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Majorité numérique à 16 ans au Gabon : l’État encadre enfin l’espace numérique

Avec la publication de l’ordonnance n°0011/PR/2026 au Journal Officiel, le Gabon fixe désormais la majorité numérique à 16 ans. Concrètement, les mineurs ne peuvent plus créer librement de comptes sur les réseaux sociaux et plateformes numériques. L’objectif affiché est clair : mettre fin à l’exposition précoce des enfants à des contenus violents, inadaptés ou à des interactions dangereuses, dans un environnement jusque-là largement laissé à l’auto-régulation des plateformes.
Désormais, la responsabilité repose d’abord sur les plateformes numériques. Elles doivent mettre en place des systèmes fiables de vérification de l’âge et bloquer automatiquement les comptes identifiés comme appartenant à des mineurs de moins de 16 ans. Les algorithmes de recommandation de contenus sensibles sont encadrés, et toute possibilité de contact non contrôlé avec des mineurs doit être désactivée par défaut. La Haute Autorité de la Communication est chargée de superviser et d’auditer ces dispositifs, avec des obligations de transparence régulières imposées aux opérateurs.
Les parents sont également replacés au centre du dispositif. La loi leur attribue une responsabilité juridique sur les usages numériques de leurs enfants, tout en leur donnant de nouveaux droits, notamment celui de demander l’effacement des données personnelles de leurs enfants auprès des plateformes. L’objectif est de renforcer leur capacité d’action face à un environnement numérique souvent difficile à contrôler, tout en les impliquant davantage dans la supervision de l’activité en ligne des mineurs.
Le texte renforce aussi la lutte contre le cyberharcèlement et encadre plus strictement les contenus sensibles. Les plateformes doivent désormais traiter tout signalement impliquant un mineur dans un délai de 24 à 72 heures, sous peine de sanctions. L’accès aux contenus pornographiques est également soumis à une vérification d’âge réelle et obligatoire, et non plus à une simple déclaration. Une exception est toutefois prévue pour les contenus éducatifs et les usages pédagogiques encadrés, afin de préserver l’accès des jeunes à la connaissance.
En rejoignant un mouvement international de régulation des usages numériques des mineurs, le Gabon se positionne parmi les pays les plus stricts en matière de protection en ligne des enfants. Les plateformes disposent d’un délai de douze mois pour se conformer aux nouvelles exigences techniques. Au-delà de la contrainte, l’État affirme une volonté : reprendre le contrôle d’un espace numérique devenu central dans la vie des enfants, afin d’en faire un environnement plus sûr, plus encadré et plus responsable.

GuenolePXR

GuenolePXR

Redacteur Medias241

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