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« Le pouvoir est temporaire, mais le jugement de l’Histoire est définitif » : la philosophie présidentielle d’Oligui Nguema

Dans un entretien dense accordé à Jeune Afrique, Brice Clotaire Oligui Nguema livre bien plus qu’un exercice de communication politique : il esquisse une doctrine du pouvoir. À travers une formule centrale: « Le pouvoir est temporaire, mais le jugement de l’Histoire est définitif »  le président gabonais installe son action dans une temporalité longue, presque morale, où la légitimité ne se mesure plus seulement à l’instant politique, mais à l’empreinte laissée dans la mémoire collective. 

En choisissant cette formule, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à façonner une image particulière de sa présidence. Celle d’un dirigeant conscient de la fragilité du pouvoir et soucieux de l’héritage qu’il laissera derrière lui.

À la question du risque d’hubris, ce mal qui guette souvent les chefs d’État confrontés à la durée du pouvoir, le président répond par une autre formule appelée à rester : « La meilleure garantie contre l’hubris, c’est la mémoire. Je n’oublie pas d’où je viens. »

Le rappel du 30 août 2023 revient alors comme un fil conducteur. Cette date, qui marque la chute du régime Bongo et son accession au sommet de l’État, demeure au cœur de son récit politique. Oligui Nguema s’efforce de présenter cette mémoire comme un garde-fou contre les dérives du pouvoir.

Cette posture s’inscrit dans une stratégie de communication plus large. Le chef de l’État se montre attentif aux critiques, affirme consulter les réseaux sociaux et insiste sur sa proximité avec les réalités quotidiennes des Gabonais confrontés aux coupures d’électricité, aux difficultés d’accès à l’eau et à la vie chère.

Loin des grands discours idéologiques, il ramène constamment son action à une notion qu’il juge fondamentale : la dignité. Pour lui, la véritable attente des Gabonais ne réside ni dans les promesses grandioses ni dans les slogans politiques, mais dans la capacité de l’État à fournir des services publics efficaces.

« Avoir de l’électricité 24 heures sur 24, c’est de la dignité. De l’eau potable dans son robinet, c’est de la dignité », résume-t-il.

Cette conception du pouvoir place la performance de l’État au centre du contrat politique. Le président le reconnaît lui-même : les Gabonais ne demandent pas des miracles. Ils veulent simplement que leur pays fonctionne normalement.

Un an après son investiture, Brice Clotaire Oligui Nguema semble ainsi vouloir inscrire son mandat dans une promesse simple mais exigeante : restaurer la dignité par l’efficacité. Et laisser à l’Histoire le soin de juger le résultat.

GuenolePXR

GuenolePXR

Redacteur Medias241

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