Le processus de désignation du futur sélectionneur des Panthères du Gabon, censé incarner un nouveau départ pour l’équipe nationale, s’enlise dans une zone d’ombre institutionnelle. Alors que la Commission chargée du recrutement a remis son rapport depuis le 25 février au Comité exécutif de la Fédération gabonaise de football, l’identité du technicien appelé à diriger la sélection A demeure inconnue. Un retard qui alimente interrogations et crispations à l’approche des prochaines échéances sportives.
Selon les informations publiées par le quotidien L’Union, la Commission a examiné pas moins de 605 candidatures avant de retenir trois profils pour la phase finale. Figurent sur cette short-list Anthony Da Silva, ancien adjoint de la sélection du Cameroun, Landry Chauvin, technicien formateur passé par les sélections de jeunes en France et connu pour avoir accompagné à Rennes des joueurs comme Stéphane Nguema et Fabrice Do Marcolino, ainsi que Luis Boa Morte, ancien sélectionneur de la Guinée-Bissau.
Dans la foulée de la remise du rapport au Comité exécutif, un courrier a été adressé au ministre des Sports pour validation définitive. Une procédure qui, au Gabon, consacre le rôle central de l’État dans la nomination du sélectionneur national, celui-ci étant juridiquement employé par l’État avant d’être mis à disposition de la Fédération.
Interrogé sur l’état d’avancement du dossier, le président de la Fédération gabonaise de football, Pierre-Alain Mounguengui, affirme avoir transmis la short-list au ministre conformément aux usages. Il souligne que des orientations ont été jointes aux dossiers afin d’éclairer la décision finale. Rappelant que l’État demeure l’employeur du sélectionneur, il estime que la responsabilité du choix incombe désormais au ministère, tout en annonçant une relance au regard des impératifs du calendrier international.
En réponse, le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, indique attendre une rencontre avec le président de la Fédération pour finaliser le dossier. Il évoque la nécessité de mettre en place une direction technique et un staff technique, semblant relativiser l’urgence liée à la désignation du seul sélectionneur.
Ces déclarations croisées laissent apparaître une divergence d’approche. Dans l’architecture classique d’une sélection nationale, le choix du sélectionneur constitue généralement la pierre angulaire autour de laquelle s’organise le staff. L’idée d’installer une structure technique sans que le patron du banc ne soit clairement identifié interroge certains observateurs du football gabonais, qui y voient un risque de dilution des responsabilités.
Au-delà de la controverse, le retard dans la nomination nourrit un climat d’incertitude à un moment où les Panthères doivent se projeter vers leurs prochaines compétitions. La question n’est plus seulement celle du profil retenu parmi les trois finalistes, mais celle de la clarté institutionnelle du processus.
Reste à savoir si ce délai procède d’une simple coordination administrative ou s’il révèle des désaccords plus profonds sur la gouvernance du football national. Dans un contexte où la stabilité technique est souvent présentée comme un levier de performance, la décision finale sera scrutée bien au-delà des cercles sportifs.

