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Face à l’ONU, le Gabon met en avant ses progrès en matière de gouvernance

À partir du 29 juin, le Gabon accueillera une mission d’experts de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) chargée d’évaluer les progrès réalisés dans la prévention de la corruption et le recouvrement des avoirs illicites. Une étape importante pour un pays engagé dans une réforme de sa gouvernance publique et soucieux de renforcer sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux.

L’enjeu dépasse largement le cadre d’un simple exercice administratif. Cette mission doit permettre d’apprécier la capacité du pays à prévenir les actes de corruption et à renforcer les mécanismes destinés à récupérer les avoirs détournés, deux piliers considérés comme essentiels dans les stratégies modernes de gouvernance publique.

Le Gabon est signataire de la Convention des Nations unies contre la corruption depuis 2007. À ce titre, il participe au mécanisme international d’examen destiné à mesurer le niveau d’application des engagements pris par les États parties.

Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, Séraphin Ondoumba, commissaire membre, point focal du Gabon auprès de l’ONUDC et expert gouvernemental, rappelle que le premier cycle d’évaluation avait essentiellement porté sur les dispositifs répressifs et les mécanismes de criminalisation des actes de corruption. Cette nouvelle phase, ouverte depuis plusieurs années au niveau international, se concentre désormais sur les mesures préventives et le recouvrement des avoirs issus de pratiques illicites.

« Le deuxième cycle d’examen, qui a débuté en 2015, met l’accent sur la mise en œuvre des chapitres II et V de la Convention », explique-t-il.

L’exercice intervient après la transmission, le 30 novembre 2025, du rapport national d’auto-évaluation élaboré par les autorités gabonaises. La visite des experts venus du Tchad et de la Libye constitue désormais la phase de dialogue direct, au cours de laquelle les informations fournies par le pays seront confrontées aux réalités institutionnelles et opérationnelles observées sur le terrain.

Pour les autorités gabonaises, cette mission représente l’occasion de démontrer les progrès accomplis dans le renforcement du cadre normatif et institutionnel de lutte contre la corruption. Les experts internationaux examineront notamment l’existence de mécanismes de prévention, la transparence dans la gestion publique, les dispositifs de contrôle administratif ainsi que la coopération entre les différentes institutions concernées.

« Cette étape vise à recueillir des informations complémentaires qui permettront aux États examinateurs d’acquérir une compréhension plus approfondie des efforts déployés par le Gabon », souligne Séraphin Ondoumba.

L’un des principaux défis réside toutefois dans la capacité à transformer les dispositions juridiques en résultats tangibles. Car si plusieurs pays africains ont renforcé leur arsenal législatif ces dernières années, les évaluations internationales montrent régulièrement que la question de l’application effective des mesures demeure un point sensible.

Pour Libreville, l’enjeu est donc autant institutionnel que politique : démontrer que les mécanismes de prévention fonctionnent réellement et qu’ils contribuent à réduire les risques de détournement de ressources publiques.

L’autre axe majeur de l’évaluation concerne le recouvrement des avoirs, sujet devenu central dans les politiques internationales de lutte contre la corruption.

Cette question touche à la capacité des États à identifier, localiser et récupérer les fonds ou biens acquis illégalement puis transférés, parfois hors des frontières nationales. Elle implique une coopération étroite avec les juridictions étrangères, les institutions financières et les organismes spécialisés.

Dans un contexte où de nombreux pays cherchent à renforcer la traçabilité des flux financiers et à lutter contre les circuits illicites, les résultats de cette évaluation pourraient également servir de base à de futures coopérations techniques avec les agences internationales.

« Cet exercice vise également à identifier les besoins en matière d’assistance technique afin d’améliorer la mise en œuvre de la Convention », indique le point focal gabonais auprès de l’ONUDC.

Au-delà des aspects techniques, cette mission intervient dans un contexte où les questions de transparence et de bonne gouvernance occupent une place croissante dans les critères d’évaluation des bailleurs internationaux, des institutions financières et des investisseurs.

Pour le Gabon, qui cherche à diversifier son économie et à attirer davantage de capitaux privés, l’amélioration des standards de gouvernance constitue un levier stratégique. Les mécanismes de lutte contre la corruption sont désormais perçus comme des indicateurs de stabilité institutionnelle et de sécurité juridique.

Selon Séraphin Ondoumba, le mécanisme d’examen offre plusieurs avantages, parmi lesquels le renforcement du cadre juridique, l’amélioration de la coordination nationale, le partage d’expériences internationales et le développement de la coopération technique.

Cette dynamique s’inscrit également dans la volonté affichée des autorités de moderniser l’administration publique et d’accroître la transparence dans la gestion des affaires de l’État.

À quelques jours de l’arrivée des experts internationaux, les attentes sont importantes. Plus qu’un simple contrôle de conformité, cette évaluation apparaît comme un test de crédibilité pour les institutions gabonaises et leur capacité à inscrire durablement la lutte contre la corruption dans les pratiques de gouvernance.

Séraphin Ondoumba souligne d’ailleurs que l’organisation de cette mission bénéficie de l’appui des plus hautes autorités de l’État. « C’est par la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, que le gouvernement a décidé de nous accompagner dans la tenue de ce deuxième examen », affirme-t-il.

Au terme de la visite, les conclusions des experts permettront de mesurer les avancées réalisées depuis la précédente évaluation et d’identifier les chantiers restant à accomplir. Pour le Gabon, l’enjeu sera alors de transformer les recommandations attendues en réformes concrètes, condition essentielle pour renforcer durablement la confiance des citoyens comme celle des partenaires internationaux.

GuenolePXR

GuenolePXR

Redacteur Medias241

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