Élections professionnelles au Gabon : le SYNAHYDRO s’impose au ministère du Pétrole, porté par une aspiration au changement
Libreville — Le Syndicat national des agents des hydrocarbures (SYNAHYDRO) a largement remporté les premières élections professionnelles organisées au ministère du Pétrole, en plaçant sa tête de liste, Pemengoye Joumas Bechir Pascal, en tête avec 64 % des suffrages, loin devant Essiane Franck, candidat du SAMPERH, crédité de 34 %. Un résultat interprété comme l’expression nette d’une volonté de changement au sein de ce département stratégique, premier poumon de l’économie gabonaise. Le verdict des urnes ne laisse guère place au doute. En accordant près des deux tiers de leurs suffrages au SYNAHYDRO, les agents du ministère du Pétrole ont choisi de porter massivement une nouvelle équipe syndicale à leur représentation. Cette victoire consacre la campagne de terrain menée ces dernières semaines par le SYNAHYDRO, qui avait multiplié réunions de sensibilisation, assemblées générales et rencontres de proximité pour convaincre les agents de l’ensemble des directions du ministère. Une victoire portée par un nouveau visage À la tête de cette dynamique, Pemengoye Joumas Bechir Pascal, diplômé d’un Master 2 de l’Colorado School of Mines aux États-Unis, s’impose comme la nouvelle figure syndicale du ministère du Pétrole. Son profil technique et son positionnement en faveur d’une modernisation de la représentation des agents ont contribué à structurer sa campagne, dans un ministère où les enjeux de compétence et de gouvernance sont particulièrement scrutés. Pour plusieurs observateurs internes, ce résultat dépasse le simple cadre syndical. Il constitue un message adressé à la hiérarchie administrative et politique du ministère. « Les agents se sont clairement exprimés pour un changement radical dans ce département ministériel », résume un employé du pétrole sous couvert d’anonymat. Fort de cette légitimité, le SYNAHYDRO sera désormais attendu sur sa capacité à obtenir des avancées concrètes pour les agents : amélioration des conditions de travail, meilleure gestion des carrières, revalorisation des accessoires de solde et dialogue social plus structuré.
Gabon : Ali Bongo désormais détenteur d’un nouveau passeport diplomatique
Pendant plusieurs mois, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba vivait à Paris dans une situation pour le moins singulière : celle d’un ancien chef de l’État privé de document de voyage officiel, et de facto limité dans ses déplacements à l’étranger. Une anomalie administrative qui appartient désormais au passé. Selon les informations consultées par notre rédaction, l’ex-président dispose à nouveau d’un passeport diplomatique gabonais, délivré après l’accomplissement des formalités requises et en conformité avec son statut institutionnel d’ancien chef de l’État. La régularisation de cette situation met fin à plusieurs mois d’incertitude autour de la mobilité internationale de l’ancien locataire du palais du Bord de mer. Elle intervient alors que des copies du nouveau document ont récemment circulé dans certains cercles, confirmant que le dossier administratif de l’ex-président a bien été traité par les autorités compétentes. Pour plusieurs observateurs, cette délivrance constitue moins un privilège qu’un rappel de principe : dans un État de droit, les droits attachés à une fonction passée ne sauraient être suspendus en dehors des cadres légaux prévus. Cet épisode prolonge une séquence entamée au début de l’année 2026, lorsque nous révélions qu’Ali Bongo Ondimba se trouvait bloqué à Paris, incapable de rejoindre sa résidence londonienne en raison de difficultés de régularisation administrative liées à son entrée sur le territoire britannique. Installé depuis mai 2025 au Royaume-Uni après son départ du Gabon, l’ancien président s’était retrouvé confronté au durcissement des conditions d’accès au territoire britannique, notamment avec la mise en place de nouvelles obligations d’autorisation électronique de voyage. Son séjour temporaire dans sa propriété parisienne de l’avenue Foch s’était alors prolongé bien au-delà du prévu. Au-delà du seul cas d’Ali Bongo Ondimba, la délivrance de ce passeport revêt une portée symbolique plus large. Elle intervient dans un contexte où les nouvelles autorités gabonaises cherchent à afficher une normalisation institutionnelle et un respect affiché des procédures administratives, y compris à l’égard d’anciens dirigeants déchus. Un signal politique discret, mais lourd de sens, dans un pays où la rupture avec les pratiques d’exception est régulièrement érigée en marqueur de gouvernance. Pour l’ancien président, ce document ouvre désormais la voie à une liberté de circulation retrouvée, à l’heure où il poursuit depuis l’Europe la réorganisation de sa situation personnelle, patrimoniale et judiciaire après sa chute lors du coup d’État du 30 août 2023. Deux ans et demi après avoir quitté le pouvoir, le chapitre institutionnel d’Ali Bongo Ondimba continue ainsi de s’écrire loin de Libreville, mais toujours sous le regard attentif du Gabon politique.
Centrale d’achat : le marqueur social d’Oligui avec 20 % de baisse sur le panier de la ménagère
Un an après son accession à la magistrature suprême, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema entend manifestement faire du pouvoir d’achat l’un des marqueurs les plus tangibles de son action sociale. Ce samedi 25 avril, le ministre de l’Économie, M. Thierry Minko, a procédé à l’ouverture du Méga Marché de la Centrale d’Achat du Gabon au stade d’Angondjé, donnant ainsi le coup d’envoi opérationnel à un dispositif présenté par l’exécutif comme une réponse directe à la vie chère. Selon la grille tarifaire consultée par notre rédaction, cette centrale permet une baisse moyenne de 20 % sur les produits de première nécessité, avec l’ambition affichée de soulager durablement les ménages gabonais. Les écarts de prix annoncés se veulent significatifs. Le sac de riz de 44 kg passe ainsi de 25 000 à 20 900 FCFA, celui de 10 kg de 7 500 à 5 900 FCFA, pendant que la boîte de lait d’un kilogramme chute de 1 250 à 950 FCFA. Même tendance sur les conserves et produits alimentaires de base : la sardine 125 g est proposée à 275 FCFA contre 350 FCFA auparavant, le spaghetti 500 g à 350 FCFA contre 450 FCFA, tandis que la boîte de tomate 400 g descend à 440 FCFA contre 600 FCFA sur le marché classique. Des réductions également visibles sur les protéines animales, avec les cuisses de poulet de 10 kg affichées à 9 900 FCFA contre 11 000 FCFA, ou encore sur les produits d’entretien, la javel de 5 litres passant de 2 200 à 1 600 FCFA. Au sommet de l’État, cette initiative est présentée comme un signal fort de la politique sociale impulsée par le chef de l’État. En ciblant des produits aussi stratégiques que le riz, le lait, la tomate, le poulet ou encore les produits d’hygiène, le pouvoir cherche à inscrire cette réforme dans le quotidien concret des populations. Pour la présidence, cette centrale d’achat doit incarner une gouvernance tournée vers des résultats immédiats et démontrer, un an après l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema, que la reconstruction promise du pays se mesure aussi dans le panier de la ménagère. Consulter la liste complète: REVISED LIST
Inauguration du Palais des Congrès : Oligui Nguema envisagerait d’inviter lests activistes les plus virulents de la diaspora à Libreville
À l’occasion de l’inauguration annoncée du nouveau Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, prévue le 3 mai prochain, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, préparerait un geste politique à forte portée symbolique. Selon plusieurs indiscrétions concordantes, le chef de l’État souhaiterait convier à l’événement plusieurs activistes de la diaspora parmi les plus critiques à l’égard du pouvoir. L’objectif, selon des sources proches du dossier, serait de leur permettre de constater par eux-mêmes les transformations engagées dans le pays depuis le « coup de libération » du 30 août 2023, à travers notamment l’inauguration de ce complexe présenté comme le plus grand palais des congrès de la sous-région et l’un des plus imposants du continent. Toujours selon ces mêmes sources, le président se serait personnellement porté garant de leur sécurité ainsi que de leur prise en charge logistique durant leur séjour. Si aucune confirmation officielle n’a encore filtré, plusieurs noms circuleraient déjà avec insistance dans les coulisses, parmi lesquels Adjatys, Princesse de Souba ou encore Isaac John. Une invitation qui, si elle se concrétisait, pourrait marquer un tournant inédit dans les relations entre le pouvoir et une frange jusque-là farouchement opposée au régime en place.
Crise au CNOG : vers une assemblée sans vote, fruit du compromis État–fédérations
La salle de réunion du ministère des Sports, à Libreville, a été le théâtre jeudi 23 avril d’un échange décisif entre autorités gouvernementales et acteurs du mouvement sportif national. À la veille d’un scrutin électoral maintenu par le Comité national olympique gabonais, malgré de vives contestations, la rencontre avait des allures de dernière tentative pour désamorcer une crise institutionnelle qui couve depuis plusieurs semaines. Face aux représentants des fédérations sportives, le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, entouré de son collègue de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, a posé d’emblée les termes du débat. S’appuyant sur les conclusions d’un audit récemment conduit, il a souligné que « la quasi-totalité des fédérations composant le collège électoral présente des irrégularités administratives manifestes », mettant en doute, de fait, la crédibilité et la légalité du scrutin prévu le 25 avril. Dans un contexte où la gouvernance du sport gabonais est déjà fragilisée, ces révélations jettent une lumière crue sur des dysfonctionnements anciens. Le ton, sans être frontal, traduisait néanmoins une fermeté certaine. Selon plusieurs participants, le ministre a insisté sur la nécessité de « restaurer l’ordre administratif avant toute échéance électorale », laissant entendre qu’un passage en force risquerait d’aggraver la fracture entre les institutions et les fédérations. En réponse, le secrétaire général du CNOG a tenté d’apaiser les tensions, adoptant une posture conciliante. Remerciant les membres du gouvernement pour leur disponibilité, il a rappelé que « le comité exécutif du CNOG est pleinement engagé dans la dynamique de restructuration du mouvement sportif national portée par le ministère des Sports ». Une déclaration qui, sans remettre explicitement en cause la tenue du scrutin, ouvre la porte à d’éventuels ajustements. Dans les rangs des fédérations, la prudence domine. Si certaines restent attachées au respect du calendrier électoral, d’autres reconnaissent, en coulisses, la nécessité d’un compromis. « Il faut sortir de cette crise par le haut », confie un dirigeant fédéral, évoquant des discussions internes déjà en cours pour harmoniser les positions. Au terme de la rencontre, aucune décision formelle n’a été arrêtée. Mais un consensus semble émerger autour de la nécessité d’une concertation élargie dans les jours à venir. Les fédérations ont ainsi annoncé la tenue prochaine d’échanges visant à dégager une issue consensuelle. Dans cette attente, une assemblée générale non élective est prévue ce samedi. Elle pourrait constituer un tournant, voire un baromètre des rapports de force en présence. Car au-delà de la question électorale, c’est bien l’avenir de la gouvernance du sport gabonais qui se joue, entre exigences de conformité institutionnelle et impératifs d’autonomie du mouvement sportif.
Gabon : « Chargez Brice Lacruche, sauvez-vous » — les coulisses d’une machination d’État
Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Ike Ngouoni, ancien porte-parole de la présidence gabonaise sous Ali Bongo, lève le voile sur l’opération Scorpion et la mécanique impitoyable qui visait, derrière les apparences d’une campagne anticorruption, à éliminer un homme : Brice Lacruche Alihanga. Il a connu les ors de la présidence, les couloirs feutrés du pouvoir, la proximité avec le chef de l’État. Puis le mitard, l’isolement, la pression. Ike Ngouoni, ancien porte-parole et conseiller spécial du président Ali Bongo Ondimba, parle aujourd’hui avec la lucidité froide de celui qui a failli être broyé par la machine qu’il servait. Son récit est celui d’une purge politique déguisée en vertu républicaine. Tout commence en 2019, lorsque l’opération Scorpion s’abat sur plusieurs hauts responsables gabonais. Officiellement, une campagne anticorruption. Officieusement, selon Ngouoni, une épuration soigneusement orchestrée pour abattre Brice Lacruche Alihanga, alors directeur de cabinet du président, et démanteler son réseau d’influence. « Ce n’était rien d’autre qu’un complot, une machination politique uniquement », tranche l’ancien porte-parole. « J’étais au final un dégât collatéral, puisque tout le but de la manœuvre, c’était d’écarter des personnes qui étaient dans l’entourage de Brice Lacruche Alihanga. » Le 21 novembre 2019, un jeudi ordinaire en apparence, des agents de la Direction générale des services spéciaux font irruption dans son bureau à la présidence, aux alentours de dix heures trente. Il remet ses dossiers. On l’emmène au Camp Roux, juste en face du palais. Placement direct au mitard. Pendant trois jours, ses avocats et sa famille ignorent où il se trouve. Personne ne sait. C’est une disparition administrative, propre, silencieuse. Lorsqu’il comparaît enfin devant le juge d’instruction, le 29 novembre, la scène tient davantage de la formalité que du droit. « En gros, vous arrivez, la messe est déjà dite, tout est déjà signé, tout est écrit », dit-il. On lui reproche des détournements de fonds publics, de la complicité, de la concussion. Lui affirme n’avoir jamais signé sur aucun compte, jamais retiré un centime au Trésor en dehors de son traitement officiel. Mais la vérité judiciaire n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la pression. Et Ngouoni décrit avec une précision clinique la mécanique de la coercition morale : « La volonté dès le départ, c’est de charger. On vous dit : si vous voulez vous en sortir, chargez, chargez, chargez Brice Lacruche, sauvez-vous. » Les magistrats eux-mêmes, confie-t-il, reconnaissaient en aparté l’inanité des charges : « On sait que vous n’avez rien fait, mais vous savez que c’est politique, vous savez que ça vient d’en haut. » La logique de l’opération, telle que la reconstitue l’ancien porte-parole, est d’une cohérence redoutable. Il s’agissait de « faire tomber le mythe de Brice Lacruche Alihanga, apprécié du peuple », en contraignant ses proches à se retourner contre lui. Un classique de la désintégration des fidélités par la terreur judiciaire. La stratégie a achoppé sur un obstacle imprévu : le silence. Ngouoni n’a pas chargé. Condamné à huit ans de prison, il assume ce choix comme une évidence. Car au fond, argumente-t-il, les décisions prises au cabinet présidentiel, celles que l’on voulait imputer à Lacruche Alihanga, « étaient validées par le président de la République lui-même ». Derrière cette affaire se profile une autre histoire, plus sombre encore : celle de la succession avortée de Noureddine Bongo, fils du président, dont l’ambition de prendre les rênes du Gabon se serait heurtée au refus de plusieurs responsables, dont Brice Lacruche Alihanga. Ngouoni évoque la « proximité » entre le fils et le directeur de cabinet, tout en soulignant que les décisions se prenaient alors « sur une base consensuelle », associant la Première Dame, le Premier ministre, les ministres régaliens, la présidente de la Cour constitutionnelle. Une façon de dire que l’accusation était aussi sélective que politique. Sur la trahison présidentielle, Ngouoni choisit ses mots avec soin. Il ne veut pas « dédouaner » Ali Bongo, mais reconnaît que ce dernier était alors dans « une situation de fragilité extrême ». Et il se souvient de la Première Dame le convoquant à sa résidence pour lui réclamer les codes des comptes Facebook et Twitter du président. « Tout ça fait partie d’une manipulation. L’idée, c’est qu’il faut qu’on te conforte pour que tu ne vois pas le coup venir. » Il dit ne pas en vouloir à la mère et au fils. Il dit trouver ça « triste ». Peut-être est-ce là la forme la plus haute du mépris. Gracié en avril 2024 après le coup d’État du 30 août 2023, Ike Ngouoni a depuis ouvert un cabinet de conseil stratégique à Libreville. Il accompagne, dit-il, des dirigeants évoluant dans des « environnements complexes ». L’expression fait sourire, venant d’un homme qui sait mieux que quiconque ce que ces mots recouvrent vraiment.
Libreville : Eugène Mba de retour à la tête de la mairie après un nouveau vote du conseil municipal
À Libreville, le conseil municipal a acté ce jeudi l’élection d’Eugène Mba comme nouveau maire, à la suite de la démission intervenue le même jour du précédent édile. Une désignation rapide, issue d’un vote des conseillers, qui met fin à une transition éclair à la tête de la capitale. Déjà maire par le passé, Eugène Mba retrouve ainsi un fauteuil qu’il avait occupé dans des circonstances comparables. Il avait en effet été porté à la tête de la municipalité après l’incarcération de son prédécesseur, Léandre Nzue, sans toutefois aller au terme de son mandat. Ce retour relance donc les attentes autour de sa capacité à s’inscrire dans la durée et à stabiliser la gouvernance municipale, dans un contexte où la continuité à la tête de la ville reste un enjeu récurrent. Nous y reviendrons.
Gabon : le SYNAHYDRO dévoile sa liste et intensifie la mobilisation avant les élections professionnelles
Libreville — À quelques jours des premières élections professionnelles prévues le 28 avril 2026, le Syndicat national des agents des hydrocarbures (SYNAHYDRO) passe à l’offensive. Réuni en assemblée générale le 22 avril au ministère du Pétrole, le syndicat a non seulement appelé à une forte mobilisation de sa base, mais aussi dévoilé la liste de ses candidats, avec l’ambition de fédérer l’ensemble des entités du département ministériel. Dans le hall du ministère du pétrole, les agents ont assisté à une réunion stratégique. À l’ordre du jour : pédagogie électorale, mobilisation et présentation officielle des candidats qui porteront les couleurs du SYNAHYDRO lors de ce scrutin inédit. « L’objet de cette assemblée générale, c’est de passer un message sur les élections professionnelles qui se tiendront le 28 avril, mais aussi de rappeler à la base de prendre ses responsabilités le jour du vote », a déclaré Yannick Allogo, président du syndicat. Le SYNAHYDRO a désigné comme tête de liste Pemengoye Joumas Bechir Guivence Pascal, avec pour suppléant Tchicaya Mavoungou Pierre Prudence. Une équipe élargie de dix titulaires et suppléants a été constituée, reflétant la diversité des profils au sein du ministère. Parmi les autres candidats figurent notamment Kevin Igor Dinzambou Di-Kassé, Paola Flora Minkué ou encore Marie-Claire Ndongo Ndongo, chacun accompagné de son suppléant. Une composition pensée pour représenter au mieux les différentes sensibilités et structures internes. Au-delà de la compétition électorale, le syndicat affiche une ambition claire : rassembler. Le ministère du Pétrole, récemment restructuré, regroupe désormais plusieurs directions clés, de la Direction générale des études et laboratoires au Secrétariat général, en passant par l’Inspection générale des services, la DCAF, la DCRH, la DCSI, sans oublier les directions régionales du Moyen-Ogooué et de l’Ogooué-Maritime. « Nous appelons à une forte mobilisation de toutes les entités pour défendre les intérêts de l’ensemble des agents », insiste Yannick Allogo. Au cœur de cette stratégie, la Direction générale des hydrocarbures, considérée comme le « poumon financier » du ministère, occupe une place centrale. Le SYNAHYDRO entend capitaliser sur ce scrutin pour renforcer sa légitimité et peser davantage dans les négociations sociales. Le syndicat s’engage à défendre « les droits et les intérêts matériels, moraux, financiers, collectifs et individuels » des agents, avec un accent particulier sur l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation des accessoires de solde. « On attend des résultats concrets, pas seulement des promesses », confie un agent présent à l’issue de la réunion. Ces élections professionnelles, ouvertes à tous les travailleurs remplissant les conditions d’âge et d’ancienneté, visent à redéfinir la représentativité syndicale au Gabon. Reporté du 22 au 28 avril, le scrutin constitue une première et un enjeu structurant pour le dialogue social dans le pays. Dans ce contexte, la capacité du SYNAHYDRO à mobiliser au-delà de ses rangs sera déterminante. À quelques jours du vote, syndicats et travailleurs entrent dans la dernière ligne droite. Le 28 avril dira si cette dynamique se traduit dans les urnes, et si le SYNAHYDRO parvient à s’imposer comme un acteur incontournable de la représentation des agents du secteur pétrolier.
Nora Kassa en première ligne contre la vie chère : la foire agricole comme levier national
À l’heure où le coût de la vie pèse de plus en plus lourd sur les ménages, une initiative d’envergure s’organise dans l’ombre des plantations et des marchés locaux. En prélude à la prochaine foire agricole prévue dans l’Estuaire, Nora Kassa, administratrice directrice générale du cabinet Leseizieme et fondatrice de la Maison de l’Entrepreneur, a lancé, aux côtés de son équipe, une tournée stratégique à travers plusieurs provinces du Gabon. Avant de marquer une étape importante dans la Ngounié, cette mission conjointe menée avec le ministère de l’Agriculture a déjà sillonné plusieurs provinces, notamment le Woleu-Ntem et le Moyen-Ogooué, avec pour objectif de mobiliser un maillon essentiel de l’économie nationale : les producteurs locaux. La 3ème journée de la campagne de la foire agricole, tenue ce 21 avril dans la province de la Ngounié, s’est imposée comme un moment charnière de cette tournée. Reconnue pour son fort potentiel agricole, la Ngounié apparaît comme un territoire stratégique dans la réussite de cette initiative nationale. Le déroulé de cette journée a été structuré en plusieurs étapes. La délégation a d’abord entamé ses activités par une rencontre avec le Gouverneur de la Ngounié, affirmant l’importance de l’appui institutionnel dans la réussite de la foire. Elle a ensuite poursuivi avec un échange avec le Maire de la commune de Mouila, renforçant l’ancrage local de la démarche. La journée s’est conclue par une rencontre directe avec les agriculteurs, suivie d’une visite de terrain, offrant une immersion concrète dans les réalités agricoles de la province. L’objectif est clair, presque urgent. Il s’agit d’inciter ces acteurs de terrain à s’inscrire massivement à la foire agricole, dont les inscriptions sont ouvertes du 20 avril au 11 mai. Sur le terrain, le message porté se veut à la fois pédagogique et mobilisateur. Il s’agit de créer un pont direct entre le producteur et le consommateur, sans intermédiaire, afin de réduire significativement les coûts. Pour se faire, il est, selon les organisateurs important de repenser les circuits de distribution traditionnels. Cette foire ne se limite pas à un simple événement commercial, mais s’inscrit dans une démarche structurelle visant à redonner du pouvoir d’achat aux Gabonais. Images de la tournée dans la province de Mouila, saliutation et civilités aux autorités, Nora Kassa et sa suite CP: DR Dans la Ngounié, les échanges ont particulièrement mis en lumière l’importance de valoriser les productions locales et de structurer davantage la filière agricole. Les autorités locales et les agriculteurs rencontrés ont salué une initiative en phase avec les réalités du terrain. Au-delà de l’enjeu économique, c’est toute une vision du développement local qui se dessine, avec la Ngounié comme illustration concrète du potentiel agricole national. Favoriser la consommation des produits locaux, encourager les circuits courts et renforcer les capacités des producteurs constituent autant de leviers pour lutter durablement contre la vie chère. Alors que la tournée se poursuit, l’ambition affichée est de transformer cette foire agricole en véritable catalyseur économique. Nora Kassa reste convaincue que l’avenir passe par une agriculture nationale forte, structurée et accessible. Reste désormais à savoir si cet appel sera entendu à grande échelle. Mais dans la Ngounié, cette troisième étape aura, à elle seule, démontré que les bases d’une mobilisation réussie sont déjà en train de se construire.
Régularisation foncière à Essassa : qui peut en bénéficier, qui en est exclu, et pourquoi ça change tout
Depuis le 1er février 2026, la Société Nationale Immobilière ouvre ses guichets pour permettre aux familles gabonaises de régulariser leur situation foncière à Essassa. Une mesure sociale inédite, annoncée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fixe des tarifs historiquement bas et une date butoir au 31 mai 2026. Guide pratique pour comprendre qui est concerné, à quelles conditions, et ce que cette opération représente pour l’avenir du logement au Gabon. 5 100 familles concernées dans le Grand Libreville 600 000 FCFA tarif plancher — jamais pratiqé dans l’histoire du logement gabonais 31 mai 2026 date butoir pour bénéficier des tarifs sociaux 1 700 ha superficie totale du projet Essassa-Bikélé 30 000 parcelles prévues à terme 500 000 habitants attendus dans la ville nouvelle UNE AMBITION PRÉSIDENTIELLE, UNE MESURE CONCRÈTE Il y a des années que les habitants d’Essassa attendaient cette décision. Des familles qui ont construit leur maison, pierre après pierre, sur des terrains de la Société Nationale Immobilière, sans jamais pouvoir obtenir un titre foncier en bonne et due forme. Des parents qui ne pouvaient pas transmettre un bien à leurs enfants. Des ménages qui vivaient dans l’incertitude juridique, incapables de contracter un emprunt bancaire ou de vendre leur propriété en toute légalité. Le 28 janvier 2026, le ministre du Logement Mays Mouissi, en déplacement à Malibé et à Essassa, annonce officiellement la mesure : sur instruction du président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement Brice Clotaire Oligui Nguema, une opération de régularisation foncière exceptionnelle est lancée. Cinq jours plus tard, le 1er février, les guichets de la SNI ouvrent leurs portes. Le signal politique est fort : pour la première fois dans l’histoire du logement gabonais, l’État propose à des occupants de bonne foi d’obtenir un titre foncier sécurisé à des prix que personne n’avait encore pratiqués. 600 000 FCFA pour une parcelle jusqu’à 2 000 m². 1 200 000 FCFA pour une parcelle allant jusqu’à 4 999 m². Des montants qui, à titre de comparaison, représentent une fraction du coût habituel d’un acte notarié en procédure ordinaire. Cette démarche s’inscrit dans un projet bien plus vaste : faire d’Essassa-Bikélé le chantier urbain de référence du Gabon. Sur 1 700 hectares — 1 200 à Essassa, 500 à Bikélé —, la SNI ambitionne de construire une ville nouvelle capable d’accueillir 500 000 habitants, dotée d’équipements publics, d’espaces verts, d’une route à 2×2 voies sur huit kilomètres et d’un pont de cent mètres reliant les deux zones. L’une des plus grandes réserves foncières du pays, enfin mise en valeur. QUI EST CONCERNÉ ? LES CRITÈRES EN DÉTAIL La mesure de régularisation est précise dans son périmètre. Elle ne vise pas l’ensemble des occupants du site, mais ceux qui remplissent des critères objectifs, vérifiables et équitables. Le tableau ci-dessous permet à chaque famille de situer sa situation. Situation Eligible ? Tarif applicable Délai Maison achevée, parcelle ≤ 2 000 m² ✓ OUI 600 000 FCFA Avant le 31 mai 2026 Maison en cours de finition, ≤ 2 000 m² ✓ OUI 600 000 FCFA Avant le 31 mai 2026 Maison achevée ou en cours, 2 001–4 999 m² ✓ OUI 1 200 000 FCFA Avant le 31 mai 2026 Terrain nu, non construit ✗ NON Hors dispositif N/A Simple délimitation ou clôture seule ✗ NON Hors dispositif N/A Parcelle ≥ 5 000 m² (quelle que soit la construction) ✗ NON Hors dispositif N/A Source : Note de présentation SNI — Lotissement Essassa, janvier 2026. Tarifs officiels affichés par la SNI. Le critère central est le cadre bâti : la parcelle doit être occupée par une construction réelle, achevée ou en cours de finition. Les terrains nus, les simples délimitations ou les clôtures seules ne sont pas éligibles. De même, la mesure plafonne la surface régularisable à 4 999 m² : au-delà de ce seuil, aucune régularisation ne peut intervenir dans le cadre de ce dispositif. Cette définition n’est pas arbitraire. Elle traduit une logique de justice sociale : protéger les familles qui ont réellement bâti leur foyer, et éviter que le bénéfice de la mesure ne soit capté par des acteurs ayant accumulé de vastes surfaces à des fins spéculatives. COMBIEN ÇA COÛTE, ET COMMENT PROCÉDER ? Les tarifs appliqués sont fixés par décision gouvernementale et ne peuvent être modifiés par les agents de la SNI. Ils sont uniques et s’appliquent indépendamment de l’ancienneté de l’occupation ou de l’historique du terrain. TARIFS OFFICIELS DE LA RÉGULARISATION Parcelle de 0 à 2 000 m² → 600 000 FCFA Parcelle de 2 001 à 4 999 m² → 1 200 000 FCFA Ces montants couvrent l’intégralité de la procédure de régularisation. Date butoir pour bénéficier de ces tarifs : 31 mai 2026. La procédure est volontairement simplifiée. Quatre étapes suffisent : 1. Se rendre dans l’une des agences SNI du Grand Libreville, ouvertes de 7h30 à 18h00 du lundi au vendredi. Une cellule dédiée aux occupants d’Essassa est également disponible au siège de Likouala depuis le 27 avril 2026. 2. Présenter les justificatifs d’occupation (photos de la construction, tout document attestant de la présence du cadre bâti) et les pièces d’identité du ménage. 3. S’acquitter du montant correspondant à la superficie de la parcelle, selon le barème officiel. 4. Recevoir, à l’issue du traitement du dossier, un titre foncier sécurisé au nom du ménage. Aucune démolition arbitraire n’est prévue. Les familles qui ont bâti leur maison de bonne foi sont précisément les bénéficiaires de la mesure. La SNI a confirmé que les ménages éligibles ne font l’objet d’aucune procédure coercitive tant que le processus de régularisation est engagé. 5 100 FAMILLES, CINQ ZONES, UNE SEULE MESURE L’opération de régularisation ne se limite pas à Essassa. Elle couvre l’ensemble du Grand Libreville et concerne au total 5 100 familles, réparties selon la logique géographique suivante : Zone Familles concernées Owendo 2 000 familles Essassa 1 500 familles Akanda 1 000 familles Bikélé 500 familles Nkok 100 familles Essassa concentre à elle seule 1 500 des dossiers prévus, ce qui en fait l’une des zones les plus concernées de l’opération. Le 1er avril 2026, le vice-président du gouvernement Hermann Immongault a officiellement lancé la commercialisation de 2 500 parcelles viabilisées sur le site, dont 1 500 à Essassa, à un prix de 5 500 FCFA/m², soit 2 750 000 FCFA