L’annonce a été faite à travers une note du rectorat datée du 18 juin et signée par le secrétaire général de l’établissement, Steeve Robert Renombo. Le document informe la communauté universitaire de la suspension des activités administratives et pédagogiques afin de permettre une mobilisation massive des étudiants, enseignants et personnels autour de cet événement prévu au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, à Libreville.
Cette décision intervient dans un contexte particulier. Le Gabon accueille en effet la 43ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres du CAMES, organisée du 15 au 19 juin dans la capitale. Quelques jours après la clôture de ces travaux, l’organisation académique panafricaine a choisi de distinguer le chef de l’État gabonais en lui attribuant sa plus prestigieuse récompense honorifique.
La dignité de Grand-Croix constitue le sommet de la hiérarchie protocolaire de l’Ordre international des Palmes académiques du CAMES. Elle surplombe les grades de Chevalier, Officier, Commandeur et Grand Officier. Cette distinction est réservée aux personnalités ayant apporté une contribution exceptionnelle au développement de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la coopération universitaire sur le continent africain.
En recevant cette décoration, Brice Clotaire Oligui Nguema rejoint un cercle restreint de chefs d’État africains déjà honorés par le CAMES. Parmi eux figurent le président congolais Denis Sassou-Nguesso, le Nigérien Issoufou Mahamadou, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le Centrafricain Faustin Archange Touadéra ainsi que, plus récemment, le président guinéen Mamadi Doumbouya.
Pour justifier cette distinction, le CAMES met en avant plusieurs réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir du président gabonais. L’institution cite notamment le programme de réhabilitation des universités évalué à 13 milliards de FCFA, l’initiative « Un étudiant, un ordinateur », la création de nouvelles filières de formation, notamment dans les domaines de la médecine et de la médecine vétérinaire, ainsi que la prolongation de cinq années de l’âge de départ à la retraite des enseignants de catégorie A.
Au-delà du caractère honorifique de la distinction, la suspension des cours et des activités administratives à l’UOB traduit la volonté des autorités académiques et publiques de donner un éclat particulier à cette reconnaissance internationale. La mesure souligne l’importance symbolique accordée à l’événement dans le paysage universitaire national.
Elle soulève toutefois une interrogation de fond : jusqu’où la célébration d’une distinction institutionnelle peut-elle justifier l’interruption du fonctionnement normal d’une université publique ? Entre hommage à un chef d’État et impératif de continuité du service public de l’enseignement supérieur, le choix opéré par l’UOB alimente déjà le débat au sein de la communauté académique.

