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Gabon : derrière la question écrite à l’Assemblée nationale française, les raisons d’une polémique jugée infondée par Libreville

À Paris, une question écrite déposée à l’Assemblée nationale française a relancé les critiques sur la situation politique et sociale au Gabon. Mais à Libreville, les autorités dénoncent une lecture jugée partiale et rappellent qu’il s’agit d’une initiative parlementaire isolée, sans valeur de position officielle de l’État français. Pour le gouvernement gabonais, la polémique repose sur une accumulation d’approximations et de raccourcis qui ne reflètent ni la réalité institutionnelle ni la dynamique de transition en cours.

Le texte du député Arnaud Le Gall évoque un prétendu « tournant autoritaire » au Gabon, citant notamment des restrictions de libertés publiques et des tensions sociales. Mais côté gabonais, on insiste sur un point central : la confusion entre débat politique et fonctionnement de l’État de droit. La procédure visant l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze est ainsi présentée comme une affaire strictement judiciaire, ouverte par le parquet dans le cadre de faits financiers présumés, et non comme une persécution politique. Le président de la République s’en serait d’ailleurs publiquement désolidarisé, au nom du principe de séparation des pouvoirs.

Autre point de friction : la suspension des réseaux sociaux décidée en février 2026. Les autorités gabonaises rappellent qu’il s’agit d’une mesure administrative prise face à des désordres informationnels majeurs, puis encadrée par une base légale adoptée par le Parlement de transition le 23 juin. Loin d’une restriction arbitraire, Libreville met en avant un processus de régulation assumé, présenté comme une réponse de souveraineté numérique et de protection des populations, notamment les plus jeunes.

Sur le plan social, le gouvernement conteste également les chiffres avancés dans la question parlementaire, estimant qu’ils ne reposent sur aucune source officielle vérifiable. Sans nier les difficultés héritées, les autorités mettent en avant plusieurs mesures récentes : lutte contre la vie chère, investissements dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, remboursement d’épargnants ou encore réformes structurelles engagées dans le cadre de la transition. Pour Libreville, la lecture alarmiste ne tient pas compte des dynamiques de correction déjà en cours.

La dimension économique et minière constitue un autre point central du désaccord. Les critiques portent notamment sur les discussions autour d’une éventuelle prise de participation dans le groupe Eramet. Mais les autorités gabonaises insistent sur une lecture stratégique différente : l’enjeu n’est pas seulement financier, mais industriel et souverain. Le cœur du dossier réside dans la transformation locale du manganèse, notamment à travers des actifs structurants comme Comilog et la Setrag, considérés comme essentiels à la chaîne de valeur nationale.

Enfin, concernant les relations avec Paris, Libreville rappelle qu’une question écrite parlementaire ne saurait être assimilée à une position officielle de la diplomatie française. La visite annoncée du président de la transition en juillet 2026 s’inscrit, selon les autorités, dans une logique de dialogue d’État à État, et non dans une logique d’approbation politique. Dans ce cadre, la posture gabonaise consiste à dissocier clairement la coopération stratégique des interprétations politiques internes étrangères.

Au final, pour les autorités gabonaises, cette polémique révèle moins une crise diplomatique qu’un décalage d’interprétation. Entre une transition politique qui se veut réformatrice et des lectures externes souvent fragmentées, Libreville entend imposer son récit : celui d’un État en recomposition, engagé dans des réformes structurelles et attaché à sa souveraineté institutionnelle, économique et numérique.

GuenolePXR

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Redacteur Medias241

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