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OEACP: A Malabo, Yohann Moussadji plaide pour une souveraineté économique par les champions nationaux

Présent au Sommet d’affaires de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique () organisé à Malabo en Guinée équatoriale, Yohann Moussadji Nzamba a pris la parole, au cours de séances de réseautage pour appeler le Gabon à forger ses propres acteurs économiques stratégiques. Son intervention a suscité un écho au sein de la diaspora gabonaise et chez certains observateurs du secteur privé africain. Le Sommet d’affaires de l’OEACP, tenu à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, s’est imposé ces dernières années comme l’une des plateformes de référence pour le dialogue entre les secteurs public et privé des pays membres du groupe ACP, une organisation qui regroupe plus de soixante-dix États d’Afrique subsaharienne, des Caraïbes et du Pacifique. C’est dans ce cadre que Yohann Moussadji Nzamba, entrepreneur gabonais fondateur du cabinet Interface Consulting, a choisi de formuler un plaidoyer en faveur d’une refondation du rapport du Gabon à son propre tissu économique. Il a surtout multiplié les échanges avec plusieurs investisseurs potentiels et entrepreneurs concernant sa vision des affaires. Dans une prise de parole relayée sur les réseaux sociaux à son retour de Malabo, il a posé un constat sans détour : « La croissance du Gabon ne se décrète pas de l’extérieur, elle se construit de l’intérieur. » Une formule qui résume l’essentiel de son propos : la transformation durable du pays passe, selon lui, par l’émergence de ce qu’il nomme des « champions nationaux » des acteurs économiques locaux disposant de la capacité à opérer à grande échelle, à s’imposer sur les marchés régionaux et à peser dans les secteurs stratégiques. L’intervention de Moussadji Nzamba s’inscrit dans un contexte particulier pour le Gabon. Depuis le coup d’État militaire d’août 2023 qui a mis fin à la présidence d’Ali Bongo Ondimba et porté Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête du gouvernement, le pays cherche à redéfinir son modèle de développement. Le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD), présenté par les nouvelles autorités comme feuille de route économique, constitue désormais le cadre de référence officiel autour duquel s’organise le débat sur la transformation productive du pays. C’est précisément à ce plan que l’entrepreneur fait référence dans son intervention. Pour lui, la réussite du PNCD ne dépendra pas uniquement de la qualité de sa conception, mais de la capacité à identifier et à mobiliser des opérateurs nationaux crédibles pour en porter la mise en œuvre. « Le Gabon a des talents, des ressources et une vision. Il nous reste à construire les structures qui porteront cette ambition. La réussite du PNCD sera le fruit de notre capacité à faire confiance à nos propres forces. » A-t-il indiqué. L’appel aux champions nationaux n’est pas nouveau sur le continent africain. Des pays comme le Rwanda, l’Éthiopie ou le Maroc ont, à des degrés divers, développé des politiques délibérées de soutien à des acteurs privés locaux dans des secteurs jugés stratégiques: logistique, finance, agroalimentaire, télécommunications. Le Gabon, dont l’économie reste structurellement dépendante des exportations pétrolières et des opérateurs étrangers dans plusieurs filières, peine encore à inscrire ce modèle dans la durée. Dans une longue lettre ouverte publiée en réaction à l’intervention de l’entrepreneur gabonais lors du sommet de Malabo, André Bouassa, entrepreneur et observateur de la vie économique gabonaise, salue le propos mais formule une exigence : passer de la parole à la méthode. « Le Gabon aime les grandes conférences. Le Gabon aime les missions officielles, les forums, les délégations, les rencontres de haut niveau, les annonces ambitieuses. Nous excellons souvent dans l’art de l’événementiel institutionnel. Mais une question essentielle demeure : faisons-nous réellement le bilan des résultats de ces événements ? » Cette interpellation touche à une tension récurrente dans le débat sur le développement en Afrique centrale : la multiplication des espaces de dialogue ne produit pas mécaniquement des transformations structurelles. Bouassa liste les conditions qu’il juge indispensables : identifier les secteurs stratégiques à souverainiser, sélectionner des opérateurs nationaux crédibles, définir des cadres d’exécution exigeants, et mesurer les performances avec rigueur. L’un des points de convergence entre les deux hommes réside dans la manière de définir le patriotisme économique. Ni l’un ni l’autre ne l’entendent comme un repli protectionniste ou comme un rejet des partenariats étrangers. Moussadji Nzamba parle d’une « discipline » : fédérer les acteurs opérationnels, bâtir des alliances solides, sortir des intérêts particuliers. Bouassa, lui, y ajoute la nécessité de dépasser les rivalités personnelles qui freinent souvent la mise en commun des talents. Pour André Bouassa « La souveraineté économique ne se proclame pas. Elle se construit à travers des entreprises solides, des institutions crédibles, des alliances intelligentes et une volonté politique constante. » Ce cadrage est significatif. Il déplace la discussion des postures identitaires vers une logique d’organisation industrielle et institutionnelle. Il pose la question, plus difficile, des mécanismes concrets : comment l’État gabonais peut-il soutenir des acteurs locaux sans verser dans le clientélisme ? Comment les entreprises privées nationales peuvent-elles accéder au financement, aux marchés publics et aux partenariats techniques dans des conditions équitables et transparentes ?

À Libreville, les gardiens des finances publiques africaines en quête d’un nouveau souffle

À l’heure où la transparence budgétaire et la crédibilité de l’action publique s’imposent comme des exigences démocratiques majeures, Libreville accueille depuis ce 30 mars la première réunion conjointe des commissions techniques du CREFIAF (Conseil Régional de Formation des Institutions Supérieures de Contrôle des Finances Publiques d’Afrique Francophone subsaharienne). Une rencontre stratégique qui réunit les institutions supérieures de contrôle des finances publiques d’Afrique francophone subsaharienne, avec en toile de fond un objectif clair : renforcer les mécanismes de contrôle pour mieux légitimer l’action de l’État. C’est le ministre de la Réforme des institutions constitutionnelles, François Ndong Obiang, qui a procédé à l’ouverture officielle des travaux, donnant le ton d’une rencontre placée sous le sceau de la rigueur, de la coopération et de l’exigence. Dans un contexte marqué par des défis économiques persistants et des attentes sociales croissantes, cette réunion apparaît comme un moment charnière pour les organes de contrôle appelés à jouer un rôle de plus en plus central dans la gouvernance publique. Premier président de la Cour des comptes du Gabon, Alex Euv Moutsiangou a d’emblée rappelé la portée des enjeux. Il explique ainsi que « plusieurs enjeux se dessinent, à commencer par la mission même de notre organisation, qui réunit les institutions supérieures de contrôle partageant l’usage du français en Afrique subsaharienne ». Puis il précise que ces institutions ont pour vocation de contrôler les finances publiques, une mission qui, selon lui, « ne peut se faire sans normes ni règles », soulignant ainsi l’importance des échanges entre pairs pour harmoniser les pratiques. Dans son analyse, il insiste sur la nécessité d’adapter les standards internationaux aux réalités locales. Il confie à ce sujet que ces normes doivent être « internalisées », afin de mieux répondre aux spécificités des États africains. Dès lors, cette rencontre devient un espace d’ajustement et de co-construction, permettant aux institutions participantes de « travailler ensemble et progresser ensemble pour améliorer le rendement du gouvernement par la qualité des contrôles ». Au-delà de la technique, les implications sont profondément politiques et sociales. Alex Euv Moutsiangou le souligne sans détour en affirmant que « les enjeux sont démocratiques et sociaux », dans la mesure où il s’agit in fine de « légitimer l’action publique ». Il rappelle que les institutions de contrôle ne sont pas en opposition avec les gouvernements, mais qu’elles ont vocation à les accompagner, en veillant à la bonne utilisation des ressources publiques. Les travaux engagés à Libreville devront ainsi déboucher sur des orientations concrètes pour les deux prochaines années. Le Premier président évoque notamment les défis liés à la numérisation de l’État, à la gestion de la dette, à la maîtrise de la masse salariale ou encore à l’efficacité des investissements publics. Autant de problématiques structurantes pour des économies souvent dépendantes des ressources extractives et confrontées à une pression sociale accrue. Il résume cette ambition en expliquant qu’il s’agit, en définitive, de « répondre aux besoins des populations en améliorant la gouvernance ». Dans une allocution solennelle, le directeur du secrétariat du CREFIAF a, quant à lui, insisté sur la portée symbolique et opérationnelle de cette rencontre. Il décrit ce rendez-vous comme « un moment de convergence, d’exigence et d’ambition », où se rencontrent « les intelligences, les expériences et les volontés au service d’une même vision ». Par ces mots, il souligne la dimension collective et stratégique des travaux engagés. Saluant la nomination d’Alex Euv Moutsiangou à la tête de la Cour des comptes du Gabon, il évoque « un parcours exemplaire marqué par un engagement constant et une expertise reconnue », traduisant ainsi la reconnaissance de ses pairs au sein de l’organisation. Dans le même élan, il remercie les autorités gabonaises pour leur accueil, y voyant le signe d’un engagement renouvelé en faveur du renforcement des institutions de contrôle. Insistant sur le rôle structurant des commissions techniques, il rappelle qu’elles constituent « de véritables catalyseurs de l’action », indispensables à la mise en œuvre du plan stratégique du CREFIAF. Il prévient néanmoins que l’enjeu dépasse le simple cadre technique, car « c’est bien la capacité du CREFIAF à produire un impact tangible qui est en jeu », notamment en matière de transparence, de reddition des comptes et de performance publique. Alors que les travaux se poursuivent à Libreville, les attentes sont à la hauteur des défis. Dans un environnement où la gestion des finances publiques est scrutée avec une attention croissante, les conclusions de cette réunion pourraient bien tracer les contours d’une nouvelle dynamique pour les institutions de contrôle en Afrique francophone. Une dynamique dont dépend, en partie, la consolidation de l’État de droit et la confiance des citoyens envers leurs gouvernants.

Article 64 : qui peut vraiment perdre sa nationalité gabonaise ? Décryptage d’un texte au cœur des fantasmes

Au Gabon, l’article 64 du nouveau Code de la nationalité alimente peurs et interprétations alarmistes. Mais derrière les raccourcis, une question centrale s’impose : qui peut réellement être concerné par cette disposition ? Analyse d’un mécanisme juridique encadré, loin des lectures simplistes. Depuis plusieurs jours, une idée s’installe dans le débat public : il suffirait de critiquer le pouvoir pour risquer de perdre sa nationalité. Une affirmation forte, largement relayée, mais qui ne résiste pas à une lecture rigoureuse du texte. Car l’enjeu réel est ailleurs. Il tient en une question précise, trop souvent éludée : qui pourrait effectivement tomber sous le coup de l’article 64 ? Premier élément fondamental : l’article 64 ne vise pas les citoyens exprimant une opinion, même virulente. Il ne concerne ni les opposants politiques, ni les activistes, ni les journalistes dans l’exercice normal de leurs fonctions. Le texte cible des actes qualifiés de graves contre les intérêts fondamentaux de l’État. Autrement dit, il ne s’agit pas de paroles, mais bien d’actions concrètes. « Critiquer un gouvernement, contester une décision ou appeler à des réformes ne relève en rien de cet article », résume un juriste. « La bascule se fait lorsqu’il y a atteinte concrète à la sûreté de l’État. » Mais que recouvre concrètement le terme « subversif », au cœur des débats ? Dans son acception la plus courante en droit et en sciences politiques, une action subversive désigne une démarche visant à renverser, affaiblir ou déstabiliser l’ordre établi, en dehors des mécanismes légaux et démocratiques. Appliqué à l’article 64, cela renvoie à des situations précises. Il peut s’agir, par exemple, de la préparation ou de la participation à une prise de pouvoir par la force, de l’organisation d’un mouvement insurrectionnel armé, ou encore de la mise en place de réseaux destinés à déstabiliser les institutions de manière illégale. De même, le recours à des mercenaires ou la collaboration avec des acteurs étrangers dans le but de fragiliser l’État relèveraient d’une logique subversive. Dans un autre registre, pourraient également être qualifiés de subversifs des actes consistant à saboter des infrastructures stratégiques, à organiser des actions clandestines visant à paralyser le fonctionnement de l’État, ou à compromettre volontairement la sécurité nationale. Dans tous les cas, la notion implique une intention et des actes concrets dirigés contre la stabilité des institutions. Ces exemples permettent de mieux cerner les profils potentiellement concernés. Il s’agit d’individus engagés dans des entreprises de déstabilisation violente, impliqués dans des actions coordonnées contre l’État ou participant à des stratégies de rupture de l’ordre constitutionnel. Une affaire récente a contribué à cristalliser les tensions : celle du professeur Albert Ondo Ossa. Des images controversées l’ont montré, selon certaines sources, en discussion avec des individus présentés comme des mercenaires, dans le cadre d’un projet présumé de prise de pouvoir par la force. L’intéressé a fermement démenti et contesté les faits. Sur le plan strictement juridique, un point reste essentiel : ce n’est pas la position politique qui serait en cause, mais la nature des actes reprochés. Dans l’hypothèse où de tels faits seraient établis, poursuivis et jugés, ils pourraient entrer dans le champ de l’article 64. Mais une telle issue suppose une chaîne de décisions claire, allant de l’enquête aux poursuites, puis à une éventuelle condamnation, avant même d’envisager l’application de cette « Ce type de situation relève du pénal avant tout. L’article 64 n’intervient qu’en bout de chaîne », précise un universitaire. Autre élément souvent rappelé par les spécialistes : la déchéance de nationalité n’est ni automatique ni immédiate. Le texte prévoit une qualification préalable des faits, suivie d’une injonction adressée à la personne concernée, puis d’un délai pour s’y conformer. Ce n’est qu’en cas de refus qu’une décision peut être prise par décret, avec, en parallèle, la possibilité de recours. Ce cadre procédural éloigne l’idée d’une sanction arbitraire fondée sur un simple désaccord politique. En définitive, l’article 64 ne transforme pas la critique politique en faute sanctionnable. Il vise des situations extrêmes, liées à des atteintes graves à l’État. Mais au-delà de son écriture, c’est bien son application qui sera déterminante. Car toute la question reste posée : où commence réellement l’atteinte aux intérêts fondamentaux du pays, et qui en fixe les contours ? Entre impératif de sécurité et garantie des libertés, l’équilibre demeure fragile. C’est dans cette tension que se jouera, à l’avenir, la véritable portée de l’article 64.

FEGAFOOT : Axel Nguema Edou traîne l’instance en justice et dénonce un scrutin sous haute suspicion

À la veille d’une audience très attendue, la contestation du processus électoral à la Fédération gabonaise de football prend une tournure judiciaire. Le candidat déclaré à la présidence de la FEGAFOOT, Axel Nguema Edou, annonce la comparution du secrétariat général de l’instance et de sa commission électorale devant le tribunal de Libreville, à la suite d’une plainte déposée pour dénoncer de « graves irrégularités ». Dans une déclaration rendue publique, le candidat affirme refuser toute forme de compromis face à ce qu’il considère comme des manquements majeurs ayant entaché le processus électoral. Il pointe également « le silence complice » de la commission de recours, accusée de ne pas avoir répondu de manière adéquate aux griefs soulevés. Une posture qui s’inscrit dans une stratégie de judiciarisation d’un scrutin déjà sous tension. Au cœur de cette affaire, la question de la transparence et de la crédibilité des élections fédérales. Si les détails précis des irrégularités alléguées n’ont pas encore été rendus publics dans leur intégralité, la démarche engagée par le plaignant traduit une défiance profonde vis-à-vis des organes en charge de l’organisation du scrutin. Elle met également en lumière les fragilités institutionnelles qui continuent de traverser le football gabonais. Pour Axel Nguema Edou, l’enjeu dépasse sa candidature personnelle. Il évoque un combat pour « la vérité, la transparence et la justice », estimant que l’avenir du football national dépend de la crédibilité de ses instances dirigeantes. Une rhétorique qui trouve un écho dans un contexte où la gouvernance du sport reste régulièrement questionnée sur le continent. Reste désormais à savoir quelle sera l’issue de cette confrontation judiciaire. L’audience prévue pourrait marquer un tournant dans le processus électoral de la FEGAFOOT, soit en validant les contestations soulevées, soit en confortant les décisions des organes mis en cause. Dans tous les cas, elle s’annonce comme un test majeur pour l’État de droit appliqué au sport au Gabon.

Gabon Infini : Libreville mise près de 120 milliards de francs CFA pour monétiser son capital forestier

Libreville franchit un nouveau cap dans sa stratégie environnementale. Dans un communiqué lu le 27 mars par Théophane Nzame Nze Biyoghé, la présidence de la République annonce le lancement du projet « Gabon Infini », un mécanisme de financement ambitieux destiné à soutenir la protection des écosystèmes et le développement durable. Doté d’une enveloppe pouvant atteindre 200 millions de dollars sur dix ans, ce programme marque une inflexion dans la valorisation économique du capital naturel gabonais. Porté par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet s’inscrit dans une volonté affirmée de faire du Gabon un acteur central de la lutte contre le changement climatique. Le partenariat, noué avec des institutions internationales de premier plan telles que Bezos Earth Fund, The Nature Conservancy et le Fonds pour l’Environnement mondial, vient consacrer la crédibilité du pays sur la scène écologique mondiale. Au cœur de cette initiative, des objectifs chiffrés qui traduisent une ambition structurante. Le Gabon entend porter ses aires protégées à 30 % du territoire d’ici 2030, sanctuariser près de 3,9 millions d’hectares de forêts et préserver 18 000 kilomètres de cours d’eau. Au-delà de la conservation, le projet vise également la création d’emplois verts, présentés comme un levier de développement pour les communautés locales. Avec environ 89 % de couverture forestière, le Gabon fait figure d’exception à l’échelle mondiale, absorbant davantage de carbone qu’il n’en émet. Cette singularité, longtemps perçue comme un atout écologique, tend désormais à devenir un argument économique et diplomatique. Le communiqué insiste d’ailleurs sur la nature du partenariat, qui ne relève pas d’une aide classique mais d’une reconnaissance de la valeur stratégique des forêts gabonaises dans l’équilibre climatique global. À travers « Gabon Infini », Libreville cherche ainsi à conjuguer souveraineté nationale et responsabilité environnementale, tout en inscrivant son développement dans une trajectoire durable. Reste à observer si cette promesse financière et écologique se traduira concrètement sur le terrain, dans un pays où la gestion des ressources naturelles demeure un enjeu aussi stratégique que sensible.

ONU proclame la traite des esclaves africains «plus grave crime contre l’humanité»

L’Assemblée générale de l’ONU a proclamé ce mercredi 25 mars la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, un combat porté par le Ghana qui espère ouvrir la voie vers des excuses et la justice.  Malgré les réticences des États-Unis et des Européens, l’Assemblée générale de l’ONU a proclamé mercredi la traite des esclaves africains comme crime le plus grave contre l’humanité, un combat porté par le Ghana qui espère des excuses et la justice. Tête de file de l’Union africaine (UA) sur la question des réparations liées à la traite transatlantique, le président ghanéen John Mahama a fait le déplacement à New York pour promouvoir ce texte non contraignant, mais qu’il juge malgré tout « historique ». « Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré en ce jour de commémoration du calvaire de 13 millions d’hommes, femmes et d’enfants dont les vies ont été volées en l’espace de 400 ans. La résolution adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne), déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité ». C’est d’ailleurs le principal point d’achoppement : certains ont argué qu’il ne pouvait y avoir de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité et n’ont donc pu voter pour, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten. Mais la résolution appelle aussi les États à s’engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé. Washington a affirmé que des pays modernes ne pouvaient être les bénéficiaires de réparations pour des victimes du passé. Un peu plus tôt, le patron de l’ONU Antonio Guterres avait enjoint les diplomates à honorer les victimes de la traite transatlantique non seulement par leurs « paroles » mais aussi par leurs « actes ». source: RFI

Libreville : le SAMU Social gabonais intensifie la sensibilisation sur la santé mentale face à la montée des troubles psychologiques

Le SAMU Social Gabon prévoit d’organiser, jeudi 26 mars 2026, une journée de sensibilisation consacrée à la santé mentale dans son antenne des PK à Libreville. Cette initiative, qui s’inscrit dans une démarche de proximité avec les populations, portera notamment sur plusieurs troubles psychologiques tels que la dépression, les troubles obsessionnels compulsifs, les phobies, le stress post-traumatique ou encore les troubles bipolaires. À Libreville, la question de la santé mentale continue de faire l’objet d’une attention croissante de la part des acteurs sociaux et sanitaires. Dans cette dynamique, le SAMU Social gabonais annonce la tenue d’une journée de sensibilisation axée sur les troubles psychologiques, prévue pour ce jeudi 26 mars dans son antenne des PK. L’initiative vise à informer les populations sur des pathologies encore largement méconnues ou mal comprises, parmi lesquelles la dépression, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), les phobies, le syndrome de stress post-traumatique, la schizophrénie, les troubles bipolaires ou encore les états paranoïaques. L’objectif affiché est de contribuer à une meilleure compréhension de ces troubles, mais aussi de favoriser une orientation précoce vers des prises en charge adaptées. Cette action s’inscrit dans la continuité des missions du SAMU Social, qui consistent à intervenir auprès des populations en situation de vulnérabilité, en combinant assistance médicale et accompagnement social. L’antenne des PK, qui porte le nom du Dr Xavier Emmanueli, s’inscrit dans cet héritage. Figure du secteur humanitaire et médical, le Dr Emmanueli est reconnu comme le fondateur du SAMU Social International et comme un ancien membre de Médecins Sans Frontières. Son engagement en faveur des populations en détresse a contribué à la création et au développement de dispositifs d’aide d’urgence sociale dans plusieurs pays. L’hommage rendu à travers la dénomination de l’antenne des PK s’inscrit dans cette continuité symbolique.  « La santé mentale reste encore entourée de nombreux préjugés. Informer les populations permet de lever certains freins et d’encourager les personnes concernées à chercher de l’aide », indique une source proche de l’organisation, en amont de l’événement. Dans un contexte marqué par des pressions socio-économiques et des situations de vulnérabilité diverses, les troubles psychologiques apparaissent de plus en plus comme un enjeu de santé publique. Pourtant, l’accès à l’information, la stigmatisation et le manque de structures spécialisées demeurent des obstacles au recours aux soins. Les actions de sensibilisation, comme celle annoncée par le SAMU Social des PK, visent ainsi à combler un déficit d’information, tout en encourageant une approche plus ouverte des questions liées à la santé mentale. Elles s’inscrivent également dans une logique de prévention et d’accompagnement des publics les plus exposés. Au-delà de cette journée, le SAMU Social gabonais entend poursuivre ses activités de proximité en renforçant les campagnes de sensibilisation et les dispositifs d’accompagnement des personnes en détresse. L’enjeu reste d’ancrer durablement la question de la santé mentale dans les préoccupations des populations, tout en facilitant l’accès à une prise en charge adaptée. Cette initiative prévue aux PK illustre, à son niveau, une volonté de rapprocher les services sociaux et sanitaires des citoyens, dans un contexte où les besoins en matière de santé mentale apparaissent de plus en plus visibles.

3 000 packs d’eau pour sauver le championnat ? Sobraga s’impose en pilier discret du football gabonais

À Libreville, le soutien au sport prend aussi la forme de gestes concrets. Le 24 mars 2026, la Société des boissons rafraîchissantes du Gabon (Sobraga) a procédé à une importante remise de dotation en eau au profit des clubs de première et deuxième division. Une initiative qui, au-delà de l’aspect logistique, traduit une stratégie d’accompagnement durable du football national. Dans un contexte où les conditions de pratique restent un enjeu central pour de nombreux clubs, cette contribution vise à améliorer le quotidien des athlètes. Représentée par sa cheffe de service Communication, Edna Kengue, l’entreprise a officiellement distribué 1 800 packs de bouteilles de 1,5 litre ainsi que 1 200 packs en format 33 cl. De quoi couvrir l’ensemble de la phase aller des championnats nationaux. À travers ce geste, Sobraga met en avant une vision qui dépasse le simple mécénat. Intervenant sur les antennes de Radio Gabon, Edna Kengue a insisté sur la portée symbolique de cet appui, évoquant un engagement en faveur de la jeunesse et du bien-être des sportifs. L’hydratation, souvent reléguée au second plan, s’impose pourtant comme un facteur clé de performance et de prévention des risques physiques. Sur le terrain institutionnel, cette initiative est accueillie favorablement. Le président de l’Association des clubs professionnels du Gabon, Landry Joseph Nkeyi, y voit la confirmation d’un partenariat inscrit dans la durée. Il appelle d’ailleurs d’autres acteurs économiques à s’impliquer davantage dans le développement du sport national, soulignant le rôle structurant que peuvent jouer les entreprises. Même écho du côté de la Ligue nationale de football professionnel. Son président, Brice Mbika Ndjambou, met en avant l’impact direct de ce type de soutien sur le niveau d’engagement des joueurs. Dans un championnat en quête de stabilité et de compétitivité, chaque apport matériel peut peser sur la qualité du spectacle et la régularité des performances. En filigrane, cette opération illustre la place croissante des partenariats privés dans l’écosystème sportif gabonais. En consolidant son rôle auprès des instances et des clubs, Sobraga s’inscrit comme un acteur clé d’un modèle où l’appui des entreprises devient indispensable pour accompagner la structuration et la professionnalisation du football local.

Ndoty Club : le pari d’une jeunesse gabonaise reconstruite par le sport

Dans un contexte où les initiatives en faveur de la jeunesse sont scrutées avec attention, Ndoty Club s’impose comme un projet à la fois sportif et sociétal. Porté par une ambition assumée, ce club entend dépasser le simple cadre du football pour devenir un véritable levier de transformation humaine dans la Louetsi Wano, et plus largement au Gabon. À l’origine de cette initiative, une conviction forte : le sport peut être un moteur d’émancipation et d’avenir. Ndoty Club ne se limite pas à former des joueurs, il aspire à construire des individus. Discipline, esprit d’équipe, persévérance, autant de valeurs que le projet place au cœur de son action. Dans une société en quête de repères pour sa jeunesse, cette approche globale résonne comme une réponse structurée et porteuse d’espoir. Le club se positionne ainsi comme un espace d’encadrement et d’apprentissage. Il ne s’agit pas uniquement de développer des aptitudes sportives, mais bien de proposer un cadre éducatif où les jeunes peuvent s’épanouir, renforcer leurs compétences sociales et envisager leur avenir avec davantage de confiance. Cette dimension citoyenne, revendiquée par ses initiateurs, distingue Ndoty Club des structures sportives traditionnelles. Comme le souligne son promoteur, Mac Gregor Massala, « Ndoty Club est bien plus qu’un simple projet sportif ». À travers cette vision, il affirme une volonté de « former, inspirer et unir la jeunesse autour de valeurs fortes », mettant en avant le respect, la solidarité, la rigueur et la passion comme piliers du projet. Dans un pays où le potentiel de la jeunesse reste souvent sous-exploité, cette initiative apparaît comme une tentative concrète de canaliser les énergies et de créer des opportunités. Chaque jeune qui intègre le club devient, selon ses promoteurs, le symbole d’un avenir possible, celui d’un Gabon plus structuré, plus équitable et tourné vers l’excellence. Au-delà des ambitions affichées, c’est désormais sur le terrain que Ndoty Club sera attendu. Car si la vision séduit, sa mise en œuvre déterminera sa capacité à s’inscrire durablement dans le paysage sportif et social gabonais.

Angola–Gabon : Oligui Nguema en visite à Luanda, le pari d’un partenariat stratégique relancé

À l’invitation du président angolais João Lourenço, le chef de l’État gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’apprête à effectuer une visite officielle à Luanda. Annoncé à l’issue d’une audience avec l’ambassadeur d’Angola accrédité à Libreville, porteur d’un message officiel, ce déplacement s’inscrit dans une séquence diplomatique dense, marquée par des recompositions régionales et une volonté affichée de repositionnement stratégique du Gabon. En acceptant cette invitation, le président gabonais semble confirmer une orientation diplomatique tournée vers le renforcement des alliances sous-régionales, notamment avec un acteur majeur d’Afrique australe. Luanda apparaît, de ce point de vue, comme un partenaire de poids, tant par son influence politique que par son rôle dans les équilibres énergétiques du continent. Cette visite pourrait ainsi marquer une étape significative dans la redéfinition des priorités extérieures de Libreville. Les premiers échanges préparatoires laissent entrevoir un agenda centré sur des secteurs structurants. Les infrastructures, les hydrocarbures et le développement économique figurent parmi les axes de coopération évoqués. À cela s’ajoute une ambition partagée de renforcer la transformation locale des ressources naturelles, dans la continuité des politiques de diversification économique engagées par les autorités gabonaises. Derrière ces priorités sectorielles, se dessine une volonté plus large de bâtir un partenariat fondé sur la complémentarité des économies et une solidarité africaine revendiquée. Ce rapprochement s’inscrit également dans un contexte politique particulier. En mai 2025, l’ancien président Ali Bongo Ondimba et sa famille avaient été exfiltrés vers l’Angola, à la suite d’initiatives répétées de João Lourenço. Cet épisode, hautement sensible, avait déjà mis en lumière la qualité des relations entre les deux capitales. Dix mois plus tard, la visite annoncée d’Oligui Nguema apparaît comme une prolongation de cette dynamique, sur un registre désormais plus institutionnel et tourné vers l’avenir. Au-delà des symboles, ce déplacement pourrait ouvrir la voie à une coopération renforcée, à la fois pragmatique et stratégique. Dans un environnement régional en mutation, Libreville et Luanda semblent vouloir consolider un axe de collaboration capable de soutenir leurs ambitions respectives, tout en contribuant à une intégration économique plus affirmée sur le continent.