Le dialogue social est-il en train de voler en éclats au ministère du Pétrole ? La visite des services effectuée ce jeudi 16 juillet par le ministre Clotaire Kondja, censée marquer un rapprochement avec les agents après sept mois de silence, s’est transformée en un affrontement verbal d’une rare intensité. Au cœur de la polémique, des accusations de menaces et d’intimidation visant le directeur de cabinet du ministre à l’encontre d’un délégué élu du personnel, sur fond de profond malaise social.
Cette tournée ministérielle intervenait dans un contexte déjà particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, les représentants du personnel dénoncent une gouvernance qu’ils jugent de plus en plus verticale. Ils reprochent au ministre de prendre des décisions sans concertation avec les partenaires sociaux, tout en invoquant régulièrement les « plus hautes autorités » pour justifier ses choix. Une méthode de gestion qui, selon plusieurs agents, a progressivement détérioré le climat de travail au sein de ce département stratégique.
C’est dans cette atmosphère électrique que les échanges ont dégénéré. Profitant de la présence du ministre, un délégué élu du personnel a pris la parole pour l’alerter sur ce qu’il considère comme une mauvaise appréciation de son entourage. Devant plusieurs témoins, il aurait estimé que certaines orientations prises par la hiérarchie risquaient de compromettre durablement la cohésion sociale au sein du ministère.
La réponse n’aurait pas tardé. Selon plusieurs témoignages recueillis, le directeur de cabinet du ministre, Kevin Ndjimba, aurait vivement pris à partie le représentant du personnel. Il l’aurait menacé de sanctions disciplinaires avant de lui lancer qu’il ne possédait pas son « background intellectuel ». Des propos perçus par plusieurs agents présents comme une tentative d’intimidation et une remise en cause de la légitimité d’un représentant élu du personnel.
L’échange a rapidement viré à un clash verbal, chacun campant sur ses positions sous les regards médusés des agents. Face à la montée de la tension, le ministre Clotaire Kondja aurait écourté la visite des services avant de regagner son bureau, sans tenter publiquement de désamorcer la crise ni de répondre aux préoccupations exprimées.
Au-delà de cet incident, cet épisode illustre la dégradation des relations entre l’administration et les représentants du personnel. Ce qui devait être un moment d’écoute et d’apaisement s’est finalement transformé en symbole d’un dialogue social en rupture. Dans un ministère aussi stratégique que celui du Pétrole, où les décisions ont des répercussions économiques majeures, l’installation d’un climat de défiance entre la hiérarchie et les agents pourrait peser durablement sur le fonctionnement de l’institution.

