La mobilisation des recettes publiques devient désormais un chantier présidentiel suivi au plus haut niveau de l’État. Réuni le 8 juillet à Libreville avec l’ensemble des directeurs généraux des régies financières, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fixé un cap clair : renforcer les capacités financières de l’État afin de soutenir les grands projets de développement tout en mettant un terme aux pertes de recettes jugées injustifiées.
Cette réunion, organisée sous la forme d’un Conseil de cabinet, marque une nouvelle étape dans la stratégie de gouvernance impulsée par le chef de l’État. À moins de deux ans du lancement de la Ve République, l’exécutif entend désormais installer une culture de la performance dans l’administration financière, avec un suivi régulier des résultats et une exigence accrue de responsabilité.
Au cœur des échanges figure la question sensible des exonérations fiscales et douanières. Longtemps considérées comme des instruments d’attractivité économique, certaines d’entre elles sont aujourd’hui perçues comme des mécanismes qui continuent de priver les finances publiques de ressources importantes, parfois sans justification économique. Face à ce constat, le président de la République a ordonné un audit complet de l’ensemble des exonérations accordées. L’objectif est de distinguer celles qui répondent encore à un intérêt économique avéré de celles qui, arrivées à échéance ou devenues obsolètes, continuent de produire leurs effets au détriment des recettes de l’État.
Au-delà de cette revue fiscale, l’exécutif mise également sur la modernisation de l’administration. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation des régies financières et leur interconnexion afin d’améliorer le recouvrement, de limiter les fraudes, de renforcer la traçabilité des opérations et d’accroître la transparence dans la gestion des finances publiques. Une réforme qui s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser l’appareil administratif et d’optimiser les performances de l’État.
Autre priorité affichée : la maîtrise de la dette publique. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé la mise en œuvre d’une stratégie rigoureuse de soutenabilité de la dette afin de préserver les équilibres macroéconomiques et de consolider la crédibilité financière du Gabon auprès des partenaires techniques et financiers. Dans un contexte où les besoins de financement demeurent importants, cette orientation vise à rassurer les bailleurs tout en garantissant une gestion prudente des engagements de l’État.
Pour l’exécutif, l’amélioration de la collecte des recettes ne constitue pas une fin en soi. Les ressources supplémentaires attendues devront permettre d’accélérer les investissements dans les secteurs jugés prioritaires : l’éducation, la santé, les infrastructures routières, l’accès à l’eau potable, à l’électricité ainsi que l’amélioration des services publics de base. En d’autres termes, la réforme financière est présentée comme un levier destiné à produire des effets tangibles sur le quotidien des populations.
Signe de l’importance accordée à cette nouvelle méthode de pilotage, le chef de l’État a décidé que ce Conseil de cabinet consacré aux finances se réunira désormais chaque mois. Ces rendez-vous réguliers permettront d’évaluer la mobilisation des recettes, le niveau d’exécution budgétaire ainsi que l’évolution de la dette publique. Cette approche, fondée sur le suivi des performances, a vocation à être progressivement étendue à d’autres secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation, les travaux publics, l’eau et l’énergie.
Par cette initiative, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme sa volonté d’inscrire l’action publique dans une logique de résultats, où chaque franc mobilisé devra être justifié, contrôlé et orienté vers les priorités nationales. Une orientation qui traduit l’ambition d’installer durablement une gouvernance fondée sur la rigueur budgétaire, la transparence et l’efficacité de l’action publique, avec en ligne de mire un développement plus soutenu et une amélioration durable des conditions de vie des Gabonais.

