Gabon : premières élections professionnelles en avril 2026, les entreprises sommées de transmettre leurs effectifs avant le 27 mars
Le gouvernement gabonais a officiellement lancé le processus des premières élections professionnelles de l’histoire du pays, prévues en avril 2026. En amont, une phase préparatoire jugée cruciale impose aux entreprises concernées de transmettre leurs effectifs avant le 27 mars, afin de constituer un fichier électoral fiable. Une réforme structurante pour le dialogue social, mais dont le calendrier serré suscite déjà interrogations et mobilisation. Le Gabon s’engage dans une réforme majeure de son paysage social. À travers un communiqué rendu public récemment, le ministère du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle a annoncé la tenue, courant avril 2026, des premières élections professionnelles à l’échelle nationale. Une initiative présentée comme fondatrice, destinée à instaurer une représentativité syndicale « démocratique et indiscutable ». Dans les faits, le processus est déjà enclenché. Et pour les entreprises concernées, l’urgence est réelle. Avant le scrutin, les autorités ont ouvert une séquence décisive : celle du recensement des effectifs et de la constitution du fichier électoral. Sont particulièrement ciblées les entreprises de plus de dix salariés, celles n’ayant jamais organisé d’élections professionnelles, ainsi que celles non affiliées à une organisation patronale. Ces structures doivent transmettre leurs effectifs, ventilés par collèges électoraux, au plus tard le 27 mars 2026. Une double procédure est exigée : un envoi électronique à l’adresse dédiée du ministère, complété par un dépôt physique auprès des services déconcentrés du travail. « Il s’agit de poser les bases d’un fichier électoral crédible, condition indispensable à la transparence du scrutin », explique un cadre du ministère, soulignant la nécessité d’une mobilisation rapide des entreprises. Sur le terrain, les directions provinciales et les services départementaux du travail ont été mobilisés pour accompagner cette opération. « Nous sommes dans une phase pédagogique autant qu’administrative », confie un responsable local du travail. « Beaucoup d’entreprises découvrent ce processus pour la première fois. » Jusqu’ici, le paysage syndical gabonais reposait sur des mécanismes de représentativité souvent contestés, faute d’un cadre électoral structuré. En introduisant des élections professionnelles, les autorités entendent clarifier le poids des organisations syndicales et renforcer la légitimité du dialogue social. « C’est une avancée importante, si elle est menée avec rigueur », estime un responsable syndical joint par nos soins. « La crédibilité du processus dépendra de la transparence et de l’inclusivité des opérations préparatoires. » Du côté des entreprises, le calendrier serré interroge. « Le délai est court, surtout pour les structures qui ne disposent pas de services RH structurés », reconnaît un dirigeant d’une PME à Libreville. « Mais nous comprenons l’enjeu national. » Au-delà de l’organisation technique, ces élections traduisent une volonté politique plus large : celle de moderniser les relations de travail dans un contexte de mutation économique et sociale. En dotant le pays d’un système électif, le gouvernement ambitionne de structurer durablement les rapports entre employeurs, salariés et syndicats. Reste que la réussite de cette première expérience dépendra largement de la qualité de la phase préparatoire en cours. La fiabilité des données collectées, la capacité des entreprises à se conformer aux exigences, et l’accompagnement effectif des administrations locales seront déterminants. « C’est un test grandeur nature pour notre système de dialogue social », analyse un observateur du monde du travail. « Si le processus est bien conduit, il peut marquer un tournant historique. » À quelques jours de l’échéance du 27 mars, la pression monte donc d’un cran. Pour les autorités comme pour les acteurs économiques, l’enjeu dépasse le simple cadre électoral : il s’agit de poser les fondations d’un nouveau contrat social au Gabon. Reste à savoir si ce premier rendez-vous tiendra toutes ses promesses.
Permis digitalisé : où s’inscrire, combien ça coûte et en combien de temps ? Le guide complet
À Libreville et dans ses environs, l’administration gabonaise a lancé la digitalisation du permis de conduire. Objectif : moderniser le système, sécuriser les titres et simplifier les démarches des usagers. Centres d’enrôlement, pièces à fournir, coûts et délais : voici tout ce qu’il faut savoir pour obtenir son permis digitalisé en quelques jours. Le Gabon amorce un virage numérique dans la gestion de ses documents administratifs. Après d’autres initiatives de digitalisation, le permis de conduire s’inscrit désormais dans cette dynamique, avec l’ambition de lutter contre la fraude, améliorer la traçabilité des titres et offrir un service plus rapide aux citoyens. « Il s’agit d’une réforme structurante qui vise à fiabiliser les données et à sécuriser les documents officiels », confie un agent impliqué dans le processus d’enrôlement. En ligne de mire : un fichier national unifié et accessible, capable de réduire les doublons et les falsifications. Pour accompagner cette transition, plusieurs sites d’enrôlement ont été ouverts, avec des horaires étendus de 8h à 18h. À Libreville, les principaux centres sont situés au Palais des Sports de Petit Paris, à la DGDI (entrée Petit Dubaï) et à la mairie du 2ᵉ arrondissement, au niveau de la Tour jumelée ANINF. En périphérie, les usagers peuvent également se rendre au stade d’Angondjé à Akanda, à l’École nationale de police (ENP) à Owendo ou encore à la préfecture de Ntoum. Sur place, le dispositif est pensé pour fluidifier le parcours des demandeurs. « On nous oriente rapidement et les opérations sont assez bien organisées, même s’il y a parfois de l’affluence », témoigne un usager rencontré au Palais des Sports. L’accès au permis digitalisé repose sur la présentation de pièces justificatives, qui diffèrent selon le statut du demandeur. Pour les nationaux, il est exigé une pièce d’identité (originale et copie), le permis de conduire (original et copie) ainsi que deux photos d’identité. Les non-nationaux doivent fournir leur carte de séjour, leur permis et deux photos. Quant aux détenteurs d’une fiche d’enregistrement, notamment ceux ayant obtenu leur permis à l’étranger, ils doivent présenter cette fiche accompagnée de la carte de séjour, du permis d’origine et de deux photos. En cas de perte de documents, la procédure se durcit : une déclaration auprès d’un commissariat est requise, suivie d’une authentification par le Centre national de l’examen du permis de conduire. Le coût du permis digitalisé varie selon la catégorie : Permis A : 20 000 FCFA Permis B : 10 000 FCFA Permis C, D, E, F : 20 000 FCFA Fiche d’enregistrement : 20 000 FCFA Côté délais, l’administration annonce une délivrance en sept jours maximum. Un progrès notable dans un contexte où les procédures administratives ont souvent été perçues comme longues et complexes. « Si les délais sont respectés, ce sera une véritable avancée pour les usagers », estime un professionnel du transport, pour qui la rapidité d’obtention du permis est un enjeu économique. Si la réforme est globalement saluée, elle pose néanmoins des défis, notamment en termes d’information du public et d’accessibilité pour les populations éloignées des centres urbains. La réussite de cette transition dépendra en grande partie de la capacité des autorités à maintenir un service fluide, à éviter les engorgements et à accompagner les usagers dans la compréhension des nouvelles procédures. La digitalisation du permis de conduire s’inscrit dans une transformation plus large de l’administration gabonaise. À terme, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres services dématérialisés, renforçant l’efficacité de l’État et la confiance des citoyens. Reste à savoir si cette modernisation tiendra ses promesses sur la durée. Pour les usagers, une chose est sûre : le passage au numérique est désormais en marche.
Éducation au Gabon : Oligui Nguema annonce des états généraux qu’il présidera lui-même et accélère sur les mesures d’urgence
Libreville, 23 mars 2026. À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignant, au palais Rénovation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dévoilé une série d’annonces destinées à répondre à la crise qui a récemment secoué le secteur éducatif. Parmi elles, la tenue prochaine d’états généraux de l’éducation, qu’il a indiqué vouloir présider personnellement, ainsi que le paiement imminent des vacations et des bourses. Une séquence marquée par la volonté d’allier réponses immédiates et réformes de fond. C’est l’annonce structurante du discours. Le chef de l’État a confirmé la tenue prochaine de l’Assemblée générale du Conseil national de l’éducation, de la formation et de la recherche, présentée comme de véritables états généraux du secteur. Fait notable, il a indiqué qu’il en assurera lui-même la présidence : « J’annonce la tenue prochaine de l’Assemblée générale du Conseil national de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche. Cette Assemblée Générale sera présidée par moi-même. » Un choix qui traduit une implication directe au plus haut niveau de l’État dans la refondation du système éducatif. L’objectif affiché : créer un cadre de concertation élargi, capable de déboucher sur des réformes structurelles durables. Sur le volet des mesures immédiates, le président a pris un engagement fort concernant les arriérés dus aux enseignants. Dans une séquence inhabituelle, il a interpellé en direct les membres du gouvernement pour s’assurer de l’exécution rapide de la décision. « Les vacations seront payées dans quelques heures », a-t-il affirmé, avant d’élargir l’annonce aux étudiants : « Les bourses scolaires de nos enfants, universitaires et internationales, seront également payées. » Ces annonces visent à répondre à l’une des principales revendications à l’origine de la grève qui a paralysé le système éducatif pendant plusieurs mois. Autre mesure phare : l’intégration progressive des enseignants bénévoles et vacataires dans la fonction publique, via la validation des acquis de l’expérience (VAE). Le président a justifié cette orientation en mettant en avant la contribution de ces acteurs longtemps restés en marge : « Pendant des années, des hommes et des femmes ont éduqué les enfants de ce pays sans contrat, sans salaire assuré. » Et d’insister sur la portée de la mesure : « Ce n’est pas une faveur, c’est une reconnaissance méritée. » Toutefois, il a précisé que ce processus devra être encadré juridiquement, afin de garantir sa rigueur et sa transparence. Dans une perspective de moyen et long terme, plusieurs projets structurants ont été évoqués : la création d’instituts de formation des professeurs d’école à Libreville, Oyem, Mouila et Franceville le renforcement du Centre professionnel pédagogique, dédié à la formation continue l’élaboration d’un nouveau statut de l’enseignant Autant d’initiatives qui visent à répondre aux faiblesses structurelles du système éducatif, notamment en matière de formation et de gestion des carrières. Si les annonces se veulent apaisantes, le discours n’a pas éludé les tensions récentes. Le chef de l’État a appelé à un changement de pratiques, en particulier sur la question des mouvements sociaux. « La grève systématique ne saurait constituer une solution », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant la légitimité des revendications. Dans le même esprit, il a insisté sur la nécessité d’un engagement réciproque : « Nous le faisons parce que nous voulons être justes. Mais en retour, j’attends de vous une assiduité sans faille au travail. » Le président a replacé ces annonces dans une perspective plus large, reconnaissant que la transformation du secteur éducatif nécessitera du temps : « En huit mois, nous ne pourrons pas tout régler. Mais en sept ans, on peut y arriver. » Entre mesures d’urgence et ambition de refondation, cette prise de parole marque une étape dans la gestion de la crise éducative. Reste désormais à traduire ces engagements en actes concrets, dans un secteur où la confiance entre l’État et les enseignants reste à consolider.
FINAM : 20 ans d’ancrage et un virage stratégique vers une microfinance de nouvelle génération
Libreville, 21 mars 2026. L’institution de microfinance FINAM a célébré samedi son 20e anniversaire lors d’une cérémonie marquée par la remise officielle de la certification ISO 9001, la distinction de plusieurs employés et l’annonce de nouvelles ambitions stratégiques. En présence d’invités de marque, de partenaires institutionnels et d’acteurs du secteur financier, l’événement a mêlé reconnaissance du chemin parcouru et projection vers une nouvelle phase de développement. Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, ponctuée de prestations artistiques, FINAM a choisi de mettre au cœur de cette célébration ses ressources humaines. Plusieurs collaborateurs, dont certains cumulent plus de dix années d’ancienneté, ont été distingués pour leur engagement. Au-delà des distinctions honorifiques, la direction a franchi un cap en annonçant leur intégration au capital de l’entreprise. Une décision qui, selon la directrice générale du groupe, traduit une vision inclusive de la croissance : « Ce soir, nous posons un acte fort, un acte de reconnaissance, un acte de justice… Les collaborateurs qui ont construit FINAM doivent aussi partager sa valeur. » Une manière d’ancrer durablement l’idée que l’institution se construit comme une œuvre collective. Autre moment clé de la cérémonie : la remise officielle du certificat ISO 9001 version 2015 par Bureau Veritas. Une reconnaissance qui vient consacrer la structuration des processus internes et l’alignement de sur les standards internationaux de management de la qualité. Prenant la parole, la directrice générale de Bureau Veritas Cameroun a insisté sur la portée de cette distinction, soulignant qu’elle « n’est pas un acte formel, mais une preuve de maturité, de crédibilité et d’engagement ». Dans un secteur comme celui de la microfinance, a-t-elle rappelé, « la qualité n’est pas seulement un avantage compétitif, elle est un outil de transformation sociale », en ce qu’elle renforce la confiance des clients et sécurise les mécanismes d’inclusion financière. Créée il y a deux décennies, FINAM revendique aujourd’hui une présence significative dans le paysage financier gabonais. L’institution accompagne plus de 190 000 clients à travers un réseau de 21 agences couvrant l’ensemble du territoire. Revenant sur ce parcours, le directeur général a évoqué « le passage d’une vision audacieuse à une réalité solide », insistant sur le rôle joué par FINAM dans la transformation progressive du secteur. Les indicateurs avancés témoignent de cette dynamique, avec un total bilan de 711 milliards de francs CFA et un volume de crédits estimé à 35 milliards, orientés vers le financement de l’économie nationale. L’établissement met également en avant sa capacité d’adaptation, notamment à travers le lancement de solutions digitales comme FinanMobile et le développement de services monétiques destinés à améliorer l’accessibilité et la rapidité des opérations. Si le cap des 20 ans marque une maturité institutionnelle, il ouvre surtout, selon les dirigeants, une nouvelle phase de transformation. Plusieurs initiatives structurantes ont ainsi été annoncées, à commencer par la création d’un fonds spécial destiné à accompagner chaque année entre 10 et 20 clients dans la réalisation de leurs projets. « Derrière chaque client, il y a une histoire… Notre rôle, ce n’est pas seulement de financer, c’est de transformer des vies », a insisté la directrice générale, mettant en avant une vision élargie de la microfinance, centrée sur l’impact social. Dans le même esprit, FINAM a lancé un programme baptisé « 1000 femmes entrepreneurs », avec pour ambition d’accompagner, former et financer un millier de femmes à l’horizon 2030. Une initiative qui s’inscrit dans une logique de développement inclusif, en misant sur le rôle structurant des femmes dans les économies locales. Déjà implantée au Togo depuis 2016 et au Congo depuis 2023, l’institution affiche désormais clairement ses ambitions à l’échelle continentale. « Les 20 premières années ont été celles de la construction. Les 20 prochaines seront celles de la transformation », a résumé la directrice générale, annonçant le lancement d’une « FINAM nouvelle génération », plus digitale, plus accessible et résolument tournée vers l’Afrique. Cette stratégie d’expansion s’accompagne d’une augmentation du capital social, porté de 3,4 à 5 milliards de francs CFA, afin de soutenir les investissements futurs et renforcer la capacité d’intervention de l’institution. En célébrant ses 20 ans, FINAM ne se limite pas à un exercice commémoratif. L’institution cherche à redéfinir son positionnement dans un secteur en mutation, marqué par la digitalisation, la montée en puissance de nouveaux acteurs et des exigences accrues en matière de gouvernance. La certification ISO et les annonces stratégiques renforcent sa crédibilité, mais le défi reste désormais celui de l’exécution. Entre promesse d’expansion africaine et ambition d’impact social, FINAM s’engage dans une nouvelle séquence de son histoire, avec en ligne de mire une transformation durable de la microfinance. Une trajectoire qui, si elle se confirme, pourrait faire de l’institution un acteur de référence au-delà des frontières gabonaises.
FEMUA 2026 : le Gabon, invité d’honneur, mise sur la culture pour affirmer son influence en Afrique
Libreville – Le Gabon a été officiellement désigné pays invité d’honneur de la 18e édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA), prévue prochainement en Côte d’Ivoire. Cette distinction, entérinée à l’issue d’une audience entre le ministre gabonais de la Culture et des Arts, Paul Ulrich Kessany Zategwa, l’ambassadeur ivoirien Bertin Kouadio Konan et l’artiste Salif Traoré, dit A’Salfo, consacre une volonté commune de renforcer les liens culturels entre Libreville et Abidjan, tout en inscrivant cette édition sous le signe d’un débat majeur : « Intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? ». Au-delà de l’aspect festif, la désignation du Gabon comme invité d’honneur du FEMUA revêt une dimension diplomatique affirmée. Créé en 2008 par le groupe Magic System, ce rendez-vous s’est progressivement imposé comme l’un des plus importants festivals culturels d’Afrique de l’Ouest, mêlant concerts, forums et actions sociales. La présence du Gabon à l’honneur traduit, selon les autorités, une convergence de vues entre les deux pays sur le rôle de la culture comme levier d’influence et de coopération. La rencontre entre les délégations gabonaise et ivoirienne a permis de formaliser une invitation qui s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement bilatéral. « Cette invitation est la reconnaissance de ce que le Gabon construit : une culture vivante, ouverte sur l’Afrique et le monde », a déclaré le ministre Paul Ulrich Kessany Zategwa. Dans son propos, le membre du gouvernement inscrit clairement cette participation dans une stratégie de valorisation des industries culturelles, présentées comme un outil de souveraineté et de rayonnement. Placée sous le thème « Intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? », cette 18e édition entend dépasser le cadre artistique pour s’imposer comme un espace de réflexion sur les transformations contemporaines du continent. Depuis plusieurs années, le FEMUA articule ses programmations autour de problématiques sociétales. L’introduction de l’intelligence artificielle dans les débats témoigne d’une volonté d’anticiper les mutations technologiques et leurs impacts sur les économies créatives africaines. Pour A’Salfo, commissaire général du festival, cette orientation répond à une exigence d’adaptation : « Le FEMUA n’est pas seulement une scène musicale. C’est aussi un lieu où l’Afrique pense son avenir, en croisant culture, innovation et développement. » La mise à l’honneur du Gabon intervient dans un contexte où le pays cherche à structurer et internationaliser davantage sa scène culturelle. Musique urbaine, arts visuels, danse contemporaine : les expressions artistiques gabonaises gagnent en visibilité, mais peinent encore à s’imposer durablement sur les grandes scènes africaines. Cette invitation offre ainsi une plateforme stratégique pour exposer les talents nationaux, favoriser les collaborations et attirer l’attention des professionnels du secteur. « C’est une opportunité pour nos artistes de franchir un cap, de se confronter à d’autres publics et de nouer des partenariats », confie un acteur du milieu culturel à Libreville. Au-delà de la promotion artistique, c’est bien une diplomatie culturelle que Libreville tente de structurer. En misant sur des événements d’envergure continentale, les autorités gabonaises entendent renforcer leur présence dans les réseaux culturels africains. Cette stratégie s’inscrit dans la vision portée par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait de la culture un vecteur d’influence et de cohésion. Dans ce cadre, la participation au FEMUA apparaît comme un jalon supplémentaire dans la construction d’une image internationale renouvelée. Reste que cette mise en lumière constitue aussi un test. La capacité du Gabon à mobiliser ses artistes, à proposer une programmation cohérente et à capter l’attention du public international sera déterminante. Dans un contexte de concurrence accrue entre les scènes culturelles africaines, l’enjeu est double : exister et convaincre. À Abidjan, le rendez-vous est donc attendu comme un moment de vérité. Pour le Gabon, il ne s’agira pas seulement d’être invité d’honneur, mais de démontrer que sa culture peut s’imposer comme une voix singulière dans le concert africain.
Gabon : l’État lance un concours pour définir la tenue traditionnelle officielle du pays
Libreville — Le ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, Paul Kessany a annoncé le lancement d’un concours national visant à créer la tenue traditionnelle officielle de la République gabonaise. Ouvert du 23 mars au 24 avril 2026 à tous les créateurs gabonais, y compris ceux de la diaspora, ce projet s’inscrit dans la mise en œuvre du programme du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Au-delà de l’enjeu symbolique, l’initiative ambitionne de dynamiser une filière textile encore peu structurée et d’encourager l’insertion professionnelle des jeunes talents. À travers ce concours inédit, les autorités entendent poser les bases d’une identité vestimentaire nationale, à la fois ancrée dans les traditions et ouverte à la modernité. L’objectif est clair : faire émerger une tenue officielle capable de représenter le Gabon lors d’événements nationaux et internationaux, tout en valorisant les savoir-faire locaux. Le ministère souligne que cette démarche vise à « valoriser les savoir-faire artisanaux et créatifs nationaux » et à « stimuler l’innovation fondée sur les patrimoines culturels gabonais ». Une orientation qui traduit une volonté politique de faire du secteur culturel un levier de développement économique. Le concours s’adresse à un large éventail d’acteurs : couturiers, stylistes, designers textiles, mais aussi tisserands, brodeurs, imprimeurs et artisans. Les coopératives et jeunes créateurs sont également encouragés à participer, signe d’une volonté d’inclusion de toute la chaîne de valeur. Les candidats devront soumettre un dossier comprenant une note conceptuelle, des croquis ou visuels, un curriculum vitae ainsi qu’une pièce d’identité. Les formulaires d’inscription seront disponibles auprès du ministère ou téléchargeables en ligne pour les participants de la diaspora. Pour un styliste basé à Libreville, cette ouverture est essentielle : « C’est une opportunité rare de faire reconnaître notre travail à l’échelle nationale. Mais il faudra aussi que l’accompagnement suive après le concours, sinon l’impact restera limité. » Au-delà de la dimension artistique, le concours révèle un enjeu plus profond : la structuration de la filière textile et mode au Gabon. Longtemps dominé par l’importation, le secteur peine à s’organiser et à se professionnaliser, malgré un vivier de talents reconnu. En mettant l’accent sur la « professionnalisation des jeunes créateurs » et leur « insertion économique », les autorités semblent vouloir impulser une dynamique durable. Reste à savoir si cette initiative ponctuelle s’inscrira dans une stratégie plus globale de soutien à la production locale, à la formation et à la commercialisation. La création d’une tenue officielle pose également la question de la représentation du Gabon à l’international. Dans un contexte de compétition culturelle accrue, notamment en Afrique, où plusieurs pays valorisent déjà leurs textiles traditionnels, l’initiative gabonaise pourrait renforcer son image et son soft power. Elle pourrait aussi contribuer à positionner la mode gabonaise sur des circuits régionaux et internationaux, à condition que les créations issues du concours bénéficient d’une véritable mise en visibilité. Le ministère appelle à une « mobilisation massive » des acteurs de la filière, condition sine qua non du succès de l’opération. Si la participation est au rendez-vous, le concours pourrait devenir un moment fondateur pour la mode gabonaise. Reste désormais à observer la qualité des propositions et la capacité des autorités à transformer l’essai. Car au-delà du symbole, c’est toute une industrie qui pourrait se redessiner. À l’issue du concours, la tenue retenue pourrait bien devenir plus qu’un simple habit : un marqueur d’identité nationale, et peut-être, le point de départ d’une nouvelle ambition culturelle et économique pour le Gabon.
Fegafoot : Pierre-Alain Mounguengui défie l’usure du pouvoir et se porte candidat à un nouveau mandat
Libreville, 18 mars 2026. Après douze années à la tête de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), Pierre-Alain Mounguengui a officiellement déposé sa candidature pour un nouveau mandat, relançant une équation que beaucoup pensaient tranchée. Dans un contexte marqué par des tensions internes et des appels croissants au renouvellement, le président sortant entend poursuivre son action à la tête de l’instance, à un mois d’une élection prévue le 18 avril. C’est une annonce qui a surpris jusque dans les cercles les mieux informés du football gabonais. Mercredi, Pierre-Alain Mounguengui (PAM), figure centrale et controversée du ballon rond national, a officiellement fait acte de candidature devant la Commission électorale de la Fegafoot. Selon des sources concordantes, dont le média spécialisé Clubsportplus, le président sortant a choisi de repartir en campagne, déterminé à poursuivre ce qu’il présente comme un chantier inachevé de réforme et de relance du football gabonais. « Le président sortant vient de faire acte de candidature auprès de la Commission électorale chargée de veiller au bon déroulement du processus électoral jusqu’à l’élection du 18 avril 2026 », a confirmé notre confrère. Dans les faits, cette entrée en lice reconfigure le rapport de force. Elle introduit une variable de poids dans une élection que certains espéraient ouverte, voire marquée par une alternance. À la tête de la Fegafoot depuis 2014, Pierre-Alain Mounguengui a traversé plusieurs cycles : qualifications continentales, crises internes, tensions avec les acteurs du football local et épisodes de gouvernance contestée, et incarcération pour complicité passive dans le cadre du scandale sur la pédocriminalité. Plusieurs observateurs et acteurs du football gabonais plaident désormais pour un renouvellement en profondeur des instances dirigeantes. « On ne peut pas parler de relance sans repenser la gouvernance. Le football gabonais a besoin d’un nouveau souffle », estime un ancien dirigeant de club, sous couvert d’anonymat. Au-delà de la procédure électorale, la candidature de Mounguengui pose la question de la légitimité politique et morale dans un environnement marqué par la défiance. Ces dernières années, la Fegafoot a été secouée par des critiques récurrentes : gestion financière, organisation des compétitions, relations avec les joueurs et encadrements techniques. Autant de sujets qui devraient s’inviter au cœur de la campagne.
Retrait des capacités de production de KPS : le démenti de la SEEG
Libreville, le 18 mars 2026_La SEEG tient à apporter un démenti formel aux informations relayées depuis 24 heures sur certains médias en ligne et réseaux sociaux, faisant état d’un prétendu retrait des capacités de production du fournisseur Karpowership (KPS) du réseau électrique du Grand Libreville. La SEEG informe l’opinion publique que ces allégations sont inexactes, infondées et de nature à induire en erreur les usagers. À ce jour, aucun retrait unilatéral ou définitif des capacités de production de KPS n’a été acté. La SEEG précise que le cadre contractuel en vigueur, fait l’objet d’un suivi régulier etque toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir la continuité du service et préserver l’équilibre de la fourniture en électricité. Par conséquent, la SEEG invite les usagers à se référer exclusivement à ses canaux de communication pour toutes informations officielles de l’entreprise. La SEEG réaffirme sa pleine mobilisation pour assurer la continuité et la qualité du service public de l’énergie électrique dans Grand Libreville.
CAN 2025 : un titre attribué par “e-mail”, la planète football s’indigne
La Coupe d’Afrique des Nations, censée consacrer la suprématie sportive sur le terrain, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une controverse majeure. Quelques semaines après le sacre du Sénégal, la décision d’attribuer le trophée au Maroc sur tapis vert a déclenché une onde de choc qui dépasse largement les frontières du continent africain. Entre incompréhension, indignation et lectures opposées, l’affaire s’annonce déjà comme l’un des épisodes les plus sensibles de l’histoire récente du football africain. Tout bascule mardi soir, lorsque la Confédération africaine de football entérine une décision qui rebat les cartes du tournoi. Battu sur le terrain, le Maroc est finalement déclaré vainqueur, en attendant l’arbitrage du Tribunal Arbitral du Sport, saisi par la partie sénégalaise. Une issue inattendue qui nourrit un sentiment d’injustice chez de nombreux observateurs et supporters, pour qui la vérité sportive semble avoir été reléguée au second plan. Au Sénégal, la réaction est immédiate et virulente. Une partie de la presse dénonce une décision incompréhensible, évoquant un véritable scandale et une remise en cause des fondements mêmes de la compétition. Le sentiment dominant est celui d’un titre confisqué, d’autant plus amer que la victoire avait été acquise sur le terrain, au terme d’un parcours salué pour sa solidité et sa cohérence. À l’inverse, au Maroc, certains médias défendent une décision perçue comme une rectification nécessaire. Pour eux, il ne s’agit pas d’un renversement arbitraire, mais d’un signal fort envoyé au football africain, notamment sur la question du respect des règles et des comportements jugés contraires à l’éthique sportive. Une lecture qui reste toutefois minoritaire à l’échelle internationale. Car au-delà des positions nationales, la polémique s’invite dans le débat global sur la gouvernance du football africain. Des voix influentes dénoncent un manque de transparence et pointent du doigt le rôle de certaines instances. L’ancien sélectionneur Claude Le Roy, figure bien connue du continent, n’a pas mâché ses mots, évoquant une décision qui porterait atteinte à la crédibilité de la Confédération africaine de football. Dans la même veine, l’ancien international égyptien Ahmed Hossam Mido dénonce une dérive profonde, appelant à une refonte des instances dirigeantes. En Europe également, la surprise le dispute à l’incrédulité. Plusieurs grands titres de la presse sportive qualifient l’épisode de scandale mondial, soulignant le caractère inédit d’un tel retournement post-compétition. Certains s’interrogent sur le calendrier et la légitimité d’une décision aussi lourde de conséquences prise plusieurs semaines après la finale. Au cœur de cette tempête, une question essentielle demeure : celle de la crédibilité des institutions qui régissent le football africain. Alors que le dossier est désormais entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport, l’issue de cette procédure sera déterminante. Elle pourrait soit apaiser les tensions, soit, au contraire, raviver une crise de confiance déjà palpable. En attendant, le football africain traverse une zone de turbulences où se mêlent passions populaires, enjeux politiques et exigences de gouvernance. Et dans ce climat incertain, une certitude s’impose : quelle que soit la décision finale, les traces de cette affaire seront durables.
Pas d’austérité au Gabon : la Présidence rassure et défend une stratégie de réformes maîtrisées
Libreville, 17 mars 2026. C’est un message clair et sans ambiguïté que le porte-parole de la Présidence a tenu à faire passer. Lors de la session de questions-réponses de sa conférence de presse, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a fermement écarté toute perspective de rigueur budgétaire imposée aux populations. « Il n’aura pas de mesures d’austérité », a-t-il assuré, mettant fin aux spéculations sur un éventuel durcissement économique dans le sillage des réformes en cours. Cette mise au point, particulièrement attendue, s’inscrit dans un contexte où les discussions autour de la gestion des finances publiques et de la coopération avec les partenaires internationaux alimentent interrogations et inquiétudes. En apportant cette précision, la Présidence cherche à rassurer l’opinion tout en clarifiant la ligne économique du gouvernement. Au-delà de cette déclaration, le porte-parole a consacré une part importante de son intervention aux enjeux économiques et diplomatiques. L’objectif affiché reste de positionner le Gabon comme un pays engagé dans des réformes crédibles, sans pour autant faire peser leur coût sur les populations. La mission récente du Fonds monétaire international est ainsi présentée comme un signal encourageant. Selon les autorités, ses conclusions confirment la pertinence des orientations prises en matière de gestion des finances publiques, de transparence et de gouvernance. Dans cette perspective, « consolider la crédibilité financière du pays » apparaît comme un axe central de l’action gouvernementale. Sur le plan diplomatique, l’intégration du Gabon au Plan Mattei porté par l’Italie est également mise en avant comme une avancée stratégique. Cette initiative ouvre des perspectives dans des secteurs structurants tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture ou encore la formation, traduisant une volonté d’ancrer les réformes internes dans une dynamique de coopération internationale. À travers cette séquence, la communication présidentielle met en avant une ligne de conduite fondée sur l’équilibre. D’un côté, engager des réformes jugées nécessaires pour renforcer la gouvernance économique et la crédibilité du pays. De l’autre, préserver le pouvoir d’achat et éviter des mesures susceptibles d’alimenter les tensions sociales. Sans céder au triomphalisme, le discours insiste sur une trajectoire progressive, orientée vers des résultats durables. Il s’agit de projeter une image de stabilité et de sérieux, tout en tenant compte des attentes sociales. La suite dépendra de la capacité des autorités à traduire cette promesse en réalité. Car au-delà des engagements, c’est bien la perception des populations qui constituera le véritable baromètre de cette stratégie économique.