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« Je dédie cet ultime mandat à Ali Bongo » : quatre ans après, Pierre Alain Mounguengui renie-t-il sa propre promesse ?

En avril 2022, au terme d’un scrutin disputé, Pierre Alain Mounguengui accédait une nouvelle fois à la tête de la Fédération gabonaise de football avec, dans ses mots, une solennité presque testamentaire. Quatre ans plus tard, alors qu’il se porte candidat à sa propre succession pour l’élection du 18 avril, une question s’impose avec acuité dans les milieux sportifs comme dans l’opinion : l’homme fort du football gabonais est-il en train de renier sa parole ?
À l’époque, fraîchement réélu après un bras de fer face à cinq adversaires, l’ancien arbitre international prenait soin de baliser l’horizon de son mandat. « Je dédie cet ultime mandat au président Ali Bongo », déclarait-il publiquement, comme pour graver dans le marbre le caractère définitif de son engagement. Cette phrase, abondamment relayée, portait en elle une promesse claire : celle d’un dernier tour de piste à la tête de la Fegafoot.
Le contexte donnait à cette déclaration un relief particulier. Quelques heures auparavant, Pierre Alain Mounguengui avait décliné sa nomination au poste d’inspecteur général des services du ministère des Sports, dans un climat où, selon plusieurs observateurs, les autorités semblaient favoriser une alternance incarnée par Jérôme Efong Nzolo. Contre toute attente, il s’imposait finalement dans les urnes, arrachant une victoire que beaucoup pensaient compromise. Comme le relevait alors GabonMedia Time, « cette réélection, présentée comme la dernière, prenait des allures de mandat de transition ».
Mais le temps a passé, et avec lui, la portée des engagements. À l’approche du scrutin du 18 avril, la candidature de Pierre Alain Mounguengui ravive les interrogations. Dans les coulisses du football gabonais, certains dénoncent un revirement difficile à justifier.
« Quand un dirigeant parle d’ultime mandat, cela engage sa crédibilité », confie un acteur du milieu sportif, estimant que « revenir sur une telle promesse fragilise la confiance ».
D’autres, en revanche, plaident pour une lecture plus pragmatique de la situation. « Les contextes évoluent, et les responsabilités aussi », nuance un proche de la fédération, suggérant que la continuité pourrait être perçue comme un facteur de stabilité dans une discipline en quête de résultats et de structuration.
Reste que la question de la parole donnée demeure centrale. Dans un pays où la gouvernance des institutions sportives est régulièrement scrutée, la décision de briguer un nouveau mandat apparaît comme un test de cohérence pour Pierre Alain Mounguengui. Entre fidélité à ses engagements passés et volonté de prolonger son action, le dirigeant joue une partition délicate, sous le regard attentif d’un écosystème en attente de renouveau.
À mesure que l’échéance électorale se rapproche, le débat dépasse désormais la seule personne du président sortant pour interroger plus largement la culture de responsabilité au sein des instances sportives gabonaises. Et au fond, une interrogation persiste, simple mais implacable : une promesse politique, fût-elle prononcée dans l’euphorie d’une victoire, peut-elle être reléguée au rang de simple déclaration d’intention ?

GuenolePXR

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Redacteur Medias241

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