Électricité : Immongault mise sur 73 milliards FCFA pour corriger les déficits en 100 jours
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a dévoilé le 9 février la feuille de route des cent premiers jours de l’équipe gouvernementale, lors de l’émission « Le gouvernement s’exprime » diffusée sur Gabon 24. Cet exercice inaugural, conduit par la directrice générale de la chaîne, Laetitia Ngalibika, se veut un cadre de redevabilité destiné à exposer les priorités immédiates de l’exécutif et à préciser leurs retombées concrètes sur le quotidien des Gabonais. Au cœur de cette intervention, un chiffre a retenu l’attention : 73 milliards de francs CFA annoncés pour le secteur de l’électricité. Cette enveloppe, selon Hermann Immongault, doit permettre de combler les déficits structurels et de poser les bases d’un accès universel à l’énergie à l’issue des cent premiers jours. L’objectif affiché est ambitieux dans un contexte où les coupures récurrentes et l’insuffisance de la desserte pèsent lourdement sur les ménages comme sur l’activité économique. Le volet eau figure également parmi les urgences mises en avant. Une dotation de 23 milliards de francs CFA est prévue pour financer 17 projets liés à la production, à la distribution et au transport de l’eau potable. À cela s’ajoute l’acquisition de 60 000 compteurs, présentée comme une étape clé pour améliorer la gestion du réseau et l’accès des foyers à un service régulier. Ces investissements ciblent un secteur où les inégalités territoriales et les défaillances techniques alimentent depuis des années le mécontentement des usagers. Au-delà de ces mesures sectorielles, le vice-président du gouvernement a insisté sur la méthode. Il a évoqué la nécessité de cohérence entre les orientations présidentielles et l’action gouvernementale, avec une obligation de résultats dans des délais courts. Six priorités structurent ainsi la feuille de route : l’eau et l’électricité, accompagnées d’une réforme du secteur, l’entrepreneuriat des jeunes, le logement et les infrastructures numériques, l’économie durable, la gouvernance et le capital humain adossé à une exigence de justice sociale. Cette stratégie repose sur une articulation entre « temps court » et « temps long ». Les cent premiers jours doivent répondre aux urgences sociales, notamment l’accès aux services de base et la pression sur le panier de la ménagère. En parallèle, l’exécutif inscrit son action dans une perspective de transformation structurelle sur la durée du mandat, avec une insistance marquée sur la souveraineté économique. Celle-ci passe, selon Hermann Immongault, par la transformation locale des ressources minières, du bois et des produits halieutiques, ainsi que par la dénonciation de l’accord de pêche avec l’Union européenne. La décentralisation constitue un autre pilier de cette feuille de route. Le transfert annoncé de 180 compétences et des ressources correspondantes vers les collectivités locales vise à réduire les disparités territoriales et à favoriser un développement plus inclusif. Reste désormais l’épreuve de la mise en œuvre. En choisissant de détailler publiquement ses engagements chiffrés dès les premières semaines, le gouvernement s’expose à une attente forte de résultats, notamment sur l’électricité, où les 73 milliards de francs CFA annoncés sont appelés à se traduire rapidement dans la vie quotidienne des populations.
« Le chic, le choc, l’échec » : quand l’audiovisuel gabonais décroche sa consécration internationale
Le 10 février 2026 marque un tournant pour la création audiovisuelle gabonaise. Ce jour-là, à Paris, la série « Le chic, le choc, l’échec » du réalisateur Jérémie Tchoua a été distinguée aux 31ᵉ Lauriers de l’audiovisuel dans la catégorie « Francophonie du Sud ». Une reconnaissance majeure pour une production venue du Gabon, qui s’impose pour la première fois dans l’histoire de cette cérémonie française dédiée à l’excellence des contenus audiovisuels et radiophoniques. Diffusée sur TV5Monde, la série s’est fait remarquer par son approche frontale de plusieurs réalités sociales contemporaines. Les scénarios abordent notamment les maladies sexuellement transmissibles, l’employabilité des jeunes et d’autres problématiques qui traversent les sociétés africaines urbaines. En choisissant un ton à la fois narratif et engagé, l’œuvre s’inscrit dans une dynamique où la fiction devient un vecteur de sensibilisation, sans renoncer aux exigences artistiques. Créés pour valoriser la créativité, le talent et l’engagement des professionnels du secteur, les Lauriers de l’audiovisuel mettent en avant des œuvres qui contribuent à la diversité culturelle de l’espace francophone. Dans ce contexte, la distinction attribuée à « Le chic, le choc, l’échec » dépasse le simple cadre d’un prix. Elle consacre une production issue d’un pays encore peu représenté dans les grands circuits internationaux de diffusion et de récompenses. La portée symbolique est d’autant plus forte qu’en 31 années d’existence de la cérémonie, aucune série gabonaise n’avait encore été primée. Pour Jérémie Tchoua, il s’agit également d’une première reconnaissance hors du continent africain, tout comme pour la productrice Florine Meynadier épouse Tchoua. Sur les réseaux sociaux, le réalisateur a exprimé sa fierté en saluant le parcours de son pays et de son équipe, soulignant la dimension collective de cette réussite. Cette récompense s’inscrit dans un mouvement plus large de montée en visibilité du cinéma et des séries gabonaises. Après les distinctions obtenues récemment par le réalisateur Melchy Obiang, ce nouveau trophée renforce la crédibilité d’un secteur culturel en quête de structuration et de reconnaissance. Il témoigne aussi de la capacité des créateurs gabonais à produire des contenus compétitifs, capables de circuler sur des chaînes internationales et de toucher un public élargi. Portée par cet élan, la production a déjà lancé la deuxième saison de la série. L’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance ponctuelle en dynamique durable pour l’ensemble de la filière, de la formation des talents à la distribution des œuvres. À travers « Le chic, le choc, l’échec », c’est l’image d’un Gabon créatif, conscient de ses réalités sociales et résolument tourné vers l’international, qui s’affirme sur la scène audiovisuelle francophone.
AUDA-NEPAD : l’Afrique accélère son agenda de transformation, le Gabon réaffirme ses priorités
Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris part mardi 10 février 2026 à la 43ᵉ session de l’AUDA-NEPAD, organisée en visioconférence. Cette réunion de haut niveau a rassemblé plusieurs chefs d’État et de gouvernement autour des grandes orientations stratégiques de l’Agence de développement de l’Union africaine, considérée comme le bras opérationnel de l’organisation continentale en matière de développement. Au cœur des échanges figurait l’accélération de la mise en œuvre de l’Agenda 2063, feuille de route de l’Union africaine pour bâtir un continent intégré, prospère et pacifié. Les dirigeants ont insisté sur la nécessité de passer d’engagements politiques à des résultats concrets, dans un contexte marqué par les pressions économiques mondiales, la vulnérabilité climatique et les défis persistants en matière d’industrialisation. La transformation structurelle des économies africaines a occupé une place centrale dans les discussions. Les participants ont mis en avant le développement d’infrastructures régionales intégrées comme levier prioritaire pour stimuler les échanges intra-africains et renforcer la compétitivité du continent. Routes, corridors ferroviaires, interconnexions énergétiques et infrastructures numériques ont été présentés comme des piliers indispensables à l’intégration économique. Les chefs d’État ont également souligné l’importance de l’industrialisation et de la transformation locale des ressources naturelles. L’objectif affiché est de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes et de créer davantage de valeur ajoutée sur le continent, génératrice d’emplois et de recettes fiscales. Cette orientation s’accompagne d’un appel à la mobilisation de financements innovants et durables, afin de pallier la contraction des ressources extérieures traditionnelles. Dans son intervention, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé les axes stratégiques du Gabon en matière de développement. Le chef de l’État a notamment mis en avant la diversification économique, présentée comme un impératif pour réduire la dépendance aux secteurs extractifs, ainsi que la valorisation durable des ressources naturelles, en cohérence avec les engagements environnementaux du pays. Le président gabonais a également insisté sur le renforcement du capital humain, à travers l’éducation, la formation professionnelle et l’amélioration des compétences, considérées comme des conditions essentielles à la réussite de toute politique d’industrialisation. Il a par ailleurs évoqué l’alignement des politiques nationales sur les instruments continentaux, soulignant la volonté du Gabon d’inscrire ses réformes dans une dynamique africaine coordonnée. À l’issue de cette session, le Gabon a réaffirmé son attachement aux idéaux panafricains et sa volonté de contribuer activement à la construction d’une Afrique plus intégrée et résiliente. Dans un environnement international incertain, l’AUDA-NEPAD apparaît plus que jamais comme un cadre stratégique pour traduire les ambitions continentales en programmes concrets, dont la réussite dépendra autant de la coordination politique que de la capacité des États à mobiliser des ressources et à conduire des réformes structurelles.
IPC 2025 : avec 29/100 et une 135e place mondiale, le Gabon reste parmi les pays les plus corrompus
Le dernier classement mondial de Transparency International agit comme un rappel brutal à la réalité. Publié le 10 février 2026, l’Indice de perception de la corruption 2025 attribue au Gabon un score de 29 sur 100. Plus la note est basse, plus la corruption dans le secteur public est perçue comme élevée. Avec ce résultat, le pays se classe 135e sur 182 États évalués, restant solidement ancré parmi les nations considérées comme fortement corrompues. Pour bien comprendre, la barre des 50 points est souvent vue comme un seuil symbolique. Au-dessus, les pays sont perçus comme ayant un certain contrôle sur la corruption. En dessous, les problèmes sont jugés profonds et systémiques. Avec 29, le Gabon se situe très loin de cette zone de stabilité. Cela signifie concrètement que, dans l’esprit des experts, des investisseurs et des institutions internationales, les risques de détournements de fonds publics, de favoritisme dans les marchés de l’État ou d’abus de pouvoir restent élevés. Ce score n’est pas seulement mauvais, il est surtout révélateur d’une stagnation inquiétante. Il y a dix ans, en 2015, le Gabon affichait déjà 29 sur 100, exactement le même niveau qu’aujourd’hui. Une décennie plus tard, malgré les discours sur les réformes, la perception internationale n’a pas évolué. Cette absence de progrès traduit des faiblesses structurelles : manque de transparence dans la gestion de l’argent public, institutions de contrôle insuffisamment indépendantes et culture d’impunité longtemps installée au sommet de l’État. Le coup d’État d’août 2023, qui a mis fin à plus d’un demi-siècle de pouvoir concentré entre les mains d’une même famille, avait pourtant suscité l’espoir d’un tournant. Le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a affiché la lutte contre la corruption comme priorité. La réactivation de la Commission nationale des marchés publics, après des audits ayant révélé d’importantes surfacturations, fait partie des signaux jugés encourageants. Mais pour Transparency International, ces mesures restent récentes et encore insuffisantes pour changer une image dégradée depuis longtemps. Le contexte africain n’aide pas non plus à relativiser. L’Afrique subsaharienne demeure la région la moins bien notée au monde, avec une moyenne de 33 sur 100. Neuf pays sur dix y obtiennent moins de 50 points. Avec 29, le Gabon fait donc pire que cette moyenne régionale déjà faible. À l’échelle mondiale, la situation se détériore également : la moyenne globale de l’IPC 2025 tombe à 42, son niveau le plus bas depuis plus de dix ans, et 122 pays sur 182 sont sous la barre des 50. Au-delà de l’image, les conséquences sont très concrètes. Un pays perçu comme corrompu attire moins d’investissements étrangers, car les entreprises craignent des coûts cachés, des décisions arbitraires et un manque de sécurité juridique. Cela complique aussi l’accès aux financements internationaux, notamment ceux liés au climat ou au développement durable, où la transparence dans l’utilisation des fonds est une exigence centrale. Pour un Gabon qui affiche l’ambition de diversifier son économie et de moderniser sa gouvernance, la corruption devient un frein direct à ces objectifs. Transparency International insiste sur une idée simple : les solutions sont connues, mais demandent une volonté politique forte et durable. Il s’agit de garantir l’indépendance réelle de la justice, afin que les affaires de corruption soient jugées sans pression. Il faut aussi rendre les finances publiques plus transparentes, pour que les citoyens sachent comment l’argent de l’État est dépensé. Enfin, protéger les journalistes, les lanceurs d’alerte et la société civile est essentiel, car ce sont souvent eux qui révèlent les abus. Pour le Gabon de l’après-2023, le défi est donc double. Il ne s’agit pas seulement de rompre avec un système ancien, mais de convaincre, preuves à l’appui, que les nouvelles pratiques sont différentes. Tant que cette démonstration ne sera pas visible dans les faits, les classements internationaux continueront de rappeler, chiffres à l’appui, que la promesse de rupture reste pour l’instant inachevée.
Nzeng-Ayong Dragage : l’Assemblée Chrétienne Philadelphie ouvre une nouvelle église et s’ancre dans la vie du quartier
Dans le Sixième arrondissement de Libreville, au quartier Nzeng-Ayong, dans la zone de Dragage, l’ouverture officielle d’une nouvelle église de l’Assemblée Chrétienne Philadelphie a donné lieu à plusieurs jours d’activités mêlant engagement religieux et actions sociales. À travers ce programme, le ministère a voulu inscrire cette implantation dans une dynamique de proximité, en s’adressant à la fois aux fidèles et à l’ensemble des habitants du secteur. Le lancement des activités a été marqué, le samedi 31 janvier 2026, par une caravane médicale organisée au bénéfice des populations locales. Des consultations gratuites ont été proposées dans différentes spécialités, notamment en pédiatrie, en gynécologie, en dentisterie, en médecine générale et en psychologie. Professionnels de santé et bénévoles se sont mobilisés pour accueillir et orienter les patients tout au long de la journée. Cette action a attiré de nombreux riverains, illustrant l’importance des initiatives de santé de proximité dans des zones où les contraintes financières et logistiques peuvent freiner l’accès aux soins. Au-delà de l’aspect sanitaire, les responsables de l’église ont placé cette ouverture sous le signe de l’accompagnement spirituel. Du 4 au 6 février 2026, un séminaire d’édification a réuni fidèles, nouveaux venus et curieux autour de temps d’enseignement, de prière et d’échanges. Ces rencontres ont été présentées comme un espace de réflexion personnelle et de renforcement de la foi. Selon les organisateurs, près de 70 personnes ont fait le choix de s’engager dans la foi chrétienne au cours de ces journées, un chiffre perçu en interne comme un signe de l’impact de ces rencontres. Dans une volonté d’ouverture vers un public plus large, une projection de film chrétien a été organisée le samedi 7 février. L’événement a rassemblé de nouveaux membres ainsi que des habitants du quartier venus partager un moment convivial. Cette activité culturelle a servi de cadre informel pour renforcer les liens entre l’église et son environnement immédiat, en favorisant les échanges et le dialogue dans une atmosphère détendue. Le point d’orgue de ce programme a été le grand culte de célébration marquant la dédicace officielle du nouveau lieu de culte. La cérémonie a été conduite par le Révérend Gaspard Obiang, entouré de plusieurs responsables et amis du ministère Assemblée Chrétienne Philadelphie. Ce temps fort, empreint de solennité, a également été l’occasion de consacrer de nouveaux responsables appelés à jouer un rôle actif dans l’encadrement de la communauté locale. À l’issue de ces journées, le pasteur principal des églises ACP a exprimé sa gratitude envers les invités, partenaires et fidèles qui ont effectué le déplacement. Par cette implantation à Nzeng-Ayong Dragage, l’Assemblée Chrétienne Philadelphie affirme sa volonté de développer une présence de terrain associant pratique religieuse, solidarité et actions sociales, avec l’objectif de s’inscrire durablement dans la vie du quartier.
Dr Wenceslas Yaba publie un livre manifeste sur la santé publique au Gabon
Le médecin gabonais Wenceslas Yaba annonce la parution prochaine de son ouvrage intitulé « Santé publique au Gabon : la naissance d’un modèle », attendu le 24 février en France, au Gabon et en ligne. À travers ce livre, l’expert en santé publique propose un témoignage à la fois personnel et analytique sur l’une des initiatives sociales les plus marquantes du pays ces dernières années : la création et le développement du Samu social gabonais. Dans cet essai, l’auteur revient sur les origines de ce dispositif d’assistance médicale d’urgence destiné aux personnes les plus vulnérables, souvent exclues du système de soins classique. De façon pédagogique, il explique comment le Samu social fonctionne : des équipes médicales mobiles qui vont directement vers les patients en situation de détresse, qu’ils soient dans la rue, dans des quartiers reculés ou sans ressources pour se rendre à l’hôpital. L’objectif est simple mais ambitieux : garantir un accès gratuit et rapide aux soins de base pour tous, sans distinction de revenu. Le livre détaille également les difficultés rencontrées lors de la mise en place du projet, qu’il s’agisse de résistances administratives, de contraintes financières ou de défis logistiques. Mais il met surtout en avant les résultats obtenus en huit ans d’existence. Le Samu social gabonais est aujourd’hui présenté comme l’un des plus importants du continent africain et suscite l’intérêt de plusieurs pays qui souhaitent s’inspirer de cette expérience. L’ouvrage souligne le soutien des autorités gabonaises, notamment celui du président Brice Clotaire Oligui Nguema, dans l’extension du programme. Au-delà du récit institutionnel, Wenceslas Yaba défend une conviction forte : une politique de santé publique efficace doit reposer sur l’accès universel et gratuit aux soins essentiels. Autrement dit, personne ne devrait renoncer à se soigner pour des raisons financières. L’auteur vulgarise ces notions souvent perçues comme techniques et montre concrètement comment elles peuvent se traduire dans la vie quotidienne des populations, en particulier pour les plus pauvres. L’essai s’inscrit aussi dans une histoire plus large de coopération médicale entre le Gabon et la France. Wenceslas Yaba rend hommage à Albert Schweitzer, figure historique de la médecine humanitaire à Lambaréné, ainsi qu’à Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social international, dont l’approche a inspiré le modèle gabonais. À travers ces références, le livre relie l’expérience locale à un mouvement mondial en faveur d’une médecine plus humaine et plus proche des exclus. Proposé au prix de 19,90 euros, l’ouvrage se veut à la fois un document de mémoire, un outil de réflexion pour les décideurs et un message d’espoir pour les citoyens. En retraçant son parcours, de ses fonctions au CHU de Libreville à la direction du Samu social, puis à la présidence de la République comme conseiller spécial, le Dr Yaba livre le portrait d’un praticien engagé, convaincu que la santé publique peut devenir un véritable levier de justice sociale au Gabon et au-delà.
Libreville : après la panne générale, certains abonnés de Canalbox signalent des restrictions sur les réseaux sociaux
La semaine dernière, le Grand Libreville a été plongé dans une panne internet généralisée, affectant l’ensemble des opérateurs du pays. Pendant plusieurs heures, les habitants ont vu leur accès à internet fortement perturbé, que ce soit via la fibre optique ou les connexions mobiles. Depuis, la situation semble revenue à la normale pour la majorité des utilisateurs, permettant à nouveau le streaming, le téléchargement et la navigation classique sur le web. Pour autant, certains clients de l’opérateur Canalbox rapportent que l’accès aux réseaux sociaux reste limité. Les utilisateurs évoquent des difficultés pour se connecter à Facebook principalement, alors même que la connexion générale continue de fonctionner correctement pour d’autres usages. Cette situation ne semble accompagnée d’aucune explication officielle, Canalbox n’ayant publié aucun communiqué pour éclairer ses abonnés sur la nature ou la durée de cette restriction. Cette absence d’information suscite des interrogations parmi les clients, qui soulignent un besoin de transparence sur la gestion des perturbations et les mesures mises en place pour rétablir un service complet. Pour les experts en télécommunications, il est essentiel que les opérateurs communiquent rapidement lors de telles interruptions afin de préserver la confiance des utilisateurs et d’éviter toute confusion ou mécontentement. Si le problème n’a pas été confirmé officiellement par l’opérateur, la situation met en lumière une réalité fréquente dans le secteur : la continuité des services numériques dépend autant de l’infrastructure technique que de la communication autour de sa disponibilité. Dans un contexte où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la vie quotidienne et professionnelle, la clarté et la réactivité des opérateurs restent des enjeux majeurs pour les abonnés.
Mairie de Port-Gentil : plus de 500 agents “fantômes” payés chaque mois sur fonds publics
C’est une découverte qui ébranle en profondeur la gestion de la deuxième ville du Gabon. Un audit interne lancé par la nouvelle équipe municipale de Port-Gentil révèle que 507 agents, sur environ un millier employés par la commune, ne disposent d’aucun dossier administratif. Concrètement, ces personnes perçoivent chaque mois un salaire payé par l’argent public, sans qu’il existe de trace officielle de leur recrutement, de leur statut ou de leurs fonctions. Pour une collectivité locale, censée fonctionner avec des règles précises, cette situation constitue une anomalie majeure. Dans une administration normale, chaque agent doit avoir un dossier individuel qui précise son identité, son poste, son grade et le texte qui justifie son recrutement. Ici, selon les premières conclusions de l’audit, rien de tout cela n’existe pour plus de la moitié du personnel concerné. Ces agents « n’existent pas » sur le plan administratif, mais leurs noms apparaissent bien sur les listes de paie. Cela signifie que la mairie verse des salaires sans base réglementaire claire, un dysfonctionnement qui dépasse la simple désorganisation et révèle une défaillance profonde du système de gestion des ressources humaines. L’audit met aussi en lumière un second problème, tout aussi préoccupant : les niveaux de rémunération. Une grande partie de ces agents toucherait des salaires qui ne correspondent pas aux grilles officielles de la fonction publique locale. Autrement dit, non seulement leur situation administrative est floue, mais leurs salaires seraient parfois supérieurs à ce que prévoient les textes. Cette combinaison d’irrégularités juridiques et financières a un impact direct sur les finances de la commune. Les premières estimations montrent que près de 90 % du budget municipal seraient absorbés par les salaires. Pour comprendre, cela signifie que sur 100 francs disponibles, 90 servent à payer le personnel, et seulement 10 restent pour tout le reste : routes, éclairage public, assainissement, écoles, marchés ou projets de développement. Dans ces conditions, la mairie a très peu de moyens pour investir et améliorer les conditions de vie des habitants. La collectivité fonctionne alors davantage comme une caisse de paiement que comme un outil de développement local. Face à cette situation, la convocation des 507 agents devant la Commission administrative paritaire marque une étape officielle. Cette instance est chargée d’examiner la situation des agents publics et de donner un avis sur leur carrière. Mais le défi est immense : comment étudier des dossiers qui, précisément, n’existent pas ? L’administration devra d’abord reconstituer les parcours individuels, vérifier qui a été recruté, comment et pour quelles missions, avant d’envisager une régularisation ou, dans certains cas, un retrait des effectifs. Au-delà du cas de Port-Gentil, cette affaire illustre un problème plus large de gouvernance locale que l’on retrouve dans plusieurs villes africaines. Avec le temps, des recrutements peu encadrés, parfois motivés par des considérations sociales ou politiques, ont gonflé les effectifs sans véritable contrôle. Faute de systèmes modernes et rigoureux de gestion du personnel, ces situations peuvent perdurer pendant des années, jusqu’à ce qu’un audit vienne en révéler l’ampleur. La nouvelle équipe municipale se retrouve désormais face à un choix difficile. Régulariser massivement ces agents alourdirait encore une masse salariale déjà étouffante. Réduire fortement les effectifs, à l’inverse, risquerait de provoquer des tensions sociales dans une ville où l’emploi est un enjeu sensible. Entre respect des règles, équilibre financier et stabilité sociale, la marge de manœuvre est étroite. L’audit n’en est qu’à ses débuts, mais il a déjà mis au jour l’ampleur du chantier. Pour la mairie de Port-Gentil, il ne s’agit pas seulement de classer des dossiers manquants, mais de refonder un mode de gestion plus transparent et plus soutenable. Les décisions qui seront prises dans les mois à venir pèseront lourd, non seulement sur les finances de la commune, mais aussi sur la confiance des citoyens envers leur administration locale.
CEMAC : ce qui attend l’Afrique centrale si les devises viennent à manquer
L’alerte est sérieuse et ses conséquences pourraient toucher directement les populations. Avec des réserves en devises étrangères limitées à seulement quelques mois, la Banque des États de l’Afrique centrale se retrouve dans une position délicate. Les devises, comme le dollar et l’euro, sont indispensables pour acheter à l’étranger des produits essentiels, rembourser la dette et maintenir la stabilité de la monnaie. Si ces réserves s’épuisent, c’est tout l’équilibre économique de la région qui vacille. La première conséquence serait des difficultés à importer. Les pays de la CEMAC dépendent fortement de l’extérieur pour le carburant, certains produits alimentaires, les médicaments et de nombreux équipements. Sans devises suffisantes, les paiements aux fournisseurs étrangers deviennent compliqués. Cela peut entraîner des pénuries, des retards d’approvisionnement et surtout une hausse rapide des prix sur les marchés. Le panier de la ménagère s’alourdit, les coûts de transport augmentent, et l’inflation s’installe dans le quotidien. La monnaie elle-même serait sous pression. Les réserves de change servent de garantie pour défendre la valeur du franc CFA. Si elles diminuent trop, la confiance des investisseurs s’effrite. Les capitaux peuvent quitter la région, les transferts d’argent vers l’étranger deviennent plus difficiles, et le spectre d’une dévaluation réapparaît. Une baisse de la valeur de la monnaie rendrait immédiatement les importations encore plus chères, accentuant la spirale inflationniste. Les finances publiques seraient également fragilisées. Une partie importante des dettes des États est libellée en devises étrangères. Sans réserves suffisantes, honorer ces engagements devient plus difficile. Le risque de défaut de paiement augmente, ce qui dégrade la réputation financière des pays concernés. Emprunter sur les marchés internationaux coûte alors beaucoup plus cher, réduisant encore les marges de manœuvre budgétaires pour financer les écoles, les hôpitaux ou les infrastructures. Le secteur privé ne serait pas épargné. Les entreprises qui importent des matières premières, des pièces détachées ou des machines verraient leurs coûts exploser ou leurs approvisionnements interrompus. Certaines pourraient ralentir leur production, d’autres fermer temporairement. Le chômage progresserait, notamment chez les jeunes, dans des économies déjà confrontées à un manque d’emplois formels. Cette situation trouve ses racines dans des déséquilibres accumulés depuis des années. Plusieurs États de la région ont longtemps dépensé au-delà de leurs capacités, en s’endettant pour financer des projets parfois mal planifiés ou insuffisamment rentables à court terme. À cela s’ajoutent une forte dépendance aux matières premières, des recettes publiques instables et une gestion budgétaire souvent peu rigoureuse. Lorsque les cours du pétrole ou d’autres ressources baissent, les recettes chutent mais les dépenses, elles, restent élevées. La crise des réserves en devises apparaît ainsi comme le symptôme d’un modèle économique fragilisé. Elle peut déboucher sur une période de fortes tensions économiques et sociales si rien n’est fait. Mais elle peut aussi servir d’électrochoc pour engager des réformes plus profondes, mieux maîtriser l’endettement, diversifier les économies et renforcer la gouvernance financière. Derrière les chiffres et les termes techniques, c’est bien le quotidien de millions de citoyens d’Afrique centrale qui est en jeu.
Face à la grève des enseignants, Oligui Nguema promet de “régler les problèmes”
Libreville – Alors que la grève des enseignants entame sa sixième semaine et continue de paralyser le système éducatif public gabonais, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a choisi de s’adresser directement aux acteurs du secteur depuis les chantiers de construction de logements réservés aux enseignants. À l’occasion de visites successives au Lycée Technique National Omar Bongo et au lycée Léon Mba, il a invité les enseignants à repartir d’abord en classe , tout en réaffirmant son engagement à « régler les problèmes » au cœur du conflit social qui fragilise l’année scolaire. La mobilisation des enseignants, initiée en décembre 2025 et intensifiée en janvier 2026, trouve son origine dans des revendications anciennes et cumulées. Syndicats et collectifs: parmi lesquels SOS Éducation la Base, le Syndicat des enseignants de l’Éducation nationale (SENA) et SYNETECPRO; dénoncent notamment l’absence de statut clair, les retards de carrière, les avancements non effectifs et l’insuffisance des mesures de reconnaissance administrative pour des milliers de personnels. Cette paralysie, qui touche aussi bien les lycées que les écoles normales ou techniques, a laissé de nombreuses salles de classe vides à travers tout le pays. Face à cette crise inédite, l’exécutif a entamé depuis plusieurs semaines une série de négociations et de gestes administratifs et budgétaires en vue d’apaiser les tensions. Le gouvernement gabonais a ainsi signé, le 19 janvier 2026, un protocole d’accord avec les principales organisations syndicales et collectifs enseignants afin de suspendre le mouvement de grève, sous réserve de la mise en œuvre effective des engagements pris. Au cœur de cet accord figurent des engagements chiffrés jugés significatifs par les autorités. Une enveloppe de 16 milliards de francs CFA a été mobilisée pour répondre à une partie des revendications portant sur la régularisation administrative et la mise en solde ou en présalaire de milliers de personnels. Concrètement, 1 810 enseignants anciennement bénévoles ont été mis en présalaire, et des opérations de mise en solde ou de présalaire ont été engagées pour plusieurs centaines d’autres catégories de personnels sortants des écoles normales. Par ailleurs, 4 000 situations administratives sur 6 574 dossiers recensés ont déjà été traitées, soit plus de 60 % du total, ouvrant la voie à des titularisations, reclassements et avancements attendus de longue date. Dans ce contexte, le président Oligui Nguema a rappelé que les actions déjà lancées par l’État ne sauraient se substituer à la reprise effective des cours, condition sine qua non selon lui pour achever le processus de sortie de crise. « Faites le maximum pour que les enfants reprennent les cours, je réglerai les problèmes », a-t-il insisté devant des enseignants et des élèves réunis dans les établissements visités, soulignant à la fois l’urgence éducative et la volonté de l’exécutif de trouver une solution durable. Malgré ces avancées et le lancement de structures de suivi-évaluation conjointes entre l’administration et les syndicats, le mouvement n’a pas encore été levé. La dernière assemblée générale de SOS Éducation la Base, tenue début février, a décidé de maintenir la grève dans la majorité des provinces, jugeant les réponses gouvernementales encore insuffisantes sans garanties supplémentaires, telles que la publication de listes complètes de personnels à régulariser ou des assurances sur le paiement des vacations. Cette crise éducative, qui mêle revendications statutaires profondes et inquiétudes pour l’avenir des élèves, constitue un test majeur pour l’exécutif. Entre gestes budgétaires concrets, dialogues institutionnels et pression syndicale, l’issue de cette mobilisation aura des répercussions durables sur le système éducatif gabonais et sur la confiance entre l’État et ses fonctionnaires.