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« Un État moderne ne craint pas l’évaluation » : devant l’ONU, le Gabon fait de la gouvernance son nouveau pari

« Un État moderne ne craint pas l’évaluation. » Cette conviction, exprimée par le vice-président du Gouvernement Hermann Immongault, a marqué l’ouverture des travaux du deuxième cycle d’examen de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Face aux experts internationaux, les autorités gabonaises ont présenté cette mission comme une opportunité de mesurer les progrès accomplis et de renforcer les fondements d’une gouvernance plus transparente et plus crédible.

À l’Hôtel Boulevard de Libreville, le Gabon est entré ce 29 juin dans une nouvelle phase de son engagement international contre la corruption. Jusqu’au 1er juillet, les experts de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), accompagnés de leurs homologues du Tchad et de la Libye, examineront la manière dont le pays applique les dispositions des chapitres II et V de la Convention des Nations Unies contre la corruption, consacrés respectivement aux mesures préventives et au recouvrement des avoirs.

Cette mission constitue l’étape la plus visible du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de l’application de la Convention. Après une première phase reposant sur l’auto-évaluation réalisée par les autorités gabonaises, les experts internationaux sont désormais appelés à confronter les textes aux réalités du terrain, en échangeant avec les administrations concernées, les institutions nationales et la société civile.

Dans son allocution de bienvenue, le point focal national de l’ONUDC, Séraphin Odoumba, a rappelé que cet exercice traduit « l’engagement constant » du Gabon à respecter ses obligations internationales tout en consolidant ses mécanismes de prévention, de détection et de répression de la corruption. Selon lui, le pays aborde cette évaluation « dans un esprit d’ouverture, de responsabilité et de coopération », prêt à mettre en avant les progrès réalisés tout en acceptant les recommandations qui découleront des échanges.

En ouvrant officiellement les travaux, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a replacé cette mission dans une perspective plus large. Il a estimé que « la qualité de la gouvernance est devenue l’un des premiers déterminants du développement, de la stabilité des institutions et de la confiance des citoyens », faisant de la lutte contre la corruption non pas une contrainte imposée par les partenaires internationaux, mais une condition essentielle du projet national de développement engagé depuis l’avènement de la Cinquième République.

Le responsable gouvernemental a également insisté sur le fait que la corruption dépasse la seule question des détournements de fonds publics. Selon lui, elle fragilise les institutions, freine les investissements, ralentit la croissance économique et nourrit les inégalités. À l’inverse, une gouvernance fondée sur l’intégrité constitue désormais un avantage compétitif pour les États qui souhaitent attirer les investisseurs et renforcer la confiance de leurs partenaires financiers internationaux.

L’exercice auquel se soumet aujourd’hui le Gabon s’inscrit dans un processus engagé depuis près de vingt ans. Le pays a adhéré à la Convention des Nations Unies contre la corruption le 1er octobre 2007. Après un premier cycle d’évaluation consacré à l’incrimination des actes de corruption et à la coopération internationale, examiné notamment avec la Sierra Leone et la République démocratique populaire lao, le deuxième cycle met davantage l’accent sur la prévention et la restitution des avoirs issus de la corruption, deux dimensions devenues prioritaires dans la stratégie mondiale de lutte contre ce phénomène.

Durant ces trois journées, les experts chercheront ainsi à mesurer non seulement la conformité du cadre juridique gabonais avec les exigences de la Convention, mais également l’effectivité des dispositifs mis en place. Les échanges porteront sur les mécanismes de transparence, les procédures administratives, les politiques de prévention, la coopération institutionnelle ainsi que la capacité des autorités à identifier, geler, saisir et restituer les avoirs provenant d’infractions de corruption. Une séance spécifique réunira également les organisations de la société civile afin d’intégrer leur regard dans l’évaluation globale du pays.

Au terme de cette mission, les conclusions et recommandations des experts internationaux devraient permettre au Gabon d’identifier les ajustements nécessaires pour renforcer davantage son dispositif de gouvernance. Dans un contexte où la crédibilité des institutions devient un facteur déterminant de compétitivité et d’attractivité économique, cette évaluation dépasse largement le cadre d’une simple obligation conventionnelle. Elle constitue un indicateur de la volonté du pays d’inscrire durablement la transparence, la responsabilité publique et l’intégrité au cœur de son modèle de gouvernance.

GuenolePXR

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Redacteur Medias241

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