La salle de réunion du ministère des Sports, à Libreville, a été le théâtre jeudi 23 avril d’un échange décisif entre autorités gouvernementales et acteurs du mouvement sportif national. À la veille d’un scrutin électoral maintenu par le Comité national olympique gabonais, malgré de vives contestations, la rencontre avait des allures de dernière tentative pour désamorcer une crise institutionnelle qui couve depuis plusieurs semaines.
Face aux représentants des fédérations sportives, le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, entouré de son collègue de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, a posé d’emblée les termes du débat. S’appuyant sur les conclusions d’un audit récemment conduit, il a souligné que « la quasi-totalité des fédérations composant le collège électoral présente des irrégularités administratives manifestes », mettant en doute, de fait, la crédibilité et la légalité du scrutin prévu le 25 avril. Dans un contexte où la gouvernance du sport gabonais est déjà fragilisée, ces révélations jettent une lumière crue sur des dysfonctionnements anciens.
Le ton, sans être frontal, traduisait néanmoins une fermeté certaine. Selon plusieurs participants, le ministre a insisté sur la nécessité de « restaurer l’ordre administratif avant toute échéance électorale », laissant entendre qu’un passage en force risquerait d’aggraver la fracture entre les institutions et les fédérations.
En réponse, le secrétaire général du CNOG a tenté d’apaiser les tensions, adoptant une posture conciliante. Remerciant les membres du gouvernement pour leur disponibilité, il a rappelé que « le comité exécutif du CNOG est pleinement engagé dans la dynamique de restructuration du mouvement sportif national portée par le ministère des Sports ». Une déclaration qui, sans remettre explicitement en cause la tenue du scrutin, ouvre la porte à d’éventuels ajustements.
Dans les rangs des fédérations, la prudence domine. Si certaines restent attachées au respect du calendrier électoral, d’autres reconnaissent, en coulisses, la nécessité d’un compromis. « Il faut sortir de cette crise par le haut », confie un dirigeant fédéral, évoquant des discussions internes déjà en cours pour harmoniser les positions.
Au terme de la rencontre, aucune décision formelle n’a été arrêtée. Mais un consensus semble émerger autour de la nécessité d’une concertation élargie dans les jours à venir. Les fédérations ont ainsi annoncé la tenue prochaine d’échanges visant à dégager une issue consensuelle.
Dans cette attente, une assemblée générale non élective est prévue ce samedi. Elle pourrait constituer un tournant, voire un baromètre des rapports de force en présence. Car au-delà de la question électorale, c’est bien l’avenir de la gouvernance du sport gabonais qui se joue, entre exigences de conformité institutionnelle et impératifs d’autonomie du mouvement sportif.

