À moins de six mois de l’entrée en vigueur de l’interdiction des importations de poulets de chair, prévue le 1er janvier 2027, le gouvernement gabonais affine sa stratégie pour réussir ce tournant majeur de sa politique agricole. Lors de la conférence de presse de Théophane Nzame Nze Biyoghe, porte-parole de la Présidence de la République, cette mesure, déjà actée en Conseil des ministres, a été remise au cœur des priorités de l’exécutif à travers la présentation d’un Plan opérationnel d’urgence pour la filière avicole, doté d’un financement de 120 milliards de francs CFA sur deux ans.
En revenant sur le bilan de la première année d’action du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le porte-parole a insisté sur les moyens mobilisés pour accompagner une réforme appelée à transformer durablement le marché de la volaille au Gabon. L’objectif est clair : permettre à la production nationale de prendre le relais des importations dès l’entrée en application de cette décision.
Au cours de cette conférence de presse, la Présidence a rappelé que plusieurs outils ont déjà été déployés pour préparer cette transition. Une base de données nationale de la filière avicole a été constituée, des laboratoires d’analyse des sols et des infrastructures vétérinaires ont été renforcés, tandis que de nouveaux textes réglementaires encadrant les semences, les pesticides et la sécurité sanitaire des aliments ont été adoptés.
L’exécutif souligne également avoir considérablement accru les moyens consacrés au secteur agricole. Le budget du ministère de l’Agriculture atteint désormais 81 milliards de francs CFA en 2026, soit près de quatre fois les crédits des années précédentes. À cela s’ajoutent la distribution de 145 tracteurs et équipements agricoles ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles des services techniques.
Au-delà de la production, l’enjeu est aussi économique et social. En mettant fin aux importations de poulets de chair, le gouvernement entend réduire la dépendance alimentaire du pays, soutenir les producteurs nationaux, créer des emplois et conserver davantage de valeur ajoutée sur le territoire.
À travers cette conférence de presse, la Présidence a voulu montrer que le compte à rebours est désormais lancé. L’interdiction des importations de poulets de chair n’est plus une perspective lointaine, mais une échéance imminente qui impose une montée en puissance rapide de la production locale. Les prochains mois seront donc déterminants pour mesurer la capacité de la filière avicole gabonaise à répondre à la demande nationale et à relever le défi de la souveraineté alimentaire fixé par les autorités.

