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Pourquoi le Gabon réforme son Musée national : un cadre juridique vieux de 50 ans enfin remplacé

Près d’un demi-siècle après sa création, le Musée National des Arts, Rites et Traditions du Gabon s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. Réunis en séance plénière le 29 juin 2026, les sénateurs ont adopté à l’unanimité le projet de loi portant création, attributions et organisation de cette institution culturelle emblématique. Une réforme présentée comme indispensable pour mettre fin aux insuffisances d’un dispositif juridique devenu obsolète et adapter le musée aux exigences institutionnelles de la Cinquième République.

Défendu devant la Chambre haute par le ministre de la Culture, Paul Ulrich Kessany Zategwa, le texte repose sur l’article 94 de la Constitution ainsi que sur le décret n°0238/PR du 16 mai 2025. Il abroge l’ordonnance n°31/75/PR/SECA du 8 mars 1975, qui encadrait jusqu’ici le fonctionnement du Musée national. Selon le gouvernement, cette ordonnance ne répondait plus aux réalités administratives, juridiques et patrimoniales actuelles, limitant ainsi les capacités d’action de l’institution.

Depuis sa création en 1975, le Musée national constitue l’un des principaux instruments de l’État pour la préservation, la valorisation et la transmission du patrimoine culturel gabonais. Mais l’évolution des normes de gouvernance publique, les nouveaux enjeux de conservation du patrimoine et les ambitions culturelles affichées par les autorités rendaient nécessaire une profonde modernisation de son organisation.

Le nouveau texte confère désormais au Musée National des Arts, Rites et Traditions le statut d’établissement public à caractère culturel, avec un siège fixé à Libreville, sous la tutelle du ministère en charge de la Culture. Cette évolution vise à renforcer son autonomie administrative et financière tout en clarifiant son mode de gouvernance.

La réforme définit avec précision les missions de service public confiées à l’établissement. Celles-ci couvrent notamment la collecte, la conservation, la protection et la promotion des arts, des rites, des traditions, des cultures et des œuvres du patrimoine national. Le projet de loi encadre également les moyens d’action des responsables de l’institution, les mécanismes de protection des biens culturels ainsi que le régime juridique applicable au personnel.

Sur le plan organisationnel, le futur musée sera articulé autour d’un Conseil d’administration, d’une Direction générale et d’une Agence comptable. Son financement reposera sur les dotations de l’État, les ressources générées par ses activités, les contributions des partenaires ainsi que les dons et legs, dans le respect des règles de la comptabilité publique.

Au-delà de la simple réforme administrative, cette adoption unanime traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de la culture un levier du développement national. Les autorités inscrivent cette transformation dans le cadre du Plan national de croissance et de développement porté par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avec l’ambition de repositionner le Musée national comme un acteur majeur de la sauvegarde de l’identité culturelle gabonaise et du rayonnement du patrimoine du pays sur la scène régionale et internationale.

Par ce vote sans réserve, le Sénat envoie un signal politique fort : celui d’un consensus autour de la nécessité de doter le Gabon d’une institution culturelle modernisée, capable de préserver la mémoire collective tout en répondant aux défis contemporains de la valorisation du patrimoine.

GuenolePXR

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Redacteur Medias241

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