Pour inverser durablement cette tendance, l’Union africaine identifie cinq leviers majeurs. L’éducation devra intégrer l’apprentissage de l’éthique dès le plus jeune âge afin de former une génération pour laquelle l’intégrité constitue une norme. Les institutions religieuses sont appelées à mettre leur autorité morale au service de cette cause en faisant de la corruption une question éthique autant que spirituelle. Les valeurs culturelles africaines, telles que l’Ubuntu ou la responsabilité communautaire, sont également présentées comme des ressources capables de nourrir une nouvelle conscience citoyenne. Enfin, la famille est reconnue comme le premier espace de transmission des valeurs, tandis que les nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle à la blockchain, sont considérées comme des outils susceptibles de renforcer la transparence et de prévenir les détournements de fonds publics. L’Union africaine insiste toutefois sur un point essentiel : aucune innovation technologique ne pourra produire d’effets durables sans une véritable éthique publique. La digitalisation des administrations, le développement des plateformes de signalement ou l’utilisation de l’intelligence artificielle ne remplaceront jamais la volonté politique, la responsabilité individuelle et l’engagement collectif. L’intégrité ne peut être réduite à un dispositif technique ; elle constitue avant tout un choix de société. À travers cette Journée africaine de lutte contre la corruption, le continent veut ainsi dépasser les discours de circonstance pour engager une dynamique permanente. Les États membres sont invités à élaborer des stratégies nationales de promotion de l’intégrité, à protéger les lanceurs d’alerte, à soutenir les défenseurs de la transparence et à associer l’ensemble des acteurs sociaux, des établissements scolaires aux organisations religieuses, des médias aux innovateurs technologiques. Au-delà des institutions, le message adressé aux citoyens est sans ambiguïté : la lutte contre la corruption ne relève plus uniquement de l’action des gouvernements ou des juridictions. Elle commence dans les comportements quotidiens, dans les familles, à l’école, au sein des entreprises et dans chaque service public. Pour l’Union africaine, l’avenir du continent dépend désormais autant de ses ressources économiques que de sa capacité à faire de l’intégrité une valeur partagée, vivante et assumée par tous.

Lutte contre la corruption : le Gabon redevient un acteur de référence sur la scène internationale

Longtemps cantonné au rang de pays évalué, le Gabon change désormais de statut au sein des instances internationales de gouvernance. En étant désigné pour conduire l’examen de la République des Seychelles dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la corruption, Libreville franchit une étape symbolique qui témoigne de la reconnaissance de son expertise et de son engagement croissant dans la lutte contre la corruption. Cette désignation intervient à la suite d’un tirage au sort organisé par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans le cadre du deuxième cycle du mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Après avoir lui-même validé avec succès son propre deuxième cycle d’évaluation, le Gabon est désormais appelé à assumer le rôle d’État examinateur, une responsabilité réservée aux pays jugés capables d’apprécier avec rigueur la conformité des dispositifs nationaux de lutte contre la corruption. Du 8 au 10 juillet 2026, à Victoria, capitale des Seychelles, la délégation gabonaise participe ainsi à la phase dite de « visite-pays » ou « dialogue direct », aux côtés des experts de l’ONUDC et de la délégation de l’Uruguay, également désignée comme État évaluateur. Les travaux portent sur les chapitres II et V de la Convention, consacrés respectivement aux mesures préventives et au recouvrement des avoirs issus de la corruption. La représentation gabonaise est assurée par Séraphin Ondoumba, Commissaire membre de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), Point focal national auprès de l’ONUDC et chef de délégation, accompagné de Sylvère Wilfreed Nzamba, expert gouvernemental et chargé d’études. Tous deux ont pour mission d’évaluer les dispositifs institutionnels, juridiques et opérationnels mis en place par les Seychelles afin de prévenir la corruption, renforcer la transparence et améliorer les mécanismes de coopération internationale en matière de restitution des avoirs détournés. Au-delà de l’aspect technique, cette mission revêt une portée diplomatique majeure. Elle marque le retour du Gabon parmi les États qui contribuent activement à la mise en œuvre des standards internationaux de bonne gouvernance. Être désigné comme évaluateur constitue une marque de confiance de la communauté internationale et traduit la crédibilité acquise par le pays dans l’application des instruments internationaux de lutte contre la corruption. Cette reconnaissance s’inscrit dans un processus conduit sous la coordination de Nestor Mbou, président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. La CNLCEI assure le suivi technique et la coordination générale de l’ensemble du mécanisme d’examen, depuis la préparation des évaluations jusqu’à la conduite des missions internationales. À travers cette mission aux Seychelles, le Gabon ne se contente plus d’être évalué par ses pairs : il participe désormais à l’évaluation des autres États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption. Une évolution qui reflète la montée en puissance de son expertise institutionnelle et confirme son ambition de retrouver une place de premier plan dans les enceintes internationales consacrées à la gouvernance, à la transparence et à la coopération multilatérale. Cette nouvelle responsabilité constitue ainsi bien plus qu’une mission technique. Elle symbolise le retour progressif du Gabon sur la scène internationale, non seulement comme bénéficiaire des mécanismes de coopération, mais aussi comme acteur capable de contribuer à leur mise en œuvre et au renforcement des standards mondiaux de lutte contre la corruption.

Taxe aérienne au Gabon : derrière la polémique, les enjeux d’une sécurité qui a un coût

L’annonce d’une nouvelle contribution destinée à financer le renforcement de la sécurité et de la sûreté dans le transport aérien gabonais a suscité une vague de réactions. Sur les réseaux sociaux comme dans le débat public, beaucoup y voient une nouvelle taxe venant alourdir le coût déjà élevé des voyages internationaux. Pourtant, au-delà de la polémique, la mesure mérite d’être analysée à l’aune des impératifs auxquels sont désormais confrontés tous les États soucieux de protéger leurs frontières. La première réalité est rarement contestée par les spécialistes du secteur : aucun aéroport moderne ne peut fonctionner sans investissements permanents en matière de sûreté. Contrôle des passagers, surveillance des frontières, équipements de détection, systèmes d’information sécurisés, protection des infrastructures critiques ou encore conformité aux normes internationales représentent autant de missions qui nécessitent des financements spécifiques. À travers le monde, ces dépenses sont généralement couvertes par des redevances dédiées acquittées par les usagers du transport aérien. Dans ce contexte, la véritable question n’est pas de savoir s’il faut financer la sécurité des plateformes aéroportuaires. Le débat mérite plutôt de porter sur les prélèvements qui n’ont aucun lien avec le secteur aérien et qui continuent pourtant d’alourdir le prix des billets sans contribuer ni à la modernisation des infrastructures ni à l’amélioration de la qualité du service offert aux voyageurs. La mesure aujourd’hui contestée s’inscrit dans une réforme engagée depuis plusieurs mois. Le 20 mai 2026, le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, recevait une délégation de SECURIPORT LLC conduite par Arouna Touré pour la signature d’une convention de concession destinée à renforcer la sécurisation des frontières gabonaises, notamment dans les aéroports internationaux. Ce partenariat prévoit le déploiement d’un système technologique permettant la collecte et l’analyse anticipée des données des passagers grâce au dispositif API-PNR. L’objectif est clair : identifier en amont les risques liés aux déplacements internationaux afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme, les trafics transnationaux, la criminalité organisée ou encore les migrations irrégulières. Loin d’être une singularité gabonaise, ce dispositif répond aux standards définis par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Les systèmes API-PNR sont aujourd’hui largement adoptés dans le monde et figurent parmi les principaux outils recommandés aux États pour renforcer le contrôle de leurs frontières tout en facilitant la circulation des voyageurs réguliers. Le Gabon ne fait donc pas œuvre d’exception. Il s’inscrit dans une dynamique internationale d’harmonisation des dispositifs de sécurité. Cette orientation rejoint d’ailleurs d’autres réformes engagées ces dernières années, notamment l’introduction du passeport biométrique, qui répond lui aussi aux exigences internationales en matière d’identification sécurisée des voyageurs. Autre élément souvent absent des critiques : cette contribution ne concerne pas les liaisons domestiques. Elle est exclusivement appliquée aux passagers des vols internationaux, à l’arrivée comme au départ du territoire national, là où les enjeux de contrôle des flux transfrontaliers sont les plus sensibles. Présenter cette mesure comme une simple hausse tarifaire revient ainsi à occulter l’évolution profonde des exigences sécuritaires mondiales. Aujourd’hui, la souveraineté d’un État se mesure aussi à sa capacité à maîtriser ses frontières, à anticiper les risques avant l’embarquement des passagers et à disposer d’outils performants de contrôle. La sécurité constitue désormais un facteur de crédibilité internationale autant qu’un levier d’attractivité économique. Sur le plan économique, deux modèles existent. Le premier consiste à faire supporter intégralement le coût de ces dispositifs par le budget de l’État. Le second repose sur un financement partagé à travers des redevances spécifiques acquittées par les usagers concernés. C’est cette seconde option qui a été retenue, conformément aux pratiques observées dans de nombreux pays. Cette orientation ne signifie pas pour autant que les pouvoirs publics renoncent à agir sur le coût du transport aérien. Bien au contraire. Dès sa prise de fonctions, le ministre d’État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a engagé un chantier visant à réduire le prix des billets d’avion. Un groupe interministériel a ainsi été chargé d’identifier les taxes et prélèvements extra-aéronautiques qui renchérissent artificiellement le transport aérien sans générer de bénéfices directs pour le secteur. L’approche défendue par les autorités repose sur une logique de rationalisation : supprimer les charges qui pénalisent inutilement les voyageurs tout en maintenant celles qui répondent à un besoin clairement identifié de sécurité ou de modernisation. Autrement dit, renforcer la sûreté des frontières et améliorer l’accessibilité du transport aérien ne sont pas deux objectifs incompatibles ; ils peuvent, au contraire, se renforcer mutuellement. Au fond, le débat dépasse largement la seule question d’une contribution financière. Il interroge le modèle de financement que le Gabon souhaite adopter pour garantir la sécurité de ses infrastructures stratégiques tout en respectant ses engagements internationaux. Dans un environnement marqué par la multiplication des menaces transnationales, la sécurisation des frontières n’apparaît plus comme une dépense facultative, mais comme un investissement indispensable. Le choix effectué par les autorités s’inscrit dans une volonté affichée de moderniser le secteur aérien, de renforcer la souveraineté nationale et d’aligner le pays sur les meilleures pratiques internationales. Une orientation qui repose sur une conviction simple : si la sécurité a un coût, l’absence de sécurité, elle, peut coûter infiniment plus cher.

Championnat sans interruption, calendrier respecté : Paul Ulrich Kessany signe le retour de la stabilité du National Foot

La saison 2025-2026 du National Foot s’est achevée samedi à Port-Gentil sur une image que le football gabonais n’avait plus offerte depuis plusieurs années : un stade Pierre-Claver Divoungui plein à craquer, une finale disputée jusqu’au bout et un championnat arrivé à son terme sans interruption majeure. Derrière ce dénouement sportif, c’est surtout la relance d’une compétition longtemps marquée par les reports et les incertitudes qui constitue le principal enseignement de la saison, donnant corps à l’un des engagements fixés au ministère des Sports. L’AS Mangasport a conclu cet exercice en remportant le choc décisif face au Stade Mandji (1-0), grâce à un but inscrit avant la pause sur un corner. Solides jusqu’au coup de sifflet final, les joueurs de Moanda décrochent ainsi leur onzième titre national, un record qui fait désormais du club le plus titré de l’histoire du football gabonais. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, du maire de Port-Gentil, Pascal Houangni Ambourouet, ainsi que de la gouverneure de la province de l’Ogooué-Maritime, Françoise Assengone Obame, qui a donné le coup d’envoi officiel de cette ultime journée. Au-delà du résultat sportif, cette finale symbolise surtout la renaissance d’un championnat dont la crédibilité avait été fragilisée au fil des saisons. À son arrivée à la tête du département des Sports, Paul Ulrich Kessany avait reçu pour mission de remettre les compétitions nationales sur les rails. Un défi loin d’être acquis dans un contexte où les interruptions répétées avaient progressivement éloigné les supporters des stades et nourri les interrogations sur l’avenir du football local. Le pari consistait à organiser une saison complète, à respecter le calendrier établi et à redonner au National Foot son rythme de compétition hebdomadaire. Mission accomplie. Durant plusieurs mois, les stades Monédan, Idriss Ngari, Gaston Peyril, Akoakam, Pierre-Claver Divoungui, Mbaya et Henri-Sylvoz ont retrouvé une fréquentation régulière, portée par des rencontres disputées chaque semaine. Cette continuité, saluée par les acteurs du football gabonais, constitue sans doute la principale réussite de cette édition 2025-2026. Cette dynamique ne s’est d’ailleurs pas limitée au football. Depuis plusieurs mois, les compétitions nationales de basket-ball, de karaté ou encore de wushu ont également repris leur place dans le calendrier sportif. Une succession d’événements qui traduit la volonté des autorités de redonner une visibilité aux disciplines nationales et de restaurer une activité sportive régulière sur l’ensemble du territoire. Cette politique s’inscrit dans les orientations définies par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait du développement du sport un axe de son action publique. À travers la relance des compétitions, l’ambition affichée est de renforcer la structuration du sport gabonais, d’offrir davantage de perspectives aux athlètes et de faire des enceintes sportives des espaces de rassemblement et de cohésion sociale. Le rideau tombe ainsi sur une saison qui aura davantage marqué les esprits par sa régularité que par son seul palmarès. Si les défis liés au financement des clubs, à la professionnalisation des compétitions ou encore à la modernisation des infrastructures demeurent, le championnat 2025-2026 apparaît comme une étape importante dans la reconstruction du football gabonais. Pour Paul Ulrich Kessany, le pari de relancer durablement le National Foot semble, à ce stade, avoir été tenu.

En annonçant son premier congrès en novembre, l’UDB ouvre le chantier de sa consolidation politique

Un an après sa création, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) entre dans une nouvelle phase de son développement. Réunis le 5 juillet à Libreville pour célébrer le premier anniversaire du parti, ses dirigeants ont dressé le bilan d’une année marquée par une rapide implantation nationale avant d’annoncer la tenue, en novembre prochain, de son premier congrès. Un rendez-vous présenté comme une étape décisive pour renforcer l’organisation interne et inscrire durablement la formation politique dans le paysage institutionnel gabonais. La célébration du premier anniversaire de l’Union Démocratique des Bâtisseurs n’avait rien d’une simple commémoration. Entre le culte œcuménique organisé à la Baie des Rois et les allocutions prononcées à la Cité de la Démocratie, l’événement a servi de tribune pour esquisser les perspectives d’un parti qui entend désormais passer de la phase de lancement à celle de la consolidation. Dès l’ouverture de la cérémonie, la dimension spirituelle a occupé une place centrale. Prières, actions de grâce et appels à la protection divine ont rythmé ce premier temps fort, dans la continuité du projet politique porté depuis le 30 août 2023. Une référence assumée à la transition engagée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, dont l’UDB revendique l’accompagnement politique. Prenant la parole devant les militants, le chef de l’État, président fondateur du parti, a rappelé le sens donné à la création de cette formation politique. « Poser les fondations de ce nouvel édifice porteur d’espérance, de responsabilité et d’engagement au service du Gabon », a-t-il déclaré, avant de souligner que « l’UDB est née pour accompagner durablement la vision que le peuple gabonais a souverainement validée lors du plébiscite du 12 avril 2025 ». Dans cette logique, Brice Clotaire Oligui Nguema a présenté l’UDB comme « un mouvement de rassemblement au service du développement national », dont les adhérents se définissent comme des « Bâtisseurs ». Un choix de vocabulaire qui dépasse le symbole. « Bâtir est un acte de foi en l’avenir. C’est refuser la résignation et croire que les difficultés peuvent être surmontées lorsque les énergies se rassemblent autour d’un idéal commun », a-t-il insisté, donnant une portée idéologique à la vocation du parti. Au-delà du discours fondateur, l’heure était également au bilan. En une année d’existence, l’UDB met en avant son implantation progressive sur l’ensemble du territoire, consolidée par sa participation aux élections législatives, locales et sénatoriales. Pour ses responsables, cette dynamique témoigne d’une structuration rapide et d’une adhésion croissante à son projet politique, même si le véritable défi réside désormais dans sa capacité à transformer cet élan électoral en organisation durable. C’est précisément dans cette perspective que le président fondateur a annoncé la tenue du premier congrès du parti en novembre 2026. Ce rendez-vous, attendu par les cadres comme par les militants, devrait permettre d’engager une réflexion de fond sur le fonctionnement de l’UDB. « Des ajustements organisationnels utiles » seront proposés, a-t-il indiqué, à partir d’« une évaluation rigoureuse des activités de chaque organe dans le seul intérêt du renforcement du parti ». L’enjeu dépasse la seule réorganisation administrative. Pour un parti créé il y a seulement douze mois et déjà confronté à l’exercice du pouvoir, ce congrès devra préciser son mode de gouvernance, clarifier les responsabilités internes et renforcer son maillage territorial. Il s’agira également de définir les mécanismes permettant de maintenir la mobilisation des militants au-delà des échéances électorales. Cette volonté de structuration traduit une ambition plus large : inscrire l’UDB dans le temps long de la vie politique gabonaise. Dans cette perspective, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé les principes qu’il considère comme les piliers de la formation politique : la discipline, le sens de l’effort, l’amour de la patrie, l’unité nationale et la concorde. Des valeurs qui, selon lui, constituent « les fondements indispensables de toute œuvre de développement ». Un an après sa naissance, l’Union Démocratique des Bâtisseurs se trouve ainsi à un moment charnière de son évolution. Après avoir privilégié la conquête du terrain et la mobilisation autour du projet présidentiel, le parti est désormais confronté à un défi plus exigeant : se doter d’institutions solides, d’une organisation pérenne et d’une identité politique capable de dépasser la dynamique de sa création. Le congrès annoncé pour novembre apparaît, à cet égard, comme le premier véritable test de maturité d’une formation qui ambitionne de devenir un acteur durable de la recomposition politique du Gabon. Si vous le souhaitez, je peux également produire une version encore plus « Jeune Afrique », avec davantage d’analyse politique sur les rapports de force, les défis organisationnels de l’UDB et les implications de ce premier congrès pour la majorité présidentielle.