Patience Dabany tire sa révérence avec « La Dernière Danse », l’ultime album d’une légende de la musique gabonaise
Après plusieurs années de discrétion, Patience Dabany signe son grand retour sur la scène musicale. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par sa petite-fille Malika Bongo, l’icône de la musique gabonaise a annoncé la sortie prochaine de « La Dernière Danse », son onzième et dernier album. Un événement qui marque l’ultime chapitre d’une carrière exceptionnelle ayant profondément marqué l’histoire culturelle du Gabon et de l’Afrique. À chaque génération ses légendes. Au Gabon, rares sont les artistes dont le parcours se confond avec l’histoire contemporaine du pays. Patience Dabany fait partie de ce cercle très restreint. Plus qu’une chanteuse, « La Mama » est devenue au fil des décennies un symbole, une voix, une mémoire collective. Son retour annoncé avec un nouvel opus intitulé La Dernière Danse résonne ainsi comme un événement majeur pour les mélomanes gabonais et africains. L’annonce a été faite dans une courte vidéo relayée sur les réseaux sociaux par sa petite-fille Malika Bongo. Souriante et fidèle à elle-même, l’artiste y dévoile son intention de revenir sur le devant de la scène avec ce qui sera son onzième et ultime album. Elle évoque également la possibilité d’un concert, laissant entrevoir des retrouvailles très attendues avec son public. Pour beaucoup, Patience Dabany demeure l’une des plus grandes voix de l’histoire musicale gabonaise. Son parcours est singulier. Ancienne Première dame du Gabon et ex-épouse du président Omar Bongo, elle choisit en 1987, après leur divorce, de tourner une page importante de sa vie pour se consacrer pleinement à sa passion artistique. Direction l’Europe puis les États-Unis, où elle relance sa carrière sous le nom de Patience Dabany et construit progressivement une renommée internationale. À une époque où peu d’artistes gabonais parvenaient à franchir les frontières nationales, elle ouvre la voie. Son talent, sa capacité à mêler les influences et sa maîtrise de plusieurs langues lui permettent de conquérir des publics variés. Français, anglais, lingala, fang ou encore batéké : sa musique voyage entre les cultures tout en restant profondément enracinée dans l’identité gabonaise. Artiste complète, Patience Dabany est à la fois auteure, compositrice, percussionniste et interprète. Son univers musical puise autant dans la rumba congolaise que dans les sonorités traditionnelles du sud-ouest du Gabon. Au fil des années, elle explore le zouk, la salsa, l’afro-jazz, le merengue ou encore les rythmes afro-cubains, faisant de sa discographie un véritable laboratoire de métissages musicaux. Son influence dépasse largement sa propre carrière. Elle a contribué à révéler ou accompagner plusieurs figures majeures de la scène gabonaise, parmi lesquelles Oliver N’Goma, Aziz Inanga, Annie-Flore Batchiellilys ou encore Angèle Assélé. Son engagement pour le développement de la musique africaine s’est également traduit par la création de studios d’enregistrement à Los Angeles et à Libreville. Sa carrière est jalonnée de succès et de collaborations prestigieuses. En 2004, son album Obomiya bénéficie notamment de la participation du célèbre producteur américain Quincy Jones et du musicien Jacob Desvarieux. Trois ans plus tard, No Comment confirme sa popularité avec le titre à succès Ewawa. Puis viennent La Locomotive et La Locomotive II, deux projets ambitieux qui illustrent son goût pour l’innovation et les rencontres artistiques internationales. Sur scène, son parcours est tout aussi impressionnant. De l’Olympia de Paris au Zénith, en passant par le Stade de France lors de la Grande Nuit Africaine ou encore la cérémonie de clôture de la Coupe d’Afrique des nations 2012 à Libreville, Patience Dabany a porté haut les couleurs du Gabon sur les plus grandes scènes du monde. Avec La Dernière Danse, c’est donc bien plus qu’un nouvel album qui s’annonce. C’est l’ultime acte d’une aventure artistique entamée il y a près de quarante ans et qui aura traversé les générations sans jamais perdre de son éclat. Pour de nombreux Gabonais, les chansons de Patience Dabany ont accompagné les joies, les peines, les célébrations familiales et les souvenirs d’enfance. Elles font désormais partie du patrimoine culturel national. Si ce nouvel opus marque effectivement ses adieux à la scène musicale, Patience Dabany quittera les projecteurs avec le sentiment du devoir accompli. Celui d’avoir ouvert des portes, inspiré des générations d’artistes et offert au Gabon l’une de ses plus belles ambassadrices culturelles. La dernière danse s’annonce peut-être comme une fin. Mais pour « La Mama », elle ressemble surtout à l’éternité.
Le retour du CF Mounana dans l’élite: la leçon se résilience du Président HPO
Un an seulement après sa relégation, le CF Mounana retrouve l’élite du football gabonais. Au-delà de la performance sportive, ce retour express symbolise la résilience d’un club que beaucoup croyaient condamné et celle de son président fondateur, Hervé Patrick Opiangah. Dans cette tribune, le journaliste Pablo Moussodji Ngoma voit dans cette remontée une véritable leçon de leadership, de fidélité à une vision et de persévérance face aux épreuves qui ont marqué l’histoire récente du club. Descendre et remonter aussitôt n’est pas une sinécure. Il faut sans doute l’ombre de celui qu’on appelle affectueusement HPO pour réussir un tel pari dans un contexte pas du tout reluisant. Au moment de pondre ces lignes, je ressens une sorte de fierté partagée de la réussite d’un jeune dont le leadership est historiquement associé à la réussite de plusieurs familles dans les domaines aussi variés que le football. J’aime bien rappeler la notion de responsabilité chez Saint-Expery « applaudir l’autre là où on a échoué ». Avec mon statut de président de club, je saisis mieux l’importance du moment et toute la charge émotionnelle qui en découle. On ne peut pas refaire l’histoire. Mais la sienne, on peut facilement la raconter librement aux nouvelles générations. Dans le football, elle s’est construite avec nous et devant nous.Ce témoignage est le fruit d’une proximité parfaitement assumée avec celui qui n’a jamais rien lâché. Celui qui est l’exemple même de la résilience. Autodidacte assumé, il a construit sa propre image dans plusieurs domaines. Du karatéka au footballeur en passant par l’entraîneur, HPO incarne la rigueur et la détermination. En même temps, le contexte marqué par une animosité parfois injustifiée donne plus de force à toute épreuve qui aurait pu passer inaperçue. Ma sortie va peut-être surprendre ceux qui n’ont pas les stigmates de notre belle histoire dans le football. Il faut sans doute rappeler que j’ai côtoyé pour la première fois en tant que reporter, un stade africain avec OPIANGAH comme Président de Ndzimba le 14 mars 98 dans le bouillant kumasi stadium en coupe de la CAF. Je fus très jeune reporter francophone noyé dans les 80.000 spectateurs en rouge et blanc pour cette chaude explication contre la mythique Ashanti kotoko locale. La suite est connue, un carton rouge au capitaine Ndomba Pierre à moins de l’heure de jeu et une défaite 0-2. HPO prenait là le rendez-vous avec l’histoire des grands dirigeants dans le football africain. Bref, le CF Mounana naîtra quelques années plus tard avec l’une des académies les mieux loties en termes des joueurs formés. Son histoire doit constituer une boussole d’une vie mouvementée par des périodes troubles. Mais, l’homme a souvent tiré son épingle du jeu. Je prends la responsabilité de contextualiser pour cerner le prétexte de cette sortie de façon factuelle. Son club, le CF Mounana qui a connu la phase des poules de la CAF il y’a quelques années répare en élite, pourtant il était forcément associé à ses ennuis. Certains y voyaient la chute de tout un patrimoine. Une sorte de seconde mort programmée. Mais c’était mal connaître HPO qui sait contourner un conflit de calendrier pour trouver quelques minutes et conclure un transfert pour l’exhumation d’un CF Mounana sous assistance respiratoire. Des moments de doutes et d’incertitudes il y’en a eu. Ils vont aussi lever le voile sur l’opportunisme de ses pseudo fidèles qui ont pris le large à la moindre difficulté, avides de toute notion de loyauté.Preuve que l’imposture a ses limites. Mais l’homme est sans doute façonné pour traverser des périodes qui finiront par nettoyer involontairement sa cour. En réalité, HPO est un très grand adepte de cette notion de Liberté au sens Sartrien. L’homme sera ce qu’il aura voulu être.Un homme entier et libre capable de changer son destin, très travailleur et d’une générosité inqualifiable. Plein des faits pour soutenir sa détermination même dans le football. Le souvenir de cette préparation physique, il y a deux décennies derrière, sous les ordres de Williams pour se transformer en buteur au FC 105 dans ce même national foot au stade Omnisport Président Bongo, alors qu’il était un vestige du milieu karatéka. Il a défié les footballeurs eux-mêmes au point de grignoter du temps de jeu en pointe et marquer les buts. Les Aigles de Belinga en savent quelque chose. Viendra s’ajouter sa posture de dirigeant atypique, présent sur le banc de touche, influent dans les choix tactiques à l’école du défunt Louis Nicollin de Montpellier, en fera un président pas comme les autres. Le football avait sans doute besoin de ces personnages aux élans iconoclastes dont la légitimité reposait en grande partie sur la passion et le chéquier. Les techniciens, noyés par la notoriété de l’homme, contenaient intérieurement leurs frustrations en rangeant leurs égos. « Sa présence ne me gêne pas » murmurait Kévin Ibinga comme s’il avait le choix. Le temps passe et la sagesse s’installe. HPO finira par rejoindre les tribunes et perpétuer ce qu’il a de plus cher le CF Mounana. Le nom du lieu de ses ancêtres qui s’est fait un trou dans la galaxie du football gabonais. Un soir à Idriss Ngari, il n’a pas que sauvé une saison, il a infligé une leçon de leadership à la jeune formation d’african stars united (3-0), pour atteindre les 24 points infranchissables. Là où Missiles fc peine à rebondir le CFM a fait un bref séjour. 28 ans après, Pierre Ndomba, l’un des fidèles du président fondateur, sur le banc des Mounanais, vient de se faire pardonner du rouge de kumasi. Le temps finit par remettre chacun à sa place.Le CFM revient en élite dans une opération de fierté qui a obligé son fondateur à démontrer s’il en était besoin, tout l’amour et tout le respect de l’histoire de ce club. Pablo MOUSSODJI NGOMA Journaliste
CAMES : Oligui Nguema devient la 20e personnalité de l’histoire à recevoir la plus haute distinction académique africaine
Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, est entré ce 23 juin 2026 dans l’histoire du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Réuni au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, l’organisme panafricain lui a décerné la dignité de Grand-Croix de l’Ordre International des Palmes Académiques (OPIA-CAMES), la plus haute distinction honorifique du monde universitaire africain. Avec cette élévation, le chef de l’État gabonais devient seulement la vingtième personnalité à recevoir cette prestigieuse récompense depuis la création de l’ordre. Une rareté qui souligne le caractère exceptionnel de cette reconnaissance réservée aux dirigeants et personnalités dont l’action contribue de manière significative au développement de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des élites africaines. La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses autorités politiques, universitaires et diplomatiques venues saluer une distinction qui figure parmi les plus prestigieuses du continent dans le domaine académique. À travers cette décision, le CAMES entend reconnaître les efforts engagés en faveur de la modernisation du système universitaire, du renforcement de la qualité de l’enseignement supérieur et de la promotion du savoir comme moteur du développement. Prenant la parole après la remise de ses insignes, Brice Clotaire Oligui Nguema a exprimé sa gratitude et son attachement aux valeurs de l’éducation et de la recherche. « Cette distinction est un honneur que je reçois avec humilité. Je la dédie à l’ensemble de la communauté universitaire gabonaise et africaine qui, chaque jour, œuvre à la transmission du savoir, à la recherche et à la formation des bâtisseurs de l’Afrique de demain », a-t-il déclaré. Le chef de l’État a également réaffirmé son engagement en faveur de la protection et de la modernisation du système d’enseignement supérieur gabonais, considérant l’éducation comme l’un des piliers essentiels de la transformation du pays. Au-delà de la reconnaissance personnelle, cette distinction consacre également la place croissante du Gabon dans les dynamiques académiques africaines. En rejoignant le cercle très fermé des vingt récipiendaires de la Grand-Croix de l’OPIA-CAMES, Brice Clotaire Oligui Nguema inscrit son nom dans une histoire institutionnelle marquée par l’excellence et la promotion du savoir sur le continent.
Patrimoine culturel immatériel : le Gabon forme 45 experts pour préserver sa mémoire collective
À l’heure où la mondialisation accélère l’uniformisation des cultures, le Gabon entend renforcer les mécanismes de préservation de son patrimoine immatériel. À Libreville, 45 professionnels de la culture, chercheurs et représentants des communautés viennent d’achever une formation dédiée à l’élaboration des inventaires du patrimoine culturel immatériel, un outil essentiel pour identifier, documenter et transmettre les savoirs qui fondent l’identité nationale. La sauvegarde du patrimoine culturel ne se limite plus à la conservation des monuments ou des objets historiques. Elle passe également par la protection des traditions orales, des rites, des savoir-faire artisanaux, des pratiques sociales et des expressions artistiques qui constituent l’héritage vivant des peuples. C’est dans cette perspective que le ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, a organisé du 15 au 19 juin à Libreville un atelier de formation consacré à l’élaboration des inventaires du patrimoine culturel immatériel. Menée avec l’appui de la République populaire de Chine, cette session de cinq jours a réuni 45 acteurs issus de différents horizons : professionnels de la culture, universitaires, chercheurs et représentants des communautés détentrices de traditions. L’objectif était de renforcer leurs capacités en matière d’identification, de collecte de données, de documentation et de classement du patrimoine culturel immatériel selon les standards définis par l’UNESCO. Au-delà de l’aspect technique, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à structurer la politique nationale de sauvegarde du patrimoine culturel. Dans de nombreux pays africains, la transmission intergénérationnelle de certaines pratiques traditionnelles est fragilisée par l’urbanisation, les mutations sociales et l’influence croissante des cultures mondialisées. Pour les autorités gabonaises, disposer d’experts capables d’inventorier et de documenter ces richesses constitue désormais une priorité. « Préserver le patrimoine immatériel, c’est préserver la mémoire des communautés et garantir sa transmission aux générations futures », résume un responsable culturel impliqué dans le programme. Derrière cette ambition se joue également un enjeu de rayonnement national. Un patrimoine mieux identifié et documenté peut favoriser sa reconnaissance internationale et ouvrir la voie à des inscriptions sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cette démarche répond également à des impératifs de développement culturel. Les savoir-faire traditionnels, les expressions artistiques et les pratiques coutumières représentent des ressources susceptibles de soutenir les industries culturelles, le tourisme et l’économie créative. Leur valorisation participe ainsi à la diversification des leviers de croissance tout en consolidant l’identité nationale. L’atelier a par ailleurs illustré la dynamique de coopération culturelle entre le Gabon et la Chine. L’appui apporté par Pékin à cette opération de renforcement des capacités témoigne de l’élargissement des partenariats bilatéraux à des domaines dépassant les seuls enjeux économiques ou infrastructurels. La culture apparaît désormais comme un terrain privilégié de dialogue et de coopération. La cérémonie de clôture, organisée le 19 juin à Libreville, a été marquée par la remise de parchemins aux 45 participants. Un symbole qui consacre leur engagement dans la préservation des héritages culturels du pays, mais aussi le début d’un travail de terrain appelé à se poursuivre dans les différentes provinces. À terme, l’enjeu pour le Gabon sera de transformer cette montée en compétence en une véritable politique d’inventaire national, capable de recenser et de protéger les nombreuses expressions culturelles qui composent la richesse du pays. Car dans un monde en mutation rapide, la sauvegarde du patrimoine immatériel est devenue autant une question de culture que de souveraineté.
Clôture de l’année scolaire : Kiddy Planet célèbre ses diplômés et confirme son ambition d’excellence
Remise de diplômes, distinctions académiques et célébration des performances des élèves ont marqué la cérémonie de clôture de l’année scolaire 2025-2026 du Groupe scolaire Kiddy Planet – ELITE International School. Une occasion pour l’établissement de mettre en lumière les résultats obtenus cette année et de réaffirmer son engagement en faveur d’une éducation d’excellence. L’émotion, la fierté et la reconnaissance étaient au rendez-vous lors de la traditionnelle cérémonie de fin d’année du Groupe scolaire Kiddy Planet – ELITE International School. Devant les parents, les enseignants et les invités venus nombreux, les élèves ont été célébrés pour leurs efforts et leurs réussites au terme d’une année scolaire marquée par de solides performances académiques et plusieurs avancées institutionnelles majeures. Moment particulièrement attendu, la graduation des élèves a constitué l’un des temps forts de cette cérémonie. Tour à tour, les récipiendaires ont reçu leurs diplômes sous les applaudissements des familles, symbolisant le franchissement d’une étape importante dans leur parcours scolaire. Une célébration qui s’inscrit dans la philosophie éducative de l’établissement, fondée sur l’accompagnement de chaque enfant dans son développement académique et personnel. Pour la fondatrice et directrice générale du groupe, Nissri Makarem Anguilet, cette cérémonie représente avant tout la consécration d’une année d’efforts collectifs. « Ce moment est celui de la célébration des réussites de nos élèves, du travail accompli et du chemin parcouru ensemble », a-t-elle déclaré, saluant l’engagement des équipes pédagogiques ainsi que la confiance renouvelée des parents. Les résultats enregistrés au cours de l’année 2025-2026 témoignent de cette dynamique positive. Selon les responsables de l’établissement, les performances académiques des élèves confirment la pertinence du projet éducatif mis en œuvre, notamment à travers l’approche Montessori et les méthodes d’apprentissage centrées sur l’épanouissement de l’enfant. Le président du Conseil d’administration, Jean Bosco Ndjounga, s’est félicité de ce bilan qu’il juge particulièrement encourageant. « L’année académique 2025-2026 a été marquée par des résultats positifs et par la graduation de l’ensemble des récipiendaires. Ces performances traduisent le sérieux du travail réalisé par les élèves et les enseignants tout au long de l’année », a-t-il souligné. Au-delà des résultats scolaires, cette fin d’année consacre également une étape importante dans le développement de l’établissement. Kiddy Planet a officiellement intégré le Programme Primaire du Baccalauréat International (IB PYP) et renforcé son offre éducative avec l’ouverture d’ELITE International School, permettant désormais aux élèves de poursuivre leur cursus de la maternelle jusqu’à la terminale dans un environnement pédagogique cohérent. Pour les dirigeants du groupe, cette évolution vise à offrir aux apprenants un cadre de formation capable de répondre aux exigences d’un monde en pleine transformation. Innovation, technologies numériques, bilinguisme et ouverture internationale figurent désormais parmi les axes structurants du projet éducatif. Alors que les élèves s’apprêtent à profiter de leurs vacances, cette cérémonie de clôture a surtout permis de mesurer le chemin parcouru au cours de l’année écoulée. Entre succès académiques, remises de diplômes et nouvelles perspectives de développement, le Groupe scolaire Kiddy Planet – ELITE International School clôture l’exercice 2025-2026 sur une note positive et affiche sa volonté de poursuivre son ambition : former des citoyens ouverts sur le monde, capables de relever les défis de demain.
Face à l’ONU, le Gabon met en avant ses progrès en matière de gouvernance
À partir du 29 juin, le Gabon accueillera une mission d’experts de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) chargée d’évaluer les progrès réalisés dans la prévention de la corruption et le recouvrement des avoirs illicites. Une étape importante pour un pays engagé dans une réforme de sa gouvernance publique et soucieux de renforcer sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux. L’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple exercice administratif. Cette mission doit permettre d’apprécier la capacité du pays à prévenir les actes de corruption et à renforcer les mécanismes destinés à récupérer les avoirs détournés, deux piliers considérés comme essentiels dans les stratégies modernes de gouvernance publique. Le Gabon est signataire de la Convention des Nations unies contre la corruption depuis 2007. À ce titre, il participe au mécanisme international d’examen destiné à mesurer le niveau d’application des engagements pris par les États parties. Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, Séraphin Ondoumba, commissaire membre, point focal du Gabon auprès de l’ONUDC et expert gouvernemental, rappelle que le premier cycle d’évaluation avait essentiellement porté sur les dispositifs répressifs et les mécanismes de criminalisation des actes de corruption. Cette nouvelle phase, ouverte depuis plusieurs années au niveau international, se concentre désormais sur les mesures préventives et le recouvrement des avoirs issus de pratiques illicites. « Le deuxième cycle d’examen, qui a débuté en 2015, met l’accent sur la mise en œuvre des chapitres II et V de la Convention », explique-t-il. L’exercice intervient après la transmission, le 30 novembre 2025, du rapport national d’auto-évaluation élaboré par les autorités gabonaises. La visite des experts venus du Tchad et de la Libye constitue désormais la phase de dialogue direct, au cours de laquelle les informations fournies par le pays seront confrontées aux réalités institutionnelles et opérationnelles observées sur le terrain. Pour les autorités gabonaises, cette mission représente l’occasion de démontrer les progrès accomplis dans le renforcement du cadre normatif et institutionnel de lutte contre la corruption. Les experts internationaux examineront notamment l’existence de mécanismes de prévention, la transparence dans la gestion publique, les dispositifs de contrôle administratif ainsi que la coopération entre les différentes institutions concernées. « Cette étape vise à recueillir des informations complémentaires qui permettront aux États examinateurs d’acquérir une compréhension plus approfondie des efforts déployés par le Gabon », souligne Séraphin Ondoumba. L’un des principaux défis réside toutefois dans la capacité à transformer les dispositions juridiques en résultats tangibles. Car si plusieurs pays africains ont renforcé leur arsenal législatif ces dernières années, les évaluations internationales montrent régulièrement que la question de l’application effective des mesures demeure un point sensible. Pour Libreville, l’enjeu est donc autant institutionnel que politique : démontrer que les mécanismes de prévention fonctionnent réellement et qu’ils contribuent à réduire les risques de détournement de ressources publiques. L’autre axe majeur de l’évaluation concerne le recouvrement des avoirs, sujet devenu central dans les politiques internationales de lutte contre la corruption. Cette question touche à la capacité des États à identifier, localiser et récupérer les fonds ou biens acquis illégalement puis transférés, parfois hors des frontières nationales. Elle implique une coopération étroite avec les juridictions étrangères, les institutions financières et les organismes spécialisés. Dans un contexte où de nombreux pays cherchent à renforcer la traçabilité des flux financiers et à lutter contre les circuits illicites, les résultats de cette évaluation pourraient également servir de base à de futures coopérations techniques avec les agences internationales. « Cet exercice vise également à identifier les besoins en matière d’assistance technique afin d’améliorer la mise en œuvre de la Convention », indique le point focal gabonais auprès de l’ONUDC. Au-delà des aspects techniques, cette mission intervient dans un contexte où les questions de transparence et de bonne gouvernance occupent une place croissante dans les critères d’évaluation des bailleurs internationaux, des institutions financières et des investisseurs. Pour le Gabon, qui cherche à diversifier son économie et à attirer davantage de capitaux privés, l’amélioration des standards de gouvernance constitue un levier stratégique. Les mécanismes de lutte contre la corruption sont désormais perçus comme des indicateurs de stabilité institutionnelle et de sécurité juridique. Selon Séraphin Ondoumba, le mécanisme d’examen offre plusieurs avantages, parmi lesquels le renforcement du cadre juridique, l’amélioration de la coordination nationale, le partage d’expériences internationales et le développement de la coopération technique. Cette dynamique s’inscrit également dans la volonté affichée des autorités de moderniser l’administration publique et d’accroître la transparence dans la gestion des affaires de l’État. À quelques jours de l’arrivée des experts internationaux, les attentes sont importantes. Plus qu’un simple contrôle de conformité, cette évaluation apparaît comme un test de crédibilité pour les institutions gabonaises et leur capacité à inscrire durablement la lutte contre la corruption dans les pratiques de gouvernance. Séraphin Ondoumba souligne d’ailleurs que l’organisation de cette mission bénéficie de l’appui des plus hautes autorités de l’État. « C’est par la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, que le gouvernement a décidé de nous accompagner dans la tenue de ce deuxième examen », affirme-t-il. Au terme de la visite, les conclusions des experts permettront de mesurer les avancées réalisées depuis la précédente évaluation et d’identifier les chantiers restant à accomplir. Pour le Gabon, l’enjeu sera alors de transformer les recommandations attendues en réformes concrètes, condition essentielle pour renforcer durablement la confiance des citoyens comme celle des partenaires internationaux.
Poste Bank : après neuf ans d’attente, Oligui Nguema lance le remboursement des épargnants spoliés
Neuf ans après la faillite de Poste Bank, qui avait laissé des milliers de Gabonais sans accès à leurs économies, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement donné le coup d’envoi, vendredi à Libreville, de la première phase de remboursement des épargnants victimes de ce qui demeure l’un des plus importants scandales financiers de l’histoire récente du Gabon. La cérémonie, organisée en fin d’après-midi, marque une étape très attendue par des milliers de familles dont les avoirs étaient gelés depuis 2017 à la suite de la disparition de Poste Bank, filiale financière de la Poste gabonaise. Durant des années, les victimes ont multiplié les démarches, les revendications et les appels aux autorités, dans un climat d’incertitude alimenté par l’absence de communication claire sur l’évolution du dossier. Cette première vague de remboursement concerne près de 9 000 épargnants ayant participé à l’opération d’identification récemment organisée par les services de la Poste. Le chef de l’État a symboliquement remis les bons de caisse aux bénéficiaires dont les dépôts n’excèdent pas cinq millions de francs CFA, ouvrant ainsi la voie aux paiements effectifs prévus ce samedi et dimanche dans l’ensemble des bureaux de poste du pays. Pour de nombreux bénéficiaires, ce remboursement représente bien plus qu’une simple restitution financière. Il constitue l’aboutissement d’une attente qui semblait interminable. Depuis la faillite de l’établissement bancaire, des milliers de clients avaient vu leurs projets de vie suspendus, leurs économies devenant inaccessibles du jour au lendemain. Les autorités postales ont toutefois précisé que cette opération ne concerne pas les personnes n’ayant pas pris part à la dernière campagne d’identification. Une nouvelle phase sera organisée à leur intention afin de permettre une prise en charge progressive de l’ensemble des victimes recensées. Selon les chiffres avancés par le liquidateur, près de 18 000 épargnants auraient été touchés par la faillite de Poste Bank, pour un montant total estimé à environ 30 milliards de francs CFA. Une crise dont les conséquences sociales ont profondément marqué le pays et nourri, pendant plusieurs années, un sentiment de frustration et d’abandon chez les déposants. Longtemps considéré comme un dossier sensible, le contentieux Poste Bank a régulièrement alimenté les critiques contre les pouvoirs publics en raison du manque d’informations disponibles sur l’état réel des créances et les perspectives de remboursement. L’absence de données officielles détaillées a entretenu les interrogations autour de la gestion de cette faillite et de ses responsabilités. En lançant cette première opération de remboursement, le président Brice Clotaire Oligui Nguema pose un acte à forte portée sociale et politique. Pour les milliers de Gabonais concernés, l’événement marque surtout la fin d’une longue période d’incertitude et le début d’une réparation attendue depuis près d’une décennie. Si cette première phase suscite un réel soulagement, les regards restent désormais tournés vers les prochaines échéances afin que l’ensemble des victimes puisse, à son tour, récupérer les économies perdues dans l’effondrement de Poste Bank.
Enseignement supérieur : Oligui Nguema distingué par la plus haute récompense du CAMES
L’Université Omar Bongo (UOB) mettra ses activités entre parenthèses le 23 juin prochain. En cause : la cérémonie d’élévation du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à la dignité de Grand-Croix de l’Ordre international des Palmes académiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), la plus haute distinction décernée par cette institution panafricaine. L’annonce a été faite à travers une note du rectorat datée du 18 juin et signée par le secrétaire général de l’établissement, Steeve Robert Renombo. Le document informe la communauté universitaire de la suspension des activités administratives et pédagogiques afin de permettre une mobilisation massive des étudiants, enseignants et personnels autour de cet événement prévu au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, à Libreville. Cette décision intervient dans un contexte particulier. Le Gabon accueille en effet la 43ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres du CAMES, organisée du 15 au 19 juin dans la capitale. Quelques jours après la clôture de ces travaux, l’organisation académique panafricaine a choisi de distinguer le chef de l’État gabonais en lui attribuant sa plus prestigieuse récompense honorifique. La dignité de Grand-Croix constitue le sommet de la hiérarchie protocolaire de l’Ordre international des Palmes académiques du CAMES. Elle surplombe les grades de Chevalier, Officier, Commandeur et Grand Officier. Cette distinction est réservée aux personnalités ayant apporté une contribution exceptionnelle au développement de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la coopération universitaire sur le continent africain. En recevant cette décoration, Brice Clotaire Oligui Nguema rejoint un cercle restreint de chefs d’État africains déjà honorés par le CAMES. Parmi eux figurent le président congolais Denis Sassou-Nguesso, le Nigérien Issoufou Mahamadou, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Centrafricain Faustin Archange Touadéra ainsi que, plus récemment, le président guinéen Mamadi Doumbouya. Pour justifier cette distinction, le CAMES met en avant plusieurs réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir du président gabonais. L’institution cite notamment le programme de réhabilitation des universités évalué à 13 milliards de FCFA, l’initiative « Un étudiant, un ordinateur », la création de nouvelles filières de formation, notamment dans les domaines de la médecine et de la médecine vétérinaire, ainsi que la prolongation de cinq années de l’âge de départ à la retraite des enseignants de catégorie A. Au-delà du caractère honorifique de la distinction, la suspension des cours et des activités administratives à l’UOB traduit la volonté des autorités académiques et publiques de donner un éclat particulier à cette reconnaissance internationale. La mesure souligne l’importance symbolique accordée à l’événement dans le paysage universitaire national. Elle soulève toutefois une interrogation de fond : jusqu’où la célébration d’une distinction institutionnelle peut-elle justifier l’interruption du fonctionnement normal d’une université publique ? Entre hommage à un chef d’État et impératif de continuité du service public de l’enseignement supérieur, le choix opéré par l’UOB alimente déjà le débat au sein de la communauté académique.
Guinness Slam Tour 2026 : la compétition sort de Libreville pour conquérir tout le Gabon
Le slam gabonais change de dimension. Après une première édition couronnée de succès dans la capitale, le Guinness Slam Tour franchit un nouveau cap en 2026 en étendant sa scène à plusieurs provinces du pays. Lancée officiellement mercredi au Musée National de Libreville par la Société des boissons rafraîchissantes, à travers sa marque Guinness, et l’agence d’ingénierie culturelle Black History Arts, cette deuxième édition entend faire émerger les nouvelles voix de la poésie urbaine gabonaise. Parrainée par Franck Noël Makosso, plus connu dans l’univers du slam sous le nom de « Master No », la compétition débutera le 20 juin prochain avec un objectif clair : révéler les talents capables de transformer les mots en émotions et les textes en véritables prises de parole citoyennes. À la clé, une récompense d’un million de francs CFA destinée au vainqueur qui saura séduire le jury par la force de son écriture, son interprétation et son engagement artistique. La principale innovation de cette édition réside dans son ouverture à l’ensemble du territoire national. Pendant près de deux mois, une caravane culturelle parcourra quatre provinces stratégiques abritant les principaux centres industriels du partenaire brassicole. Les étapes de Port-Gentil, Mouila, Oyem et Franceville accueilleront respectivement les compétitions les 20 et 27 juin, puis les 4 et 11 juillet. À chaque escale, dix slameurs monteront sur scène pour défendre leur talent. Un seul candidat sera retenu afin de représenter sa localité lors de la grande finale nationale prévue le 8 août à Libreville. Une formule qui transforme le concours en véritable championnat national du slam et offre aux artistes de l’intérieur du pays une visibilité inédite. Après cette tournée provinciale, le Guinness Slam Tour investira le Grand Libreville à partir du 16 juillet. Les six arrondissements de la capitale ainsi que les communes d’Akanda, Owendo et Ntoum accueilleront tour à tour les différentes étapes de sélection. Un marathon artistique qui promet de faire vibrer les quartiers au rythme des mots, des performances et de la créativité. Fidèle à l’esprit originel du slam, né en 1984 dans un bar de Chicago, l’événement privilégiera les lieux de proximité. Les compétitions se dérouleront dans des espaces de convivialité et des bars partenaires, transformés pour l’occasion en scènes d’expression populaire où la parole devient spectacle et vecteur de lien social. Les organisateurs entendent également mettre en valeur les identités culturelles locales. Des artistes reconnus, originaires des provinces visitées, accompagneront la caravane afin de promouvoir la diversité linguistique gabonaise. Des figures comme Tiss Warren Jazz à Port-Gentil ou encore F.A.N.G à Oyem contribueront notamment à encourager l’utilisation et la traduction des textes en langues locales, renforçant ainsi l’ancrage culturel du concours. Les inscriptions sont déjà ouvertes sur la plateforme officielle de Black History Arts. Les candidats seront évalués à travers trois textes distincts, dont les notes cumulées détermineront leur classement. Une formule qui récompense autant la régularité que l’excellence artistique. À travers cette deuxième édition, le Guinness Slam Tour affiche une ambition assumée : faire du slam un véritable mouvement culturel national. Le rendez-vous est désormais fixé au 8 août 2026 à Libreville, où les meilleurs orateurs du pays tenteront de décrocher le titre de champion national et d’inscrire leur nom parmi les nouvelles références de la scène culturelle gabonaise.
Datacenter souverain de Nkok : le Gabon veut reprendre le contrôle de ses données stratégiques
À quelques jours de l’inauguration officielle du Datacenter Souverain Tier III de Nkok, prévue le 30 juin prochain, le Gabon affiche ses ambitions dans la course à la souveraineté numérique. Lors d’une conférence de presse organisée par ST Digital Africa, les autorités et les acteurs du secteur ont présenté cette infrastructure comme un levier majeur pour sécuriser les données nationales et accélérer la transformation digitale du pays. La rencontre a réuni les responsables de ST Digital Africa, les professionnels des médias ainsi que les représentants du ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation. Ensemble, ils ont détaillé les enjeux liés à la mise en service de ce centre de données de dernière génération, appelé à devenir l’un des piliers de l’écosystème numérique gabonais. Au cœur des échanges, une question stratégique : celle de la maîtrise des données. Longtemps hébergées à l’étranger, les données produites par les administrations, les entreprises et les citoyens africains échappent souvent au contrôle direct des États. Avec le Datacenter Souverain de Nkok, le Gabon entend inverser cette tendance en offrant une infrastructure capable d’assurer l’hébergement local et sécurisé des informations sensibles. Les responsables du projet ont également mis en avant les opportunités qu’offre cette infrastructure pour le développement de l’intelligence artificielle, du cloud computing et des services numériques à forte valeur ajoutée. Dans un contexte où les données constituent une ressource stratégique comparable aux matières premières, la capacité à les stocker, les protéger et les exploiter localement apparaît comme un enjeu de compétitivité et d’indépendance. Au-delà de la seule dimension technologique, le Datacenter de Nkok s’inscrit dans une vision plus large de transformation économique. Les autorités gabonaises ambitionnent de faire du pays un hub numérique régional capable d’attirer les investissements, de soutenir l’innovation et de renforcer son influence en Afrique centrale. À travers cette infrastructure certifiée Tier III, le Gabon franchit ainsi une nouvelle étape dans sa stratégie de digitalisation. Un projet qui traduit la volonté des pouvoirs publics de bâtir une économie davantage tournée vers les technologies du futur, tout en consolidant un impératif devenu central pour les États : la souveraineté sur leurs données et leurs infrastructures numériques.