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Gabon : à trois mois de l’échéance, la grande purge des partis politiques est en marche

À l’approche du 27 juin 2026, le paysage politique gabonais s’avance vers un tournant décisif. Derrière la réforme du statut des partis politiques, voulue comme un instrument de rationalisation, se dessine en réalité une recomposition brutale : sur 104 formations officiellement enregistrées, seules quatre sont aujourd’hui en conformité avec les nouvelles exigences légales. Un chiffre qui, à lui seul, traduit l’ampleur du choc en cours.
Dans les couloirs du pouvoir comme dans les états-majors politiques, l’inquiétude est palpable. Car, à mesure que l’échéance approche, le constat reste implacable. Seuls quelques poids lourds de la majorité présidentielle, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le Parti démocratique gabonais (PDG), le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) et l’Union pour la République (UPR), ont réussi à constituer des dossiers complets. Une avance qui interroge autant qu’elle alimente les critiques, certains y voyant déjà les prémices d’un paysage politique verrouillé.
La loi n°016/2025, au cœur de cette réforme, impose en effet un saut qualitatif inédit. Les partis doivent désormais présenter des statuts actualisés, un règlement intérieur conforme, des justificatifs d’identité de leurs dirigeants, mais aussi un siège social physique et un compte bancaire dédié. Surtout, l’exigence d’un minimum de 10 000 adhérents identifiés par leur Numéro d’identification personnelle, répartis sur les neuf provinces du pays, constitue un véritable filtre.
Au-delà de l’aspect administratif, c’est toute la culture politique qui est appelée à évoluer. Le texte introduit des obligations de fonctionnement démocratique, en imposant notamment la participation à au moins deux scrutins consécutifs sous peine de perdre son existence légale. Parallèlement, le contrôle financier est renforcé, la Cour des comptes étant désormais chargée de veiller à la transparence des ressources et des dépenses.
Mais cette ambition réformatrice ne fait pas l’unanimité. Dans l’opposition comme au sein de certaines formations émergentes, les critiques fusent. Beaucoup dénoncent des conditions jugées irréalistes dans un délai aussi court.
Le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguéma Mba, a d’ailleurs levé toute ambiguïté sur la question d’un éventuel report. « Aucun délai supplémentaire ne sera accordé », a-t-il martelé, précisant que « les partis non conformes seront automatiquement dissous, conformément à la loi ». Une fermeté qui tranche avec les pratiques passées et qui confère à cette réforme un caractère inédit.
Issue des recommandations du dialogue national inclusif d’avril 2024, cette refonte répond à une critique ancienne : celle d’un paysage partisan jugé hypertrophié et peu lisible dans un pays de moins de trois millions d’habitants. « Nous avions atteint un niveau de dispersion qui nuisait à la clarté du débat démocratique », analyse un observateur de la vie politique gabonaise, pour qui « cette réforme, si elle est bien appliquée, pourrait enfin structurer durablement le jeu politique ».

GuenolePXR

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Redacteur Medias241

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