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Ministère des Mines : le budget passe de 4,5 à 68 milliards de FCFA, soit une hausse de 1 394 % pour accélérer la transformation locale

Le ministère des Mines disposera en 2026 d’une enveloppe de 68,12 milliards de FCFA contre 4,56 milliards un an plus tôt. Cette augmentation exceptionnelle de plus de 1 390 % doit permettre au Gabon de renforcer la prospection géologique, moderniser les contrôles miniers et préparer l’interdiction de l’exportation du manganèse brut prévue à l’horizon 2029. Une montée en puissance budgétaire qui traduit l’ambition des autorités de faire du secteur minier l’un des principaux moteurs de la diversification économique nationale.

Longtemps dominée par l’exploitation et l’exportation de matières premières, l’industrie minière gabonaise s’apprête à franchir un nouveau cap. Avec un budget porté à 68,12 milliards de FCFA en 2026, contre seulement 4,56 milliards en 2025, le ministère des Mines bénéficie de l’une des plus fortes progressions budgétaires enregistrées au sein de l’administration publique. L’augmentation, qui atteint plus de 1 394 %, témoigne de la volonté du gouvernement de placer le secteur extractif au cœur de sa stratégie de transformation économique.

Cette hausse intervient dans un contexte où le Gabon cherche à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers et à mieux valoriser ses importantes ressources minérales. Le pays dispose notamment de l’une des plus grandes réserves mondiales de manganèse, un minerai stratégique pour l’industrie sidérurgique et la transition énergétique.

Une partie significative des nouveaux crédits sera consacrée au renforcement des capacités de contrôle et de surveillance. Plus de 240 missions d’inspection sont programmées en 2026 afin d’améliorer la gouvernance du secteur, de lutter contre les exploitations irrégulières et de garantir une meilleure traçabilité des activités minières.

Dans cette dynamique, le ministère prévoit également l’acquisition d’un laboratoire mobile d’analyse des minerais, évalué à 189 millions de FCFA avec l’appui de la Banque africaine de développement. Cet équipement devrait permettre d’effectuer directement sur les sites d’exploitation des analyses techniques plus rapides et plus fiables, réduisant ainsi les délais de contrôle et de certification.

Mais au-delà de la modernisation administrative, l’enjeu principal demeure la transformation locale des ressources minières. Le gouvernement prépare activement l’échéance de 2029, date à laquelle l’exportation du manganèse brut sera interdite. Cette mesure vise à favoriser l’industrialisation du pays en encourageant la création d’unités de transformation capables de produire localement des matériaux à plus forte valeur ajoutée.

« L’objectif est que les richesses extraites du sous-sol gabonais génèrent davantage d’emplois, de compétences et de revenus sur le territoire national », explique une source proche du dossier. Plusieurs discussions sont actuellement en cours avec des partenaires industriels afin d’accompagner cette transition et de développer les infrastructures nécessaires à la transformation du minerai.

La question de l’approvisionnement des futures usines constitue également un enjeu stratégique. Les autorités ont engagé des négociations avec différents opérateurs miniers afin de sécuriser les volumes de minerai qui seront destinés à la transformation locale. Une étape jugée indispensable pour garantir la viabilité économique des investissements industriels envisagés.

Parallèlement, le gouvernement entend mieux structurer la filière aurifère, encore largement marquée par l’exploitation artisanale. Près de 3 000 orpailleurs ont déjà été recensés à travers le pays. Leur formalisation progressive doit permettre un meilleur encadrement des activités, une amélioration des recettes publiques et une réduction des pratiques informelles qui échappent encore aux circuits officiels.

Cette montée en puissance budgétaire marque ainsi un changement d’échelle pour la politique minière gabonaise. En misant simultanément sur la connaissance du potentiel géologique, le renforcement des contrôles, la formalisation des acteurs et l’industrialisation de la transformation minérale, les autorités espèrent faire du secteur un pilier durable de la croissance.

À trois ans de l’interdiction annoncée des exportations de manganèse brut, le défi sera désormais de transformer cette ambition budgétaire en résultats concrets. Car au-delà des chiffres, c’est la capacité du Gabon à bâtir une véritable chaîne de valeur industrielle nationale qui déterminera la réussite de cette nouvelle stratégie minière.

GuenolePXR

GuenolePXR

Redacteur Medias241

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