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Eau et électricité : l’État mise sur des investissements lourds pour corriger des fragilités structurelles

Libreville, 17 mars 2026. Face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau et à l’électricité, la Présidence de la République a opté pour une communication de clarification. Lors d’une conférence de presse, son porte-parole, Théophane Nzame Nze Biyoghe a reconnu les tensions existantes tout en détaillant les actions engagées pour y répondre, dans une logique de transformation progressive du secteur. Sur l’électricité, le discours s’articule autour d’un double message. D’un côté, les autorités mettent en avant les efforts consentis pour renforcer les capacités de production et stabiliser le réseau. De l’autre, elles appellent à une forme de réalisme en soulignant que les solutions durables nécessitent du temps. « Les difficultés accumulées depuis plusieurs années nécessitent des réformes profondes », explique le porte-parole, insistant sur le caractère structurel des investissements en cours. Cette prise de parole vise à contextualiser les perturbations actuelles tout en légitimant l’action engagée par le gouvernement. Sur le volet de l’eau, l’accent est mis sur le partenariat stratégique conclu entre la SEEG et le groupe Suez. Présenté comme un levier majeur d’amélioration, ce programme d’envergure doit permettre de moderniser l’ensemble de la chaîne de distribution, depuis la production jusqu’à la maintenance des réseaux. La communication présidentielle s’efforce également de désamorcer certaines incompréhensions, notamment autour des branchements non régularisés. Le message se veut pédagogique, insistant sur la nécessité du respect des règles pour garantir la viabilité du système et soutenir les investissements. À travers cette intervention, la Présidence cherche à établir un équilibre entre transparence et valorisation de l’action publique. Reconnaître les difficultés tout en démontrant qu’elles font l’objet de réponses concrètes constitue le cœur de cette stratégie de communication. Dans un contexte où ces services touchent directement le quotidien des populations, l’enjeu est central. La capacité à rendre visibles les effets de ces investissements sera déterminante pour conforter la confiance.

PROFIDGA 360 : la diaspora gabonaise s’organise pour investir collectivement dans l’économie nationale

Une initiative portée par un collectif de professionnels gabonais entend structurer l’engagement financier de la diaspora afin de le transformer en levier d’investissement au service du développement économique du Gabon. Réunis autour de PROFIDGA 360, pour Projet de Fonds d’Investissement de la Diaspora Gabonaise, les membres fondateurs préparent le lancement du MBIGOO Club, un dispositif de co-investissement qui marque la première étape opérationnelle de cette ambition. Le projet sera officiellement présenté le 28 mars 2026 à l’Ambassade du Gabon à Paris lors d’une conférence qui doit également permettre l’ouverture des premières adhésions. L’objectif affiché est de poser les bases d’une organisation durable de l’investissement collectif porté par les Gabonais de la diaspora et leurs compatriotes résidant au pays. Si les contributions financières individuelles des expatriés existent depuis longtemps, leur structuration autour d’opérations d’investissement organisées reste encore limitée. PROFIDGA 360 propose ainsi un cadre visant à canaliser l’épargne privée vers des projets économiques identifiés comme stratégiques pour la diversification et la transformation de l’économie nationale. Constituée en société par actions simplifiée en France, et forte de la signature d’un partenariat technique avec BGFIBourse, filiale de la holding bancaire BGFIBank, active sur les marchés financiers de la zone CEMAC et de l’Afrique de l’Ouest, la structure s’inscrit dans une trajectoire progressive de montée en puissance. Le MBIGOO Club constitue la phase initiale du projet. Il repose sur une logique de club-deal permettant de proposer aux investisseurs des opportunités d’investissement sélectionnées et structurées. Dans ce schéma, les participants sont appelés à investir au sein de sociétés dédiées, constituées sous forme de véhicules spécifiques, et à prendre part à leur gouvernance en tant qu’actionnaires. Cette approche vise à associer directement les investisseurs aux décisions stratégiques des projets financés, tout en instaurant des mécanismes de transparence et de suivi adaptés. Elle constitue une étape préparatoire à la phase suivante du projet. À terme, une fois les agréments nécessaires obtenus auprès des autorités de régulation compétentes, la SAS PROFIDGA 360 a vocation à évoluer vers une société de gestion de portefeuille abritant plusieurs véhicules d’investissement structurés. Le collectif fondateur réunit des profils complémentaires issus de la finance, du droit, de l’analyse économique et de la conformité. Harold NDONG MEZUI, président de PROFIDGA 360, assure la coordination stratégique de l’initiative. Régis EYA’A en est l’Administrateur Général et supervise la structuration juridique et opérationnelle du dispositif. Olivier ALOUBA dirige les investissements. Charlène TATY pilote les questions de conformité technique et de sécurisation des flux financiers. Loïc OBAME NKOGHE intervient en tant qu’économiste du collectif et veille à la cohérence des orientations d’investissement avec les enjeux de développement du pays. Le MBIGOO Club se veut accessible au plus grand nombre. L’adhésion plancher est fixée à 25 euros et s’inscrit dans une volonté assumée de démocratiser l’accès à l’investissement. Trois niveaux de participation ont été définis afin de permettre à chacun de contribuer selon ses capacités, avec un ticket d’investissement minimum fixé à 250 euros. Les projets ciblés concernent plusieurs secteurs jugés porteurs, notamment l’agriculture et l’agro-industrie, l’immobilier, les énergies renouvelables, la santé, l’éducation et les technologies numériques. L’ambition est de soutenir des initiatives susceptibles de générer de la valeur économique durable tout en participant à la transformation structurelle du tissu productif gabonais. Au-delà de la dimension financière, les initiateurs de PROFIDGA 360 souhaitent inscrire leur démarche dans une dynamique plus large observée dans plusieurs pays africains où les diasporas jouent un rôle croissant dans le financement du développement. L’objectif est de contribuer à positionner le Gabon dans cette trajectoire et, à terme, d’étendre ce modèle d’investissement collectif à l’échelle du continent. L’argument central de PROFIDGA 360 repose sur un constat largement partagé : la diaspora gabonaise reste peu mobilisée comme levier d’investissement structuré. D’après les données mises en avant par les promoteurs du projet, la diaspora ne représenterait aujourd’hui qu’environ 0,1 % du PIB gabonais, loin derrière certains pays africains où les transferts et investissements des expatriés constituent un moteur économique majeur. Pour Harold Ndong Mezui l’enjeu dépasse la simple création d’un fonds d’investissement. « Pendant trop longtemps, on nous a reproché de parler sans agir. Notre réponse ne sera pas une déclaration de plus — ce sera un acte. Nous allons transformer nos gouttes d’eau en océan », affirme le président-fondateur de PROFIDGA 360. Et d’ajouter : « Le projet est impulsé par la diaspora, mais l’objectif est que les Gabonais vivant au pays sachent qu’on a tout autant besoin d’eux. L’idée est de se réapproprier notre économie et d’impacter le développement du Gabon. » La conférence du 28 mars à Paris constituera une première étape de visibilité pour le projet avec la présentation du dispositif, des premières opportunités d’investissement et des modalités d’adhésion. Les promoteurs invitent les Gabonais intéressés à suivre l’initiative et à rejoindre le mouvement via les différents canaux d’information et réseaux sociaux mis en place pour accompagner le lancement du MBIGOO Club. Website de PROFIDGA 360 : www.profidga360.com Médias sociaux – Facebook / TikTok / Instagram

Affaire ALOGIS : Marlène Fabienne Essola Efountame dénonce un “déni de justice” et interpelle les autorités

À Port-Gentil, la situation autour de la base logistique de la société ALOGIS suscite une vive polémique judiciaire. Dans une déclaration adressée aux journalistes, la conseil juridique Marlène Fabienne Essola Efountame affirme que le site est occupé illégalement et dénonce l’inaction des autorités judiciaires malgré une décision de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) accordant un sursis à exécution. Elle appelle l’État gabonais à intervenir, évoquant des risques économiques et sécuritaires. Dans un document intitulé « Plaidoirie – Déclaration liminaire », transmis aux journalistes, la conseil juridique Marlène Fabienne Essola Efountame affirme intervenir « en tant que femme de droit, mais aussi en tant que citoyenne révoltée ». Présente à Port-Gentil depuis plusieurs semaines, elle dit suivre de près le contentieux opposant certaines parties autour de la base logistique de la société ALOGIS. Selon elle, ce site serait aujourd’hui occupé par des individus qui empêcheraient l’entreprise d’y exercer ses activités normales. « Au moment où je vous parle, la base logistique d’ALOGIS est devenue une zone de non-droit », affirme-t-elle dans sa déclaration. La juriste évoque également des actes de dégradation de biens et affirme que certains agents auraient été retenus sur place. Elle indique que l’intervention de la Direction générale des recherches (DGR) aurait permis de libérer deux employés. Au centre du dossier se trouve une décision rendue par la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage, juridiction suprême de l’espace Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires. Selon Marlène Essola Efountame, cette juridiction a accordé un sursis à exécution, une mesure juridique suspendant certaines procédures contestées dans ce conflit. « Nous détenons aujourd’hui l’arme du droit : le sursis à exécution de la CCJA », écrit-elle. Elle estime qu’ignorer cette décision reviendrait à remettre en cause les engagements juridiques internationaux du Gabon. Dans ses éléments de langage destinés aux réponses aux médias, elle affirme notamment : « Nous ne sommes plus dans un débat de droit, mais dans un déni de justice. Quand le parquet répond « ne pas voir d’urgence » alors que des travailleurs sont séquestrés, c’est l’État de droit qu’on enterre. » L’affaire trouve également son origine dans un contentieux plus ancien lié à la gestion de la Société Africaine de Transport et de Manutention.  Selon la conseil juridique, les personnes présentes sur le site seraient liées à des revendications issues de la liquidation de cette entreprise. Elle reconnaît l’existence d’une dette sociale héritée de la gestion passée mais conteste les méthodes employées. « Ceux qui occupent le site aujourd’hui sont les victimes d’une dette héritée de la gestion calamiteuse des anciens administrateurs et syndics de la SATRAM », affirme-t-elle, avant d’ajouter :« Mais on ne paie pas une dette sociale par la spoliation d’une entreprise privée autonome comme ALOGIS. » Au-delà de l’aspect judiciaire, Marlène Essola Efountame alerte sur les conséquences économiques possibles du blocage du site. Selon elle, la base logistique jouerait un rôle dans l’approvisionnement de la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA), acteur central du raffinage pétrolier au Gabon. Elle évoque notamment la barge d’eau douce nécessaire au fonctionnement de certaines installations. « Si le pays est paralysé lundi, que le peuple gabonais sache que ce n’est pas la faute d’ALOGIS ni celle de la SOGARA, mais celle d’une inertie judiciaire inexplicable », prévient-elle. Dans sa déclaration, la conseil juridique interpelle directement plusieurs autorités : le procureur de la République, les responsables judiciaires en charge du dossier ainsi que le ministre de la Justice. Elle appelle également le président de la République à intervenir afin de garantir le respect des décisions de justice et la sécurité des travailleurs. « La restauration des institutions commence par le respect de la chose jugée et la protection de l’outil de production contre l’anarchie », écrit-elle. Au-delà du cas spécifique d’ALOGIS, cette affaire soulève la question de l’exécution des décisions de justice et de la sécurité juridique dans les États membres de l’espace OHADA. À ce stade, aucune réaction officielle des autorités judiciaires ou gouvernementales n’a encore été rendue publique sur les accusations formulées dans cette déclaration. La suite du dossier dépendra notamment de la mise en œuvre de la décision de la CCJA et de la capacité des autorités à arbitrer un conflit mêlant enjeux juridiques, sociaux et économiques dans une ville stratégique pour l’industrie pétrolière gabonaise.

Eau potable au Gabon : la SEEG et Suez lancent un partenariat pour mettre fin aux pénuries

Après plusieurs mois d’attente, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et le groupe français Suez ont officiellement lancé, jeudi à Libreville, la mise en œuvre de leur partenariat technique destiné à améliorer la production et la distribution d’eau potable dans le pays. Signée en avril 2025 à Paris pour un montant de 200 millions d’euros, la convention vise à moderniser les installations, réduire les pertes dans les réseaux et garantir un accès plus régulier à l’eau pour les ménages gabonais. C’est au siège social de la SEEG, à Libreville, que les responsables de l’opérateur public gabonais et du groupe français Suez ont officiellement donné le coup d’envoi opérationnel de leur collaboration. L’accord prévoit un accompagnement technique de la multinationale dans plusieurs segments clés de la chaîne de production et de distribution d’eau potable. « C’est un pas important vers l’objectif que nous poursuivons, celui d’améliorer durablement le service public de l’eau », a déclaré l’administrateur-directeur général de la SEEG, Steeve Saurel Legnongo, lors de la cérémonie de lancement. Conclue en avril 2025 à Paris, la convention – estimée à près de 200 millions d’euros, soit plus de 131 milliards de francs CFA – vise à renforcer les capacités techniques de la SEEG. Le partenariat doit notamment couvrir la gestion des ressources en eau, le traitement, la maintenance des équipements de production, ainsi que l’exploitation des réseaux de transport et de distribution d’eau potable à Libreville et dans les principales villes du pays. L’accord s’appuie sur plusieurs audits techniques réalisés ces deux dernières années par Suez sur les installations de la SEEG. Un premier diagnostic, conduit en mai 2024, avait déjà mis en évidence d’importantes pertes d’eau entre les sites de production et les zones de stockage. Ces pertes concernent notamment l’axe stratégique reliant la station de production de Ntoum à la capitale gabonaise. Selon les analyses menées par les experts du groupe français, une part significative de l’eau produite n’atteint pas les réservoirs de stockage ni les ménages. Les audits complémentaires réalisés en juillet et en décembre 2025 ont confirmé ces dysfonctionnements structurels. Parmi les recommandations formulées figure l’objectif de porter à au moins 95 % la part d’eau produite effectivement stockée et distribuée dans le réseau. Pour accompagner ce programme, le groupe français a créé une filiale locale baptisée Suez-Gabon, chargée de déployer les opérations prévues dans le cadre de la convention. La cérémonie organisée au siège de la SEEG marque ainsi le démarrage effectif des activités de cette entité. « Notre convention de cinq ans oblige les parties à fournir de l’eau potable en quantité suffisante à la population, dans le cadre d’une co-construction », a souligné Alexandre Duzan, directeur général du groupe Suez. L’approche retenue repose sur une collaboration étroite avec les équipes de la SEEG, qui resteront au cœur du pilotage opérationnel sur le terrain. Le lancement opérationnel de ce partenariat intervient dans un contexte de forte pression politique autour de la question de l’accès à l’eau potable. La semaine précédente, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema avait réuni les responsables du ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, ainsi que les dirigeants de la SEEG et de Suez. Selon plusieurs sources, le chef de l’État avait exprimé son mécontentement face à la persistance des difficultés d’approvisionnement en eau dans plusieurs quartiers de Libreville et dans certaines villes de l’intérieur du pays. Le président s’était notamment interrogé sur les résultats des investissements engagés depuis 2023, incluant la réhabilitation progressive des unités de production et la modernisation de certains réseaux de transport. Au Gabon, l’accès régulier à l’eau potable demeure un défi majeur pour les autorités et pour la SEEG. Dans plusieurs quartiers de Libreville, les coupures ou les baisses de pression restent fréquentes, alimentant le mécontentement des usagers. Pour les responsables du projet, l’arrivée de l’expertise technique de Suez doit permettre d’améliorer la performance du réseau et de limiter les pertes qui affectent la chaîne de distribution. Si les objectifs fixés sont atteints, les responsables espèrent que la combinaison des investissements déjà réalisés et de l’assistance technique internationale permettra d’améliorer progressivement la desserte en eau potable. Au-delà de l’amélioration immédiate du service, ce partenariat constitue aussi un test pour la capacité de la SEEG à moderniser sa gestion technique et opérationnelle. Dans les prochaines années, la réussite de cette coopération sera scrutée de près par les autorités gabonaises et par les consommateurs, pour qui la question de l’eau potable reste l’un des enjeux quotidiens les plus sensibles. Le lancement officiel de cette collaboration marque ainsi une nouvelle étape. Reste désormais à savoir si, sur le terrain, les réformes techniques et organisationnelles permettront enfin de transformer les promesses en amélioration tangible pour les ménages gabonais.

Gabon : Zita Oligui Nguema accompagne l’immersion agricole des jeunes entrepreneures du Bassin du Congo

À Libreville, la quatrième journée de l’atelier régional consacré à l’autonomisation économique des jeunes femmes dans les filières agricoles durables s’est déroulée le 12 mars 2026 sur le terrain, au sein de la ferme pédagogique du projet Biwudji, installée au complexe scolaire d’Alibandeng. Organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie avec l’appui de la fondation Ma Bannière, présidée par Zita Oligui Nguema, la visite visait à confronter les participantes aux réalités concrètes de la production agricole et de la formation environnementale. Après plusieurs jours d’échanges et d’ateliers en salle, les participantes à la rencontre régionale sur l’entrepreneuriat agricole féminin ont poursuivi leur programme par une sortie pédagogique. La délégation s’est rendue au complexe scolaire d’Alibandeng, dans le nord de Libreville, où se développe une ferme éducative intégrée au projet Biwudji. La visite s’est déroulée en présence de la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement, accompagnée de membres du gouvernement, dont le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, ainsi que des responsables du secteur éducatif et environnemental. Sur place, la délégation a parcouru différentes installations destinées à l’apprentissage des pratiques agricoles, notamment des espaces de production et des zones de pépinières utilisées à des fins pédagogiques. Implantée dans un cadre scolaire, la ferme pédagogique poursuit un objectif double : familiariser les élèves avec les techniques agricoles tout en les sensibilisant aux enjeux de protection de l’environnement. Selon Alphonse Waguena, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale et coordonnateur du projet, l’initiative s’inscrit dans une démarche éducative qui relie formation, alimentation et entrepreneuriat. « Nous voulons montrer aux élèves que l’agriculture peut être pratiquée de manière durable et innovante. Les productions issues de cette ferme servent notamment à alimenter la cantine scolaire avec des produits sains. Le site accueille également de jeunes entrepreneurs qui viennent s’initier à la production de plants et aux techniques de pépinière », a-t-il expliqué. À travers ce dispositif, les promoteurs du projet entendent susciter l’intérêt des jeunes générations pour les métiers agricoles, encore souvent perçus comme peu attractifs. Pour les autorités gabonaises, cette initiative répond aussi à un enjeu économique plus large. L’agriculture est régulièrement présentée comme l’un des secteurs capables de contribuer à la diversification de l’économie nationale et à la création d’emplois. Présent lors de la visite, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a insisté sur la nécessité de renforcer la formation et l’attractivité du secteur auprès des jeunes. « Des projets comme celui-ci ont un rôle important. Ils permettent d’une part de former les jeunes et, d’autre part, de leur montrer que l’agriculture peut constituer une véritable opportunité professionnelle », a-t-il déclaré. Dans plusieurs pays d’Afrique centrale, les politiques publiques cherchent désormais à encourager le développement de filières agricoles durables afin de réduire la dépendance aux importations alimentaires. Pour les participantes à l’atelier régional, venues de différents pays du Bassin du Congo, cette immersion représente un moment clé du programme. Elle permet d’observer concrètement les techniques de production et les modèles de formation agricole. Au total, une trentaine de jeunes entrepreneures prennent part à cet atelier régional consacré à l’agriculture durable et à la gestion des ressources naturelles. La visite s’est conclue par une remise de kits agricoles aux participantes issues des six pays représentés à la rencontre. Ce soutien matériel vise à accompagner les jeunes femmes dans le développement de leurs projets agricoles. Placée sous le thème « Femmes et champs d’avenir dans le Bassin du Congo », la rencontre entend renforcer les compétences techniques des participantes tout en favorisant les échanges d’expériences entre entrepreneures de la région. Dans une sous-région où les terres cultivables sont vastes mais encore insuffisamment exploitées, les organisateurs espèrent que ces initiatives contribueront à faire émerger une nouvelle génération d’actrices du développement agricole. Car derrière cette visite de terrain se dessine une ambition plus large : encourager les jeunes femmes à investir un secteur stratégique pour l’avenir économique et alimentaire du Bassin du Congo.

Libreville: Paul Abessolo explore le chemin du brisement spirituel à travers la figure de Jacob

Libreville, 7 mars 2026. L’auteur gabonais Paul Abessolo a officiellement présenté son nouvel ouvrage intitulé « Jacob l’ultime brisement » samedi 7 mars 2026 à Libreville, à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans un hôtel du quartier Louis. Devant des journalistes et plusieurs invités, l’écrivain est revenu sur le sens et la portée de ce livre consacré à la figure biblique de Jacob. Dans cet ouvrage, l’auteur propose une réflexion autour de la trajectoire spirituelle du patriarche Jacob, personnage central de la tradition biblique. À travers les épisodes marquants de sa vie, marqués par des conflits, des épreuves et des transformations intérieures, Paul Abessolo met en lumière le processus de maturation spirituelle qui, selon lui, conduit l’homme à renoncer à sa nature humaine déchue pour tendre vers une vie en accord avec les valeurs chrétiennes. Le livre s’adresse particulièrement à la jeunesse africaine, dans un contexte où les questions de développement personnel et de construction du leadership suscitent un intérêt croissant sur le continent. L’auteur y développe l’idée que l’expérience spirituelle et psychologique du patriarche Jacob peut servir de modèle pour la formation du leader africain. Juriste et fiscaliste de formation, Paul Abessolo exerce comme inspecteur principal des impôts et directeur de la législation et du contentieux au ministère de l’Économie et de la Relance. Il est également enseignant à l’Université Omar Bongo à Libreville. Sur le plan religieux, il est pasteur principal de l’Assemblée Chrétienne Philadelphie à Libreville et président du conseil d’administration des Groupes Bibliques du Gabon. Auteur de plusieurs ouvrages, dont « 60 jours pour booster ta foi » (tomes 1 et 2), « Josué, comment développer une âme conquérante » « Vivre heureux malgré pandémie 》 et 《les 150 pensées inspirées du Pasteur Paul », Paul Abessolo poursuit à travers ce nouveau livre son travail d’écriture autour des thématiques de la foi, de la transformation personnelle et du leadership spirituel. La présentation de « Jacob l’ultime brisement » marque ainsi une nouvelle étape dans le parcours littéraire de l’auteur, qui entend proposer, à travers ses écrits, des pistes de réflexion inspirées des enseignements bibliques pour les lecteurs contemporains.

Élection à la FEGAFOOT : Axel Nguema Edou dénonce un calendrier “tardif” et appelle à garantir la transparence du scrutin

À quelques jours de l’ouverture du dépôt des candidatures pour la présidence de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), le docteur Axel Nguema Edou, lui-même candidat, a exprimé publiquement ses réserves sur l’organisation du processus électoral. Lors d’un point de presse tenu le 9 mars 2026 à Libreville, il a notamment pointé des insuffisances susceptibles, selon lui, de compromettre l’équité et la transparence de l’élection. Face aux médias nationaux et internationaux, Axel Nguema Edou a expliqué avoir décidé de s’exprimer après la publication du calendrier électoral par le comité exécutif de la FEGAFOOT. Signé par Jean-Luc Ndong, président de la commission électorale, ce calendrier fixe la période de dépôt des candidatures du 9 au 18 mars 2026. Une annonce que le candidat dit accueillir favorablement sur le principe, tout en regrettant son officialisation tardive. Selon lui, ce délai restreint complique la constitution des dossiers de candidature dans des conditions sereines. Parmi les critères exigés figure notamment l’obligation pour chaque candidat de réunir au moins sept parrainages auprès des membres de la fédération. Dans un pays comme le Gabon, dont les acteurs du football sont répartis dans neuf provinces, il estime que dix jours ouvrés ne suffisent pas pour mener les consultations nécessaires. « Il ne s’agit pas seulement du temps de transport, mais aussi du temps nécessaire pour échanger, dialoguer et convaincre », a-t-il déclaré, soulignant que sa démarche vise à bâtir une vision commune avec l’ensemble des forces vives du football national. Le candidat évoque également des difficultés liées à la structuration de la fédération. Il rappelle que les statuts de la FEGAFOOT prévoient la publication de la liste des membres sur son site internet officiel. Or, selon lui, cette information n’est pas accessible. Le portail de l’institution présenterait encore plusieurs rubriques incomplètes ou obsolètes, rendant difficile l’identification des membres habilités à parrainer les candidats. Axel Nguema Edou cite notamment le cas du football féminin. D’après les statuts, les deux premiers clubs du championnat de première division féminine de la saison précédente sont membres de droit de la fédération. Pourtant, observe-t-il, aucune compétition de première division féminine n’aurait été organisée depuis plus de deux ans, malgré la création de la Ligue nationale du football féminin. Une situation qui, selon lui, complique l’identification des clubs concernés et témoigne d’un manque de lisibilité dans l’organisation du football féminin. À ces difficultés s’ajouterait, selon le candidat, l’absence de précisions sur les modalités de parrainage. Les formulaires, les procédures de vérification ou encore les critères de validation ne seraient pas clairement définis, ce qui pourrait exposer les candidats à une insécurité juridique lors de l’examen de leurs dossiers. Dans ce contexte, Axel Nguema Edou affirme avoir adressé une requête formelle au président de la commission électorale. Il y formule plusieurs demandes, dont la publication rapide de la liste officielle et actualisée des membres du congrès de la fédération. Il sollicite également un prolongement du délai de dépôt des candidatures d’au moins vingt-cinq jours ouvrés après cette publication, afin de permettre aux candidats de mener une campagne de parrainage sur l’ensemble du territoire. Enfin, il appelle à la mise en place de standards de parrainage clairement définis, incluant un formulaire type et une procédure de validation transparente. Pour le candidat, ces ajustements visent avant tout à préserver la crédibilité du scrutin. « Il ne s’agit pas de défendre une candidature particulière, mais de poser les bases d’un processus électoral crédible », a-t-il affirmé, estimant que l’avenir du football gabonais dépend aussi de la confiance accordée à ses institutions. À ce stade, la commission électorale de la FEGAFOOT ne s’est pas encore publiquement exprimée sur ces observations. Le processus électoral se poursuit néanmoins, dans un contexte où les attentes autour de la gouvernance du football gabonais restent fortes.

Bassin du Congo : à Libreville, un atelier régional mise sur l’entrepreneuriat agricole féminin

Libreville accueille depuis le lundi 9 mars 2026 un atelier régional consacré à l’autonomisation économique des jeunes femmes dans les filières agricoles durables. Pendant cinq jours, des participantes venues de six pays d’Afrique centrale échangent autour de l’entrepreneuriat agricole, à l’initiative de l’Organisation internationale de la Francophonie, avec le soutien de la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement et présidente de la fondation Ma Bannière. L’objectif : faire de l’agriculture un levier d’émancipation économique et de développement régional. Dans une salle de conférence d’un hôtel situé au nord du Grand Libreville, les hymnes et les discours officiels ont marqué, lundi 9 mars, l’ouverture de l’atelier régional intitulé « Femmes et champs d’avenir dans le Bassin du Congo ». Pendant cinq jours, une quarantaine de jeunes entrepreneures venues du Cameroun, de la Guinée équatoriale, de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, de la République centrafricaine et du Gabon participent à des formations et des échanges autour des filières agricoles durables. Portée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la rencontre vise à renforcer les capacités des jeunes femmes engagées dans l’agriculture et à favoriser la création de réseaux d’entrepreneuriat dans une région où la sécurité alimentaire demeure un défi majeur. Lors de la cérémonie d’ouverture, la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, marraine de l’événement et présidente de la fondation Ma Bannière, a insisté sur l’importance stratégique de l’autonomisation économique des femmes. « L’avenir de notre région passera par l’autonomisation économique des femmes et par l’engagement de notre jeunesse. Investir dans les femmes n’est pas seulement une question d’équité. C’est un choix stratégique pour la stabilité et la prospérité de nos sociétés », a-t-elle déclaré devant les participantes et les partenaires institutionnels. Pour les autorités gabonaises, l’initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à repositionner l’agriculture comme moteur de diversification économique. Un secteur souvent considéré comme stratégique dans une région encore fortement dépendante des importations alimentaires. Le ministre gabonais de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a salué l’engagement des jeunes femmes présentes. « Vous représentez une génération d’actrices engagées, capables d’apporter des solutions concrètes aux défis de notre agriculture. Votre créativité, votre capacité d’innovation et votre esprit d’entreprise constituent des atouts majeurs pour renforcer la sécurité alimentaire de notre sous-région », a-t-il affirmé. Selon lui, l’entrepreneuriat agricole constitue également un levier pour l’emploi des jeunes, alors que plusieurs pays d’Afrique centrale cherchent à valoriser leurs ressources naturelles tout en développant des chaînes de valeur locales. L’atelier bénéficie également de l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie, qui accompagne plusieurs programmes dédiés à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Pour Alphonse Waguena, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale, l’agriculture durable représente un levier essentiel pour la transformation économique de la région. « L’agriculture constitue un levier stratégique de souveraineté alimentaire, mais aussi un moteur de création d’emplois pour les jeunes et les femmes, et un pilier de transformation durable de nos économies », a-t-il souligné. Au-delà des discours institutionnels, l’atelier se veut également un espace d’échanges d’expériences entre entrepreneures. Pour certaines participantes, l’enjeu est aussi culturel. Dans plusieurs pays de la région, l’agriculture reste associée à des activités rurales peu valorisées. Venue de République centrafricaine, l’entrepreneure Bersi Eunice Esther Passi, lauréate de l’atelier, explique que cette perception évolue progressivement. « Grâce à cet atelier, je me suis rendue compte que les femmes peuvent devenir riches grâce à l’agriculture. Chez nous, on pense souvent que c’est une activité réservée aux personnes vulnérables ou âgées. Mais on peut être élégante, ambitieuse et réussir dans ce domaine », confie-t-elle. Selon elle, la participation à cette rencontre régionale permettra aussi de transmettre ces expériences dans son pays. Dans le Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical du monde, les terres arables restent largement sous-exploitées malgré un potentiel agricole important. La région importe encore une part significative de ses denrées alimentaires. Face à ce paradoxe, plusieurs organisations internationales encouragent désormais le développement d’une agriculture durable et inclusive, capable de générer des emplois tout en renforçant la sécurité alimentaire. En réunissant des jeunes entrepreneures venues de plusieurs pays, l’atelier de Libreville entend contribuer à structurer une nouvelle génération d’actrices du secteur agricole. Au terme des cinq jours de travaux, les participantes devraient repartir avec des outils de formation, des réseaux professionnels renforcés et des projets d’entreprise consolidés. Car derrière les discours et les ateliers techniques, l’ambition affichée est claire : faire émerger, dans les champs du Bassin du Congo, une nouvelle génération d’entrepreneures capables de transformer l’agriculture en moteur de développement économique régional.

Gabon : Axis mise sur des conducteurs composites au coeur en fibre de carbone pour renforcer le réseau électrique de Libreville

À Libreville, l’amélioration de l’approvisionnement en électricité passe aussi par la modernisation des infrastructures de transport. Dans cette optique, un projet d’augmentation des capacités du Réseau Interconnecté de Libreville (RIC) est en cours, avec l’ambition de lever l’un des principaux goulots d’étranglement du système énergétique de la capitale. Portée par la société Axis Engineering, en partenariat avec l’entreprise américaine CTC Global, l’initiative s’inscrit dans les priorités du ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie (MAUEE), qui en a fait l’un des projets majeurs de ses cent premiers jours d’action. Au cœur de ce projet se trouve la ligne électrique reliant la centrale thermique d’Owendo au poste de Bisségué, un axe stratégique pour l’alimentation de Libreville et de ses environs. Aujourd’hui, cette ligne ne peut transporter qu’environ 90 mégawatts d’électricité. Une limite technique qui contraste avec les capacités de production disponibles. À titre d’exemple, la centrale flottante exploitée par Karpowership à Owendo dispose à elle seule d’une puissance pouvant atteindre 150 mégawatts. Pour réduire cet écart entre production et capacité de transport, la solution retenue repose sur l’installation de conducteurs de nouvelle génération. Développés par CTC Global et proposés localement par Axis Engineering, ces câbles dits ACCC se distinguent par un cœur en fibre de carbone. Plus légers et plus performants que les conducteurs traditionnels, ils permettent d’augmenter significativement la capacité de transit de l’électricité. Grâce à cette technologie, la ligne concernée pourrait atteindre une capacité de transport d’environ 200 mégawatts, soit plus du double de sa capacité actuelle. L’un des avantages majeurs du dispositif réside dans le fait qu’il ne nécessite ni remplacement des pylônes existants ni ouverture de nouveaux couloirs de passage. Autrement dit, l’amélioration des performances du réseau se fait en s’appuyant sur les infrastructures déjà en place. Autre particularité du chantier : les travaux sont réalisés sous tension. Cette technique permet de procéder au remplacement des conducteurs sans interrompre l’alimentation électrique. Une contrainte importante dans un contexte où les délestages restent une préoccupation pour les usagers et les autorités. En maintenant la continuité du service, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) peut poursuivre sa desserte sans perturbations supplémentaires. Pour Axis Engineering, partenaire local du projet, l’enjeu est aussi de démontrer la pertinence d’une solution technologique innovante capable d’accompagner les ambitions énergétiques des autorités gabonaises. L’entreprise affirme ainsi contribuer à soutenir l’un des piliers de la politique énergétique portée par le Président de la République à travers le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie. Cette collaboration s’inscrit également dans une perspective plus large. Choisie par la SEEG, Axis Engineering participe aux réflexions liées au plan de développement du réseau électrique national pour la période 2026-2035. Dans ce cadre, la modernisation des lignes existantes apparaît comme une option stratégique pour renforcer la capacité du réseau sans engager des investissements massifs dans la construction de nouvelles infrastructures. Déjà déployée sur plus d’un million de kilomètres de lignes à travers le monde, la technologie des conducteurs à cœur en fibre de carbone est présentée comme une solution éprouvée pour moderniser les réseaux électriques. Au Gabon, elle pourrait à terme permettre d’augmenter la capacité de transit de plusieurs lignes à haute tension en utilisant les infrastructures existantes. Dans un pays où la question de l’accès fiable à l’électricité demeure centrale pour le développement économique et social, ce type d’innovation pourrait constituer un levier important pour améliorer durablement la performance du réseau énergétique national.

Gabon : le « Projet 108 » pour sécuriser la chaîne alimentaire et clarifier la gouvernance sanitaire

Libreville — Pendant quatre jours, experts, responsables administratifs et acteurs de la société civile se sont réunis dans la capitale gabonaise autour du « Projet 108 », une initiative régionale visant à renforcer la sécurité sanitaire des aliments dans les pays de la façade atlantique africaine. Soutenu par l’Union européenne et mis en œuvre notamment par Expertise France, ce programme ambitionne de mieux contrôler les produits alimentaires, améliorer les capacités d’analyse et clarifier les responsabilités des institutions chargées de la sécurité alimentaire. Pour le Gabon, fortement dépendant des importations alimentaires, l’enjeu est à la fois sanitaire, économique et réglementaire. Le projet, porté à l’origine par les autorités gabonaises, s’inscrit dans un programme régional couvrant une dizaine de pays de la façade atlantique africaine. Son objectif : renforcer les capacités des États à prévenir les risques sanitaires liés à l’alimentation et à mieux coordonner les multiples administrations impliquées dans ce domaine. Pour Jean-Maurice Ayine, point focal national de l’équipe NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) du Gabon, la question est d’autant plus cruciale que le pays dépend largement de l’extérieur pour son alimentation. « Le Gabon importe massivement tout ce qu’il mange et consomme. Il est donc essentiel d’assurer la sécurité sanitaire de ces aliments, car ils peuvent exposer les populations à des risques chimiques, biologiques ou d’intoxication », explique-t-il. Au-delà des enjeux sanitaires, la question touche également à l’organisation administrative et à la compétitivité économique. Selon lui, la multiplicité des services impliqués dans les contrôles alimentaires entraîne parfois des chevauchements de compétences.« Il existe aujourd’hui une multitude de services qui interviennent sur cette thématique, parfois avec des chevauchements de compétences. Cela peut créer du cafouillage sur le terrain et même contribuer à renchérir les coûts », souligne-t-il.   L’un des objectifs majeurs du projet consiste justement à mieux structurer la gouvernance de la sécurité alimentaire. Des discussions sont en cours autour d’une loi-cadre et d’un projet de décret visant à créer un laboratoire de référence et à harmoniser les procédures de contrôle. « L’idée est que les certificats sanitaires ne soient plus délivrés sans analyses de laboratoire. Il faut renforcer les capacités opérationnelles des services et s’arrimer aux standards internationaux », insiste Jean-Maurice Ayine. Ces évolutions s’inscrivent aussi dans la perspective d’une diversification économique. Pour exporter ses produits agricoles ou halieutiques, le Gabon devra se conformer aux normes sanitaires internationales. « Si nos produits ne respectent pas ces standards, nous aurons beaucoup de mal à les vendre à l’extérieur », prévient-il.   Du côté des partenaires techniques, le Projet 108 s’inscrit dans une initiative plus large des centres d’excellence européens consacrés aux risques NRBC. Selon Thibault Faroux, chargé de projet à Expertise France, l’approche retenue repose d’abord sur un diagnostic approfondi réalisé avec les institutions nationales. « Nous travaillons sur la sécurité sanitaire des aliments, mais aussi sur la sûreté alimentaire, ce que l’on appelle la food defense, et sur la fraude alimentaire », explique-t-il. Le programme vise à renforcer à la fois les dispositifs juridiques, les capacités techniques et les mécanismes de coordination entre institutions. « Nous réalisons un diagnostic avec les parties prenantes gabonaises pour améliorer l’architecture institutionnelle, mais aussi les standards d’analyse et les capacités des laboratoires », précise-t-il.     Au-delà du renforcement structurel, une seconde phase du projet portera sur la gestion des crises alimentaires, qu’elles soient accidentelles ou intentionnelles. L’objectif est de permettre aux autorités d’agir rapidement en cas de contamination d’un produit. « En cas de crise, il faut pouvoir retirer très vite un produit contaminé du marché avant qu’il n’ait un impact sur la population », souligne Thibault Faroux. Pour y parvenir, des exercices de simulation et des plans de gestion de crise seront élaborés avec les administrations concernées. L’un des défis majeurs identifiés lors de l’atelier concerne la multiplicité des acteurs impliqués dans la sécurité alimentaire. « Le risque, lorsqu’il y a trop d’acteurs, c’est que tout le monde soit responsable… et qu’au moment d’une crise, plus personne ne sache vraiment qui doit agir », observe le responsable d’Expertise France. Les travaux menés pendant les quatre jours d’atelier ont ainsi réuni administrations, experts, organisations de la société civile et associations de consommateurs afin de dégager des priorités communes. « Cette co-construction permet de faire émerger des besoins en matière de gouvernance, de concentration des moyens et de clarification institutionnelle », ajoute-t-il.     Pour les partenaires du projet, la sécurité sanitaire des aliments reste un domaine en évolution permanente. Entre la production, la transformation, le transport et la distribution, la chaîne alimentaire mobilise une multitude d’acteurs. « De la ferme à la fourchette, ou même de la canne à pêche à la fourchette, il y a énormément d’intervenants. C’est un travail qui ne s’arrête jamais », conclut Thibault Faroux. Dans un contexte où les enjeux sanitaires se mêlent aux impératifs économiques et commerciaux, le Projet 108 apparaît ainsi comme une étape vers une gouvernance plus cohérente de la sécurité alimentaire au Gabon et, plus largement, dans les pays de la façade atlantique africaine.