Moins de deux semaines après son discours sur l’état de la Nation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, transforme ses engagements en décisions concrètes. Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 25 juin, le gouvernement a adopté deux projets de loi qui entérinent l’une des réformes les plus importantes du secteur des services publics depuis plusieurs décennies : la scission de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Une décision motivée par la volonté d’en finir avec les dysfonctionnements chroniques qui affectent l’accès à l’eau potable et à l’électricité et de bâtir un modèle de gestion plus performant.
La réforme repose sur un principe simple : séparer deux secteurs stratégiques dont les enjeux, les investissements et les contraintes opérationnelles diffèrent profondément. La SEEG laissera ainsi place à deux nouvelles sociétés d’économie mixte. La Gabonaise des Eaux sera exclusivement chargée de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation de l’eau potable. De son côté, Électricité du Gabon concentrera ses efforts sur la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique ainsi que sur le développement des infrastructures nécessaires à la sécurisation de l’approvisionnement du pays.
Cette réorganisation répond directement aux engagements formulés par le chef de l’État devant la Nation le 15 juin dernier. Face aux coupures répétées d’électricité, aux pénuries d’eau et aux difficultés rencontrées quotidiennement par les populations, Brice Clotaire Oligui Nguema avait annoncé une restructuration profonde du secteur afin de rompre avec les insuffisances du modèle actuel. Le Conseil des ministres vient ainsi donner une traduction législative à cette ambition présidentielle.
Au-delà du changement institutionnel, l’objectif affiché est de permettre à chaque opérateur de se consacrer entièrement à son cœur de métier. Les autorités estiment qu’une gestion spécialisée favorisera une meilleure planification des investissements, une maintenance plus efficace des infrastructures et une amélioration durable de la qualité des services rendus aux usagers. En dissociant les activités de l’eau et de l’électricité, le gouvernement entend également renforcer la gouvernance, améliorer le suivi des performances et accélérer la prise de décision.
Pour les ménages gabonais, cette réforme nourrit surtout l’espoir d’une amélioration concrète du quotidien. L’accès continu à l’eau potable et à une électricité fiable constitue depuis plusieurs années l’une des principales attentes des populations, confrontées à des interruptions récurrentes qui affectent aussi bien la vie des familles que le fonctionnement des entreprises, des écoles et des établissements de santé.
La création de La Gabonaise des Eaux et d’Électricité du Gabon marque ainsi le début d’une nouvelle architecture des services publics essentiels. Plus qu’un simple changement de dénomination, le gouvernement présente cette réforme comme un levier destiné à garantir la continuité des services, moderniser les infrastructures et rapprocher le pays de l’objectif d’un accès universel à l’eau et à l’électricité. Reste désormais à traduire cette nouvelle organisation en résultats tangibles, là où les Gabonais les attendent le plus : au robinet et à l’interrupteur.

